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Full text of "Constructions en briques; la brique ordinaire au point de vue décoratif"

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CONSTRUCTIONS  EN  BRIQUES 


LA 


PARIS  ?' 

LIBRAIRIE  GÉNÉRALE  RE  L’A  R C H I T E G T%  lî  E ET  RES  TRAVAUX  PUBLICS 

DUC  H ER  ET  C 

ÉDITEURS  - 

DE  LA  SOCIÉTÉ  I DES  OEUVRES  . 

CENTRALE  DES  ARCHITECTES  | DK  M.  CÉSAR  DALY 

51,  rue  «les  lieoles,  51 

1878 


\ VOLUME  ÏN-4*  COLOMBIER  — KO  II  MAI  DM  I.  ARCHITECTURE  PRIVÉE  AU  XIX*  SIÈCLE 
PLANCHES  EN  COULEURS  — TEXTE  EXPLICATIF  ET  DESCRIPTIF  AVEC  DE  NOMBREUSES  FIGURES  INTERCALÉES 
iSertt  publié  on  5 livraisons  do  1S  planches 


BRIQUE  ORDINAIRE 


DÉCORATIF 


J.  MCROUX 


ARCHITECTE 

T AIN  , ARCHITECTE 


CONSTRUCTIONS  EN  BRIQUES 


BRIQUE  ORDINAIRE 


AU  POINT  DE  VUE  DÉCORATIF 


CONSTRUCTIONS  EN  BRIQUES 


LA 

BRIQUE  ORDINAIRE 

AU  POINT  DE  YÜE 

DÉCORATIF 

PAR 

J.  LACROUX 

ARCHITECTE 

Texte  par  C.  DE  T -A.  IN,  architecte 


PARIS 


LIBRAIRIE  GÉNÉRALE  DE  L’ARCHITECTURE  ET  DES  TRAVAUX  PUBLICS 

DUCllER  ET  C,E 

EDITEURS 


DE  LA  SOCIÉTÉ  I DES  OEUVRES 

CENTRALE  DES  ARCHITECTES  | DE  M.  CÉSAR  DALY 

51,  rue  (les  Écoles,  51 


1878 


mmh 


INTRODUCTION 


Quelles  ressources  décoratives  la  brique  ordinaire,  soit  employée  seule  dans 
les  constructions,  soit  associée  à la  pierre,  au  bois  ou  au  fer,  présente-t-elle 
à l’architecte,  étant  admis  son  emploi  toujours  rationnel,  conformément  aux 
règles  de  l’art  de  bâtir,  le  jeu  possible  de  ses  trois  couleurs  naturelles  (rouge, 
jaune  pâle  et  noire)  et  la  non-existence  de  moulures  courbes  dans  les  profils 
saillants  faits  en  briques?  Telle  est  la  question  très  précise  à laquelle 
répond  l’auteur  de  cet  ouvrage,  par  une  foule  d’exemples  applicables  à 
toutes  nos  constructions  modernes  et  classés  méthodiquement,  comme  dans 
une  grammaire,  en  procédant  du  simple  au  composé. 


Mais  cette  question  en  soulève  d’autres  préalables,  auxquelles  nous  répon- 
drons dans  cette  étude,  avant  d’entrer  dans  le  plein  de  notre  sujet  ; Qu’en- 
tend-on par  brique  ordinaire  ? Qu’entend-on  par  son  emploi  rationnel  ? — 
Nous  dirons  rapidement  son  histoire;  ses  qualités  très  différentes  selon  la 
nature  des  terres  dont  elle  est  fabriquée,  selon  les  procédés  de  sa  fabrication 
et  selon  sa  cuisson;  ses  dimensions  courantes  et  les  tonalités  variables  de  ses 
couleurs  naturelles,  que  rectifient  et  avivent,  souvent  trop  brutalement,  les 
jointoyeurs,  lors  de  la  parure  finale  des  ravalements.  Nous  décrirons  aussi 
les  divers  procédés  de  jointoiement  en  usage.  Toutefois,  le  point  important  de 
notre  travail  sera  l’exposé  descriptif  et  critique  des  six  appareils  constructifs 
rationnels  que  permet  l'emploi  de  la  brique  ordinaire,  pour  des  épaisseurs 
de  murs  d’une  largeur  ou  d’une  longueur  de  brique,  d’une  longueur  et 
demie,  de  deux  longueurs,  etc...,  — appareils  se  traduisant  par  autant  de 
types  décoratifs  nettement  déterminés,  et  auxquels  se  rapportent  tous  les 
briquetages  figurés  dans  ce  livre. 

Nous  entendons  par  type  décoratif  l’aspect  particulier  fourni  sur  un  mur 
uni  par  le  seul  appareil  des  briques,  indépendamment  des  couleurs.  Ainsi, 
en  outre  des  types  d’imbrication  qui  caractérisent  l’appareil  tout  panneresses 
(appareil  n°  1)  et  celui  tout  boutisses  (appareil  n°2),  il  y a le  type  à 
chaîne  verticale  simple  (appareil  n°  3),  le  type  dit  en  croix  ou  à diagonales 
losangiques  continues  inclinées  à 45  degrés  (appareil  n»  4),  le  type  à 
double  chaîne  verticale  emboîtée  (appareil  n°  5),  et  celui,  enfin,  à double 
chaîne  verticale  non  emboîtée  (appareil  n°  6). 


Tous  ces  types  sont  fixes,  mais  le  jeu  des  couleurs  y introduit  l’infinie 
variété  du  goût  et  de  la  fantaisie,  sans  toutefois  les  effacer. 


Quant  aux  saillies,  leur  exécution  nécessite  forcément  quelques  modifications 
à l’appareil  constructif  adopté,  mais  le  principe  qui  domine  leur  composition 
est  de  ne  s’écarter  de  cet  appareil  que  le  moins  possible,  et  de  subordonner 
toujours  l’effet  décoratif  de  ces  saillies  à la  solidité  de  leur  construction. 
Nos  lecteurs  pourront  se  rendre  compte,  en  examinant  avec  attention  les 
saillies  architecturales  que  contient  cet  ouvrage,  de  ce  qu’il  est  possible  de 
faire  en  ce  genre,  à la  fois  de  solide,  de  varié  et  de  beau. 


Comme  on  le  voit,  ce  livre  est  un  véritable  traité  de  la  décoration  des 
constructions  en  briques,  et  non  pas  une  œuvre  de  compilation  ni  de  pure 
fantaisie.  Nous  appelons  l’attention  de  nos  lecteurs  sur  la  méthode  adoptée 
par  son  auteur  pour  le  classement  des  briquetages  décoratifs  qu’il  expose, 
et  qui  présente  le  triple  avantage  : — de  montrer,  dans  un  cadre  déterminé, 
à la  fois  l’étendue  et  l’importance  du  sujet  enfermé  dans  le  titre  de  cet 
ouvrage;  — de  faciliter  la  comparaison  des  briquetages  de  même  ordre, 
nécessaire  pour  motiver  un  choix,  — et  d’indiquer  la  composition  décorative 
générale  des  constructions  en  briques,  par  l’étude  successive  et  progressive 
des  diverses  parties  de  ces  constructions. 

D’abord  vient  la  décoration  des  surfaces  illimitées,  avec  chacun  des  six 
appareils  constructifs  adoptés,  et  leur  application  à des  bâtiments  de  tous 
genres  ; puis  celle  des  surfaces  limitées,  sous  la  forme  de  frises,  de  tru- 
meaux, de  panneaux,  chaque  motif  se  rapportant  toujours  à l’un  ou  l’autre 
de  ces  mêmes  appareils.  Vient  ensuite  la  composition  décorative  des  saillies 
simples,  de  celles  verticales  : chaînes,  jambages,  piliers  et  pilastres,  et 
de  celles  horizontales  : bandeaux,  cordons,  etc...  Le  chapitre  suivant,  très 
compliqué,  étudie  sous  le  titre  de  saillies  combinées  l’ornementation  des 
portes,  fenêtres,  lucarnes  et  œils-de-bœuf;  des  corniches  horizontales,  incli- 
nées ou  circulaires  ; des  amortissements  de  toutes  formes,  tels  que  pignons 
frontons,  balustrades  et  crêtes;  des  souches  de  cheminées,  des  cheminées 
d’usines,  etc...,  ainsi  que  des  piliers  pour  portes  et  grilles.  Enfin,  dans  un 
cinquième  et  dernier  chapitre  se  trouvent  des  ensembles,  tels  que  murs  de 
clôture,  maisons,  hôtels  privés,  pavillons  de  concierge,  écuries,  remises, 
orangeries,  etc. 


BRIQUE  ORDINAIRE 


AU  POINT  DE  VUE  DÉCORATIF 


i 


HISTOIRE  DE  LA  BRIQUE 


La  brique  est  le  plus  ancien  des  matériaux  artificiels  employés  par  l’art  de  bâtir.  Son  nom  vient  du 
celtique  briq,  qui  veut  dire  terre  cuite.  Ses  origines  se  perdent  dans  la  nuit  des  temps;  mais,  si  loin 
qu  elles  remontent  au  delà  des  âges  historiques,  elles  ont  été  précédées  de  beaucoup  par  l’art  de  fabri- 
quer les  poteries,  qui  a su  mettre  au  service  de  l’homme,  dès  l’époque  de  la  pierre  polie,  quand  se  leva 
devant  lui  la  famine  menaçante,  par  suite  de  la  disparition  rapide  de  la  faune  quaternaire,  des  vases 
capables  de  contenir  des  liquides  et  de  résister  au  feu,  avec  lesquels  il  put  faire  bouillir  ses  aliments  et 
modifier  ainsi,  à son  profit,  sa  manière  de  vivre.  Grossières  poteries,  il  est  vrai,  mais  que  la  nécessité  et 
le  temps  perfectionnèrent  jusqu'à  produire,  bien  axant  l’emploi  constaté  de  la  brique,  ces  beaux  vases  d’un 
noir  lustré  appartenant  à l'époque  du  bronze,  qu’on  trouve  dans  les  stations  lacustres  de  la  Suisse  et  du 
Bourget,  etc. 

L’archéologie  préhistorique  constate  l’existence  en  Gaule,  bien  avant  cet  âge  du  bronze,  de  véritables 
fours  à cuire  les  poteries.  Or,  industriellement,  du  vase  de  terre  cuite,  même  informe,  à la  brique,  il  n’y 
a qu’un  pas  facile  à franchir.  Mais  pour  que  l’homme  fit  ce  pas  au  service  du  progrès  de  l’humanité,  il 
fallait  nécessairement  : d’abord,  qu’abandonnant  ses  tanières  primitives,  ses  huttes  et  ses  tentes,  il  voulut 
se  fixer  à demeure  sur  les  lieux  qu’il  avait  choisis  pour  vivre  à la  fois  en  famille  et  en  société,  ce  qui  im- 
plique un  état  de  civilisation  déjà  fort  avancé  ; ensuite,  que,  n’ayant  ni  pierre  ni  bois  en  suffisance  sous  la 
main,  pour  élever  ses  constructions,  il  dût  se  fabriquer  des  briques,  soit  avec  le  limon  des  cours  d’eau 
sur  le  bord  desquels  il  venait  s’établir,  soit  avec  la  terre  grasse  des  vallées  oii  s’étendaient  ses  pâturages, 
ce  qui  exige  une  expérience  acquise  déjà  longue  en  l’art  de  bâtir.  Ainsi  s’explique  naturellement,  malgré 
le  temps  énorme  qui  sépare  les  premiers  vagissements  de  notre  civilisation  européenne  occidentate  des 
premiers  âges  bien  caractérisés  de  l’antique  civilisation  orientale  (si  bien  que  la  vallée  du  Nil  avait  déjà 
une  puissante  civilisation,  quand  nos  sauvages  aïeux  ne  vivaient  encore  que  de  chasse  et  de  pèche),  l’appa- 
rition relativement  tardive  de  la  brique,  bien  après  que  se  fut  répandu  partout  l’usage  de  la  poterie,  et 
l’emploi  considérable  qu’en  firent  rapidement,  cuite  au  four  ou  seulement  durcie  par  les  rayons  du  soleil, 
les  premières  sociétés  qui  s’épandirent,  quelque  vingt  ou  trente  siècles  avant  notre  ère,  dans  les  plaines 


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fertiles  qu’arrosent  le  Tigre  et  l’Euphrate,  en  Asie-Mineure,  en  Syrie,  en  Égypte,  dans  l’Inde  et  jusqu’en 
Chine  ; et  l’on  conçoit  que,  privées  de  matériaux  naturels  à leur  proximité  et  dépourvues  de  moyens 
suffisants  de  transport,  ces  sociétés,  trouvant  au  contraire  sous  leurs  pas  la  terre  à brique  en  abondance, 
s’en  soient  servi  pour  ainsi  dire  exclusivement  et  aient  fait  faire  à la  fabrication  des  briques  de 
rapides  progrès. 

La  Genèse  signale  l’emploi  de  briques  cuites  à la  construction  de  la  tour  de  Babel  : « Et  ils  se 

dirent  T un  à l'autre  (les  peuples  partis  de  l’Orient  et  s’arrêtant  dans  une  campagne):  Or  ça,  faisons  des 
briques  et  les  cuisons  très  bien  au  feu.  Ils  eurent  donc  des  briques  au  lieu  de  pierres,  et  le  bitume  leur 
fut  au  lieu  de  mortier.  Puis  ils  se  dirent  : Or  çà,  bâtissons  une  ville  et  une  tour  de  laquelle  le  sommet 
soit  jusqu'aux  deux » 

Ninive  et  Babylone  étaient  bâties  en  briques.  Hérodote  nous  rapporte  (livre  Ier)  : « que  pour  con- 
struire les  remparts  de  Babylone,  en  même  temps  que  Ton  creusait  les  fossés  on  faisait  des  briques 
avec  la  terre  qu'on  en  retirait,  puis  qu'on  les  faisait  cuire  au  four  et  les  employait  avec  le  bitume  en 

ébullition » Le  bitume  abonde,  en  effet,  dans  ces  contrées,  et  l’emploi  de  cette  substance,  au  même 

usage,  est  encore  usité  à Bagdad.  Le  voyageur  J,  B.  Tavernier,  anobli  par  Louis  XIV  pour  services  ren- 
dus à la  France  par  les  nombreux  voyages  qu’il  fit  en  Turquie,  en  Perse  et  en  Asie,  auxvne  siècle,  dit 
que  ces  briques  mesuraient  six  pouces  de  long  sur  six  pouces  de  large  et  trois  pouces  d’épaisseur. 

Dans  les  ruines  de  Babylone,  on  a trouvé  des  briques  couvertes  d’un  émail,  et  Diodore  de  Sicile 
mentionne  un  stade  construit  par  Sémiramis,  dont  les  murs  étaient  en  briqués  cuites  ornées  de  bas-reliefs. 

L’historien  de  David  fait  mention  d’un  four  à cuire  les  briques  construit  par  les  Ammonites,  et  que 
ce  roi,  après  la  prise  de  Rabbaht,  leur  capitale,  força  les  vaincus  de  traverser  pour  les  humilier. 

Mais  l’usage  des  briques  crues,  dans  ces  pays  d’Orient  toujours  visités  par  le  soleil,  se  généralisa 
partout,  tandis  que  celui  des  briques  cuites  ne  fut,  pour  ainsi  dire,  qu’exceptionnel.  A Babylone,  l’inté- 
rieur des  murailles  en  était  composé.  L’Égypte,  particulièrement,  en  fit  une  consommation  considérable, 
jusque  dans  l’érection  de  ses  pyramides.  L’Exode  raconte  (chap.  V)  que  les  Égyptiens  se  faisaient  servir 
avec  rigueur  par  les  enfants  d’Israël,  « tellement  qui ils  leur  rendirent  la  vie  amère  par  une  dure  servi- 
tude, en  les  employant  à faire  du  mortier,  des  briques  et  toutes  sortes  d’ouvrages.  »...  Et  l’historien 
juif  Flavius  Josèphe  nous  apprend  (livre  2,  chap.  v)  qu’en  Égypte  « on  mélangeait  de  la  paille  hachée  avec 
la  terre  dont  on  faisait  les  briques  » . 

Ce  mélange  était  nécessaire,  en  effet,  pour  empêcher  les  briques  de  se  fendiller  en  séchant.  La  mul- 
titude des  brins  de  paille  placés  dans  leur  épaisseur,  en  tous  sens,  s’oppose  à la  désunion  des  parties  et 
sert  de  lien  à la  terre.  Les  anciens  estimaient  qu’il  fallait  deux  ans  pour  sécher  les  briques  crues,  de  ma- 
nière qu’on  pût  s’en  servir  avec  succès,  et  Vitruve  dit  qu’à  Utique  les  magistrats  ne  permettaient  de  les 
employer  qu’après  examen  et  lorsqu’il  était  prouvé  qu’il  y avait  cinq  ans  qu’on  les  avait  moulées. 

Les  briques  crues  de  la  Babylonie  et  de  l’Egvpte  étaient  grosses  et  lourdes.  Celles  qu’on  retrouve 
sont  remarquables  par  leur  conservation  au  bout  de  plus  de  trois  mille  ans,  malgré  leur  friabilité,  et  l’on 
distingue  encore  parfaitement  les  débris  de  végétaux  qu’on  y a introduits.  « Celles  de  Babylone,  dit 
Brongniart,  sont  presque  toutes  couvertes  d' inscriptions  en  caractères  cunéiformes  qu'on  ne  peut  ni 
lire  ni  comprendre.  Le  musée  céramique  de  Sèvres  en  possède  deux,  qui  sont  carrées  et  de  plus 
de  0"‘,35  de  côté.  Nous  ferons  remarquer  que,  depuis  l’époque  où  Brongniart  écrivait,  la  lecture  de  ces 
inscriptions  a fait  des  progrès.  C’est  ainsi,  par  exemple,  que  M.  Layard  a pu  démontrer  que  l’édifice 
appelé  Birs  de  Nemrod  est  la  ruine  d’une  construction  de  Nabuchodonosor,  dont  on  trouve  le  nom  sur 
toutes  les  briques. 

Brongniart  cite  encore  le  temple  de  Pachacamac,  au  Pérou,  comme  ayant  été  bâti  en  très  grosses 
briques  crues,  restées  solides  jusqu’à  présent  et  sans  aucune  gerçure. 

La  grande  muraille  de  la  Chine  est  en  majeure  partie  construite  en  briques,  intérieurement,  avec 
revêtements  de  pierres.  De  même  sont  les  murailles  de  la  grande  pagode  de  Chalembron,  dans  Filin— 
doustan. 


Les  Grecs  connurent  de  bonne  heure  la  brique  : les  murs  de  Mantinée  et  une  partie  de  ceux  d’Athènes, 
ainsi  que  divers  temples,  parmi  lesquels  celui  d’Apollon,  à Mégare,  étaient  en  briques;  en  briques, 
également,  « et  très  cuites , dures  et  rouges  »,  dit  encore  Brongniart,  les  palais  de  Crésus,  à Sardes, 
d’Attale  àTralles,  etdeMausole,  à Halicarnasse.  Ce  dernier  était  revêtu  de  marbre,  mais  le  plus  souvent 
les  murs  en  briques  étaient  enduits  d’une  couche  de  stuc.  Vitruve,  qui  décrit  au  long  ces  palais  (livre  2, 
chap.  viii)  et  vante  à ce  propos  l’emploi  des  briques  dans  les  constructions,  ne  dit  pas  un  seul  mot  tou- 
chant la  nature  de  ces  briques.  Dans  le  chapitre  me  du  même  livre,  où  il  traite  delà  fabrication  et  de  l’em- 
ploi des  briques,  c’est  uniquement  de  briques  crues  qu’il  parle,  et  nullement  de  briques  cuites. 
« Il  s'en  fait  de  trois  sortes,  dit-il  ; la  première  est  celle  dont  nous  nous  servons,  qui  est  appelée  en 
grec  didoron  : elle  est  longue  d'un  pied  et  large  d'un  demi-pied;  les  deux  autres , qui  sont  le  penta- 
doron  et  le  tetkadoron,  sont  employées  par  les  Grecs.  Les  ouvrages  publics  se  font  avec  le  pentadoron, 
et  ceux  des  particuliers  avec  le  tétradoron.  » Elles  étaient  carrées  et  mesuraient,  la  première  cinq 
palmes  de  côté  et  la  seconde  quatre.  Le  palme  grec,  représenté  par  la  largeur  des  quatre  doigts  de  la  main 
ouverte,  était  de  0.D‘077,  mais  celui  romain  de  0"\0739  seulement,  ce  qui  donne  environ  0m,37  de  côté 
pour  le  pentadoron  et  0“\ 30  pour  le  tétradoron.  Le  pied  comptait  quatre  palmes,  et  mesuraitainsiOm2956. 
L'épaisseur  de  ces  briques,  dont  Vitruve  ne  dit  rien,  devait  être  à peine  de  5 centimètres,  si  l’on  s’en 
rapporte  aux  indications  insuffisantes  du  Dictionnaire  des  antiquités  romaines  d’ Anthony  Rich.  L’archi- 
tecte Philander,  qui  annota  Vitruve,  dit  avoir  vu  des  briques  trouvées  dans  une  fouille  aux  environs  de 
Rome,  qui  avaient  deux  pieds  et  un  pouce  et  demi  de  longueur  et  de  largeur,  et  deux  pouces  un  tiers 
d’épaisseur.  Il  y avait  aussi  des  briques  triangulaires. 

II  est  étrange  que  Vitruve  ne  parle  pas,  ou  du  moins  ne  dise  qu’un  mot  (livre  I,  chap.  v)  des  briques 
cuites  (« aut  coctus  later  sive  crudus),  que  cependant  les.  Romains  employèrent  beaucoup  dans  leurs 
constructions.  Ils  en  firent  non  seulement  des  murs,  mais  des  pavages  dans  lesquels  les  briques,  placées 
de  champ,  formaient  un  appareil  en  arêtes  de  poisson  {opus  spicatum)  ; les  rues  de  Sienne  et  de  plu- 
sieurs autres  villes  d’Italie  sont  pavées  aujourd’hui  de  cette  manière.  Marcus  Varron,  dans  son  traité 
d’agriculture  [De  re  rusticâ,  livre  1,  chap.  xiv),  dit,  en  parlant  des  clôtures,  qu’on  en  faisait  de  quatre 
sortes  de  matériaux  : de  pierres,  comme  à Tusculum  ; de  briques  cuites,  comme  dans  la  Gaule  ; de  briques 
crues,  comme  dans  les  champs  Sabins;  enfin,  de  blocs  composés  de  terre  et  de  cailloux  jetés  au  moule, 
comme  en  Espagne  et  dans  la  plaine  de  Tarente.  Il  parait  certain,  en  tous  cas,  que  Rome,  durant  ses  pre- 
miers siècles,  ne  fut  qu’un  amas  informe  de  briques  crues  et  de  torchis.  Bientôt,  cependant,  pour  écono- 
miser l’espace,  les  lois  vinrent  interdire  de  donner  plus  d’un  pied  et  demi  d’épaisseur  aux  murs,  ce  qui 
obligea  les  constructeurs  à se  servir  d’autres  matériaux  plus  résistants,  les  murs  en  briques  de  cette  épais- 
seur, disent  Pline  et  Vitruve,  ne  pouvant  pas  supporter  plus  d’un  étage  ; de  sorte  que  la  brique  disparut 
presque  de  Rome.  Rondelet  cite  le  Panthéon  d’Agrippa  comme  étant  le  plus  ancien  édifice  dont  les 
Romains  construisirent  entièrement  tout  le  gros  œuvre  en  briques  cuites.  Les  monuments  de  Rome 
antérieurs  au  règne  des  empereurs,  sont  bâtis  de  pierres  et  de  tuileaux  plutôt  que  de  briques  proprement 
dites.  Sous  Galien,  on  formait  les  murs  alternativement  d’un  rang  de  briques  et  d’un  ran»  de 
pierre  tendre  et  grise.  Pendant  le  Bas-Empire,  on  se  servit  beaucoup  de  grandes  et  minces  briques 
fortement  cuites,  pour  en  former  des  lits  continus  dans  les  murs,  des  assises  de  liaisons  alternant 
avec  des  assises  de  maçonnerie  élevées  en  blocages  entre  deux  parements  de  petits  moellons 
grossièrement  appareillés;  et  ce  mode  de  bâtir  fut  appliqué  jusqu’au  ixe  siècle,  dans  les  édifices  romano- 
byzantins  du  genre  religieux.  Ainsi  étaient  les  constructions  gallo-romaines  et.  mérovingiennes.  Mais 
après  le  ixe  siècle,  dit  Viollet-le-Duc,  on  cessa  généralement  d’employer  la  brique  mêlée  à d’autres 
matériaux. 

La  plupart  des  briques  romaines  parvenues  jusqu’à  nous  portent  le  nom  et  la  marque  de  fabrique  du 
briquetier  qui  les  a faites  ; il  en  est  dont  la  date  remonte  au  consulat. 

Les  Maures  d’Espagne  ont  employé  la  brique  dans  la  construction  des  murs  de  l’Alhambra  et  de  la 
mosquée  de  Cordoue. 


L’historien  anglais  Tobie  Smolett  dit  que  l’art  de  fabriquer  la  brique  fut  introduit  en  Angleterre  par 
le  roi  Alfred,  c’est-à-dire  au  ixe  siècle  ; mais  son  compatriote  le  médecin  et  littérateur  Aikin  assure 
que  cet  art  n’v  a été  pratiqué  que  vers  le  milieu  du  xive  siècle,  et  il  cite,  comme  exemple  de  première 
application  importante,  une  partie  du  château  des  archevêques  de  Cantorbéry,  à Croydon.  M.  Woodcroft, 
ancien  directeur  de  l’office  des  patentes  d’invention,  à Londres,  quia  publié  de  très  intéressants  docu- 
ments historiques  sur  la  fabrication  des  briques  et  des  tuiles  (voir  la  Revue  d Architecture  de  M.  César 
Daly,  année  1862),  dit  que  le  plus  ancien  édifice  anglais  bâti  en  briques  modernes  est  la  halle  de  Little- 
Wenham  (Suffolk),  construite  en  1260  ou  1280,  mais  qu’il  est  à croire  que  cette  halle  et  les  autres  édi- 
fices semblables  de  cette  époque  ont  été  construits  par  des  Flamands,  ou  tout  au  moins  en  briques  de  Flandre. 
Depuis  ce  temps,  l’usage  des  briques  est  devenu  de  plus  en  plus  commun  en  Angleterre,  à ce  point  que, 
depuis  trois  siècles,  il  parait  avoir,  dans  beaucoup  d’endroits,  remplacé  presque  complètement  l’emploi 
de  la  pierre.  On  y remarque  de  très  beaux  et  très  curieux  spécimens  de  constructions  en  briques  du 
xvu°  et  même  du  xviii®  siècle  ; les  ornements  y sont  en  partie  moulés  et  en  partie  taillés  dans  les 
briques  après  leur  cuisson. 

Suivant  Hope,  cité  par  Brongniart,  ce  n’est  qu’au  xiv°  siècle  que  les  briques  ont  été  em- 
ployées en  Toscane  et  en  d’autres  parties  de  l’Italie.  M.  Voodcroft  dit  que  (les  briques  généralement 
usitées  aujourd’hui  en  Italie  paraissent  identiques  avec  celles  des  ruines  romaines,  et  qu’on  voit 
aisément  que  la  méthode  de  les  fabriquer  et  de  les  employer  n’a  pas  changé , mais  qu’on  trouve 
cependant,  en  Lombardie  surtout  et  dans  d’autres  villes  d’Italie,  nombre  d’édifices  construits  entière- 
ment en  briques  parementées,  et  non  pas  en  massifs  de  briques  revêtus  de  parements  d’une  autre  matière. 
Il  cite  en  ce  genre  le  campanile  de  Saint-Antoine  de  Padoue,  du  xin®  siècle  ; le  Parloir  des  Mar- 
chands, à Bologne,  de  la  fin  du  même  siècle  ; .l’église  de  Santa-Maria-in-Strata,  à Monza,  du  xiv®  siècle, 
et  nombre  d’autres  édifices  élevés  à Pavie,  à Milan,  à Pise,  à [Sienne,  à Ferrare,  à Ravenne,  à 
Home,  etc. 

En  France,  après  le  ix®  siècle,  mais  exceptionnellement,  dit  Viollet-Le-Duc,  et  seulement  dans  une 
partie  du  Languedoc,  où  la  pierre  fait  complètement  défaut,  la  brique  continua  d’être  employée  avec  la 
pierre,  mais  non  à la  manière  romaine  : elle  servit  alors  à former  les  parties  de  remplissage,  les  parements  unis 
des  voûtes  et  des  murs,  par  exemple,  tandis  que  les  parties  saillantes  de  la  structure,  les  piles,  les  chambranles 
des  baies  de  portes  et  de  fenêtres,  les  bandeaux  et  les  corniches  étaient  en  pierre;  puis,  au  xm®  siècle  et  même 
jusqu’au  xvn®  siècle,  la  pierre  se  réduisit  aux  meneaux  de  fenêtres,  aux  colonnes  et  à quelques  points  d’appui 
isolés  et  de  faible  diamètre.  Ainsi  sont  bâtis  entièrement  l’ancien  couvent  des  jacobins  de  Toulouse,  le  collège 
Saint- Rémond  et  les  murailles  de  la  même  ville,  l’église  fortifiée  de  Simorre,  dans  le  Gers,  le  pont  de 
Montauban,  la  cathédrale  d’Albv,  les  églises  de  Moissac,  de  Lombez,  etc.,  et  nombre  de  maisons  de  Tou- 
louse et  d’Alby.  La  brique  employée  dans  ces  constructions  est  grande,  presque  carrée  (d’environ  0"‘.33 
sur  0,n.25  et  0ra.06),  et  scellée  en  mortier  à joints  très  épais.  A partir  du  xv®  siècle,  on  fit  un  fréquent  usage 
des  briques  dans  les  constructions  civiles;  les  architectes  de  la  Renaissance  aimaient  à les  employer,  soit 
comme  revêtement,  soit  comme  ornementation,  mariées  à la  pierre  ; on  peut  citer  en  exemple  l’aile  de 
Louis  XIII  du  château  de  Blois,  certaines  parties  de  celui  de  Fontainebleau,  et  le  château  de  Madrid,  près 
Paris,  bâti  par  François  I",  et  dont  les  briques  étaient  émaillées.  On  peut  citer  encore,  dans  le  Bourbon- 
nais, au  château  de  la  Palisse,  à Moulins  même,  des  constructions  élevées  en  briques  et  mortier  qui  datent  du 
xv®  siècle,  et  dont  les  parements  présentent  (par  l’alternance  de  briques  rouges  et  noires)  des  dessins  variés, 
tels  que  losanges,  zigzags,  chevrons,  etc.  Dans  les  constructions  en  pans  de  bois  du  nord  de  la  France,  des 
xv®  et  xvi®  siècles,  la  brique  est  utilisée  comme  remplissage  entre  les  poteaux,  décharges  et  tournisses;  et 
la  manière  dont  elle  est  posée  forme  des  dessins  variés.  Il  s’agit  là  de  briques  cuites,  mais  on  trouve 
aussi  nombre  de  constructions  en  briques  crues,  à la  ville  comme  à la  campagne  : à Toulouse,  à 
Montauban,  à Perpignan,  etc.  ; même  dans  les  pays  du  Nord,  à Reims  et  à Beauvais.  Les  briques  crues 
de  Champagne  ont  30  centimètres  de  long  sur  14  de  large  et  7 à 8 d’épaisseur.  Mais  ces  briques  de 
Champagne  et  de  Picardie  sont  des  agglomérés  de  terre  crayeuse  plutôt  que  des  briques  proprement 


dites,  et  il  est  probable  que  la  marne  y remplit  le  rôle  d’un  ciment.  Toutes  les  constructions  en  briques 
crues  sont  recouvertes  d’enduits. 

Viollet-Le-Duc,  à qui  nous  empruntons  la  majeure  partie  de  ces  détails,  dit  encore  que,  dans  le  reste 
de  la  France  (le  Languedoc  excepté),  la  brique  moulée  n’a  été  employée  que  rarement  pendant  le  moyen 
âge,  tandis  qu’elle  le  fut  fréquemment,  au  contraire,  en  Italie,  en  Belgique,  en  Hollande,  en  Allemagne,  etc. 
« Le  duché  de  Brandebourg,  au  nord  de  la  Prusse,  paraît  avoir  été,  dit  M.  Woodcroft,  le  centre 
d où  s’est  étendu  ce  mode  de  construction,  et  l’on  y trouve  d’anciens  édifices  qui  datent  du  xne  au  xvi®  siècle 
et  qui  méritent  d’être  examinés.  Marienbourg,  Lubeck,  Dantzig  et  Schwerin,  peuvent  être  cités  comme 
contenant  des  monuments  remarquables,  séculiers  ou  ecclésiastiques,  élevés  en  briques.  Presque 
toutes  les  constructions  de  ce  genre  qui  subsistent  en  Allemagne  sont  gothiques,  et  plusieurs  ont  été 
exécutées  avec  beaucoup  d’art,  entre  autres  l’église  de  Sainte-Catherine,  à Brandebourg,  dont  la  riche 
partie  (la  chapelle  du  Saint-Sépulcre)  a été  élevée  à la  fin  du  xiv®  siècle,  en  briques  de  diverses  couleurs, 
enrichies  de  dessins  très  variés  et  dont  le  travail  peut  rivaliser  avec  celui  de  toutes  les  incrustations 
en  pierre  de  la  même  époque.  » 

De  nos  jours,  l’emploi  de  la  brique,  au  double  point  de  vue  constructif  et  décoratif,  a pris  des  dévelop- 
pements considérables,  qui  s’expliquent  par  le  raffinement  continu  du  goût  public  et  par  les  progrès 
incessants  de  l’industrie  céramique;  et  l’on  construit  en  briques  jusque  dans  les  pays  où  la  pierre  abonde. 
On  aime  ces  maisons  de  plaisance  si  gaies  d’aspect,  si  pittoresques,  dont  les  vives  couleurs  se  marient  si  bien 
avec  le  feuillage  des  arbres,  et  qui,  depuis  un  quart  de  siècle,  se  sont  élevées  en  si  grand  nombre  un  peu 
partout,  dans  toutes  les  stations  balnéaires,  par  exemple,  en  France,  en  Angleterre,  en  Allemagne,  etc. 
On  s’exerce  à tirer  parti  des  excellentes  ressources  décoratives  polychromes  que  la  brique  présente. 
A Paris  même,  la  ville  de  pierre  en  regrattage  continuel,  ne  voit-on  pas  avec  plaisir  s’augmenter  le 
nombre  cependant  déjà  grand  des  élégantes  façades  de  ce  genre  élevées  dans  ces  derniers  temps?  Et 
ne  peut-on  pas  conclure  de  tout  ce  mouvement,  que  l’avenir  appartient  aux  constructions  en  briques 
apparentes?  Leur  étude  est  partout  à l’ordre  du  jour.  C’est  notre  dernier  mol. 


II 

DES  BRIQUES 

DIVERSES  ESPÈCES  DE  BRIQUES 


En  outre  des  briques  crues,  que  l’on  continue  d’employer  dans  les  pays  méridionaux,  et  des 
briques  cuites,  dont  l'usage  est  général  et  ne  lait  partout  que  s’accroître,  on  fabrique  aujourd’hui 
couramment,  sous  lorme  de  briques,  des  agglomérés  de  plusieurs  sortes,  dont  il  existait 
d’excellents  spécimens  à l’Exposition  universelle  de  1878.  Mais  parmi  toutes  ces  briques  nous  n’avons 
à examiner,  pour  ne  pas  sortir  du  cadre  de  cet  ouvrage,  que  celles  capables  de  former  des  brique- 
tages de  parement.  Nous  ne  dirons  donc  rien  des  briques  crues,  que  l’on  ne  peut  employer  avec 
quelque  sécurilé  qu’en  les  recouvrant  d’un  enduit  préservateur  contre  les  injures  de  l’air,  et  avant 
de  parler  des  briques  de  terre  cuite,  nous  appellerons  l’attention  sur  les  briques  à base  de  chaux 
ou  de  ciment,  que  nous  désignerons  sous  le  nom  de  briques  hydrauliques,  et  qui  paraissent  devoir,  dans 
un  avenir  prochain,  entrer  en  concurrence  avec  les  précédentes  sous  le  triple  rapport  du  prix,  de  la 
solidité  et  de  l’aspect.  Mais  d’abord  qu’entend-on  par  brique  ordinaire,  cette  brique  avec  laquelle 
l’auteur  de  cet  ouvrage  a composé  tous  ses  dessins? 


1* 


— 6 — 


LA  BRIQUE  ORDINAIRE 

C'est  l’élément  constructif  proprement  dit  et  en  quelque  sorte  unique  des  constructions  ordinaires 
en  briques,  — un  parallélipipède  rectangle  de  dimensions  inégales  et  quelque  peu  différentes 
selon  les  pays,  mais  proportionnées  entre  elles  le  plus  ordinairement  : : 1 : 2 : 4,  2 étant  la  largeur 
(diminuée  toutefois  d’une  demi-épaisseur  de  joint),  condition  absolue  pour  qu’il  soit  possible  de  former 
des  assemblages  réguliers  bien  liaisonnés  et  présentant  des  joints  d’à  peu  prés  égale  épaisseur, 
soit  en  construisant  avec  des  briques  pareilles  posées  à plat  des  murs  pleins  d’une  épaisseur 
successivement  croissante  d’une  largeur  de  brique,  soit  en  combinant  des  appareils  divers  avec  les 
mêmes  briques  entremêlées  à plat  et  de  champ;  dimensions  d’ailleurs  déterminées  par  des  considé- 
rations de  bonne  fabrication  et  de  facilité  de  mise  en  œuvre,  auxquelles  répond  parfaitement  le 
moule  de  Bourgogne,  de  0“.22x0".ll  (plus  exactement  0",10b  environ)  X 0”.055  (anciennement 
8°  x 4°  X 2°) . maintenant  adopté  par  la  fabrication  moderne  en  France  et  à l’Étranger,  mais  avec 
un  surcroît  d’épaisseur  malheureusement  très  variable  selon  les  fabriques,  et  qui  devient  nuisible 
quand  s’impose  l’obligation  d’employer  ensemble  des  briques  de  diverses  provenances.  Certes, 
il  est  plus  économique  de  mettre  en  œuvre  des  briques  épaisses  que  des  briques  minces,  mais  la 
qualité  des  briques  souffre  trop  souvent  de  leur  excès  d’épaisseur,  par  suite  d’une  cuisson  insuffi- 
sante, pour  qu’il  ne  soit  pas  nécessaire,  en  s’appuyant  de  plus  sur  l’observation  précédente,  d’insister 
pour  l’adoption  générale  du  moule  exact  de  Bourgogne,  avec  ses  trois  dimensions  : 0",22  X 0-,i05 
X 0”,0S5. 

Il  s’en  faut  de  beaucoup  que  toutes  les  briques  possèdent  une  longueur  exactement  double  de  leur 
largeur,  plus  un  joint.  Do  fait,  il  ne  résulte,  pour  la  facilité  d’emploi  de  la  plupart  des  briques  de  lerre 
cuite,  aucun  avantage  bien  réel  de  cette  proportion  compliquée,  car  le  retrait  inégal  des  briques  au 
séchage  et  à la  cuisson,  sous  des  influences  diverses  et  toujours  changeantes,  crée  des  inégalités  très 
variables  dans  leurs  dimensions  correspondantes;  si  bien  que  l’on  peut  dire,  sans  trop  exagérer,  qu  il 
n’existe  pas  deux  briques  de  terre  cuite  absolument  pareilles,  non  seulement  provenant  de  fabriques 
différentes,  mais  de  la  même  fabrique  et  de  la  même  fournée.  Le  mortier  du  hourdis  rachète  les  inéga- 
lités sans  inconvénient  constructif,  mais  avec  des  joints  forcément  inégaux  d’épaisseur,  qui  peuvent  nuire 
à l’exécution  strictement  régulière  des  parements';  et  à ce  propos  nous  ferons  remarquer  que  l’épaisseur 
des  joints  apparents  varie  singulièrement  selon  les  pays,  le  mode  constructif  employé  et  la  décoration 
plus  ou  moins  riche  des  façades.  Tantôt  les  joints  sont  à peu  près  égaux  dans  le  plein  des  murs  et  sur  les 
faces  de  parement,  mais  ont  de  1 à 2 centimètres  d’épaisseur,  et  tantôt,  au  contraire,  les  joints  verticaux 
apparents  se  réduisent  à 3 millimètres  à peine,  tandis  que  les  joints  horizontaux  sont  d’une  épaisseur 
double  ou  triple.  De  plus,  sur  les  parements  visibles,  l’épaisseur  véritable  des  joints  disparait  souvent  sous 
un  rebouchage  de  mastic  coloré  dans  le  ton  des  briques  et  s’extravasant  par-dessus  les  bords  de  ces  briques, 
en  lamelles  à capricieuses  méandres,  — rebouchage  que  vient  dissimuler  ensuite  un  peinturlurage  plus 
ou  moins  adhérent,  et  parer  un  réseau  régulier  de  joints  blancs  sans  rapport  d’epaisseur  ni  meme  de 
tracé  avec  le  réseau  des  joints  constructifs.  Tel  est  le  système  de  jointoiement  dit  à l’anglaise,  le  plus 
généralement  employé,  mais  avec  des  variantes,  en  France  comme  en  Angleterre,  sur  les  façades  en 
briques  apparentes,  et  que  l’auteur  de  cet  ouvrage  a adopté  en  donnant  une  largeur  de  7 à 8 millimètres 
au  plus  aux  joints  décoratifs.  Nous  reviendrons  bientôt  sur  cette  question  de  jointoiement;  mais  a quoi 
sert,  avec  ce  système,  demanderons-nous  de  suite,  de  donner  aux  briques  des  dimensions  proportionnées 
en  tenant  compte  de  l’épaisseur  des  joints?  Aussi  nombre  de  fabricants  ne  prennent-ils  pas  la  peine 
de  rechercher  la  petite  bête,  disent-ils,  et  donnent-ils  simplement  à leurs  briques  une  largeur  théorique 
moitié  de  leur  longueur.  Mais  si  cela  importe  peu,  finalement,  au  point  de  vue  constructif,  cela  peut,  au 
contraire,  comme  nous  le  disions  précédemment,  nuire  à l’exécution  régulière  des  parements;  en 
obligeant,  par  exemple,  si  les  briques  employées  sont  bien  régulières,  à faire  les  joints  verticaux  des 


rangs  composés  de  briques  tout  boutisses,  plus  minces  que  ceux  des  rangs  composés  de  briques  tout 
panneresses,  pour  les  alterner  bien  exactement  joint  sur  plein.  D’où  ressort  cette  indication  : nécessité 
absolue  de  donner  aux  briques  de  parement  que  l’on  peut  obtenir  bien  régulières,  comme  par  exemple 
les  briques  hydrauliques  dont  nous  allons  parler,  des  dimensions  proportionnées  en  tenant  compte  de 
l’épaisseur  des  joints.  Si  l’on  admet  un  centimètre  d’épaisseur  de  joint,  les  dimensions  de  la  brique  du 
moule  de  Bourgogne  seront  alors  de  0m.22x0'n.105x0m.055.  Nous  ferons  remarquer  que  l’épaisseur 
des  joints  ne  dépend  pas  uniquement  de  la  forme  des  briques,  mais  aussi  de  la  nature  plus  ou  moins 
graveleuse  du  mortier.  Un  joint  de  1 centimètre  est  suffisant  dans  la  plupart  des  cas.  Mais  qu’on  ne 
confonde  pas  celte  épaisseur  réelle  des  joints  avec  celle  apparente  des  joints  blancs  anglais  purement 
décoratifs;  celle-ci  ne  doit  pas  dépasser  8 millimètres  sous  peine  de  lourdeur  d’aspect. 

Au  delà  d’un  certain  volume  la  brique  ordinaire  devient  bloc.  Quand  les  proportions  de  longueur 
et  de  largeur  disparaissent,  la  brique  n’est  plus  ordinaire,  au  sens  exact  du  mot  : elle  peut  être  com- 
mune, mais  elle  devient  pour  nous  particulière,  spéciale,  comme  le  sont,  par  exemple,  les  grandes 
briques  de  dimensions  variables  en  usage  dans  le  midi  de  la  France.  De  même  sont  les  briques  creuses, 
les  briques  moulurées  ou  ornées  de  sculptures,  etc. 


LES  BRIQUES  HYDRAULIQUES 

L’idée  de  fabriquer  des  briques  en  agglomérant  des  matières  sablonneuses  inertes  à l’aide  d’une 
matière  reliante,  chaux  hydraulique  ou  ciment,  n’est  pas  nouvelle.  Elle  remonte  à plus  d’un  siècle 
et  est  due  à un  érudit,  M.  de  La  Faye,  grand  admirateur  de  la  solidité  des  constructions  romaines, 
qui  croyait  avoir  reconnu  dans  les  briques  crues  des  anciens  et  dont  parle  Vitruve,  de  véritables 
agglomérés  à base  de  chaux.  Mais  c’est  seulement  de  nos  jours  que  cette  fabrication,  branche  très 
secondaire  de  l’industrie  des  pierres  factices,  a pris  des  développements  d’une  certaine  importance, 
conséquence  naturelle  des  progrès  accomplis  dans  la  fabrication  des  chaux  et  des  ciments,  et  surtout  de 
la  diffusion  partout  de  cette  fabrication  perfectionnée. 

Peu  après  l’Exposition  universelle  de  1867,  un  ingénieur  distingué,  M.  üudry,  se  faisait  élever  sur  le 
quai  de  Billy,  à Paris,  avec  des  agglomérés  de  Ora.oOxOm.25  X 0m.125  et  de  0'n.25  X0m.  125  X0m.  10, 
confectionnés  à pied-d’œuvre  avec  un  mélange  économique  mais  énergiquement  trituré  de  sable,  de 
chaux  hydraulique  et  d’un  peu  de  ciment,  colorés  dans  leur  masse  et  moulés  sous  pression  à l’aide  d’une 
puissante  machine  à rouleau  (système  A.  Allemand),  un  vaste  hôtel  et  un  groupe  important  de  maisons 
voisines,  qui  permettent  aujourd’hui  de  constater  l’excellence  de  cette  sorte  de  matériaux.  A la  même 
époque,  M.  Coignet,  le  grand  constructeur  spécialiste  que  tout  le  monde  connaît,  offrait  à l’industrie  du 
bâtiment,  depuis  déjà  plusieurs  années,  des  blocs  et  des  briques  de  béton  comprimé  et  de  cinq  formats 
répondant  à tous  les  besoins,  depuis  0m.66x0m.33  X0m.22  jusqu’à  Om.22xOm.l  l X0m.055,  fabriqués 
avec  un  même  mélange  de  matières  que  les  agglomérés  de  M.  Oudry,  mais  par  couches  minces  succes- 
sivement pilonnées.  M.  Coignet  comparait  volontiers  ses  briques  de  petit  format  aux  meilleures  briques 
de  Bourgogne,  dont  elles  empruntaient  le  moule;  mais,  toutes  bonnes  et  belles  qu’elles  fussent,  elles  n’en 
avaient  assurément  ni  la  finesse  de  grain,  ni  la  vivacité  d’arêtes,  ni  le  coloris  clair  et  franc;  elles  étaient 
d’ailleurs  pour  le  moins  aussi  chères,  rendues  dans  Paris  à pied-d’œuvre,  de  sorte  qu’elles  n’auraient  pas 
eu  de  raison  d’être,  n’avait  été  la  possibilité  de  les  fabriquer  sur  les  lieux  mêmes  où  l’on  doit  construire, 
avec  des  sables  tirés  parfois  des  fouilles  de  fondation  ou  provenant  des  environs,  et  d’en  réduire  le  prix 
en  proportion  de  l’économie  de  transports  ainsi  réalisable.  Elles  présentaient,  du  reste,  comme  tous  les 
agglomérés  et  contrairement  aux  briques  de  terre  cuite,  le  double  avantage  d’une  régularité  parfaite  et 
d’une  coloration  possible  dans  leur  masse,  au  goût  des  demandeurs,  par  la  coloration  préalable  de  la 
pâte  servant  à les  former,  permettant  de  créer  des  façades  polychromes  variées  dans  tous  les  tons,  mais 
d’une  polychromie  terne  et  peut-être  un  peu  triste,  quoique  douce  au  regard,  gâtée  par  les  efflorescences 


— 8 — 


de  la  chaux  à la  surface  des  briques.  Si  nous  en  croyons  un  habile  fabricant  de  carreaux  mosaïques  à base 
de  chaux  et  de  ciment,  Madame  veuve  Bourgeois,  secondée  par  son  gendre,  M.  Larmanjat,  ingénieur, 
qui  vient  d’organiser  à Juvisy,  près  de  Paris,  une  importante  fabrication  de  briques  de  ce  genre,  il  serait 
possible  d’éviter  ces  efflorescences  et  d'obtenir  des  produits  d’une  coloration  comparable  à celle  des 
briques  de  terre  cuite,  tout  en  conservant  le  profit  de  la  variété  infinie  des  couleurs. 

Nous  ne  pouvons  ici,  dans  le  cadre  restreint  d’une  étude  rapide,  ni  faire  ni  même  résumer  succincte- 
ment l’historique  de  la  fabrication  des  briques  soit  hydrauliques,  soit  de  terre  cuite,  et  notre  rôle  doit 
nécessairement  se  borner  à seulement  indiquer  quelques-uns  des  points  intéressants  de  cette  fabrication, 
sur  lesquels  il  peut  être  utile  d’appeler  l’attention  des  constructeurs  qui  consulteront  cet  ouvrage  (1). 

La  nature  et  la  grosseur  de  grain  des  sables,  la  force  agglutinative  des  chaux  et  des  ciments,  la  teneur 
en  ciment  des  mélanges,  le  mode  de  trituration  et  de  moulage  de  ces  mélanges,  l’intensité  de  la  compres- 
sion dans  les  moules  et  le  temps  de  solidification  nécessaire,  qui  s’écoule  entre  le  moment  du  moulage 
et  celui  de  l’emploi,  sont  les  points  sur  lesquels  repose,  mais  inégalement  selon  les  circonstances,  la  bonne 
ou  la  mauvaise  fabrication  des  agglomérés.  On  peut  dire,  en  principe,  que  meilleur  est  le  sable  et 
meilleur  le  ciment,  meilleure  sera  la  brique  : par  exemple,  sable  de  rivière  d’une  grosseur  de  grains 
moyenne  (de  1 à 4 millimètres  de  diamètre,  inclusivement),  et  ciment  artificiel  à prise  lente  (plus 
énergique  que  le  portland  naturel),  mélangés  par  moitié,  fourniront,  dit  Vicat,  un  maximum  de  résistance 
qu’on  ne  peut  guère  dépasser.  Mais  une  condition  première  s’impose  : l’économie  du  prix  de  revient; 
d’où  la  nécessité  de  suppléer  à la  qualité  trop  coûteuse  des  mélanges  par  la  perfection  du  mode  de  fabri- 
cation. D’après  M.  Coignel,  l’énergie  de  la  trituration  et  le  pilonnage  par  couches  minces  vingtuplent 
l’intensité  de  prise  des  chaux  et  des  ciments,  si  bien  qu’avec  4 ou  5 parties  de  sable  quartzeux  lavé,  une 
partie  de  chaux  hydraulique  ordinaire  et  0.50  à 0.75  partie  de  ciment  de  bonne  qualité,  il  est  possible 
d’obtenir  des  agglomérés  offrant  une  résistance  à l’écrasement  de  200  kilogrammes  au  moins  par  centi- 
mètre carré.  Nous  ferons  remarquer  que  pour  des  briques  de  petit  format  le  pilonnage  par  couches  minces 
n’est  pas  indispensable,  et  que  la  compression  en  bloc  paraît  même  préférable,  au  moins  pour  sa  simpli- 
cité, mais  à la  condition  expresse  de  laisser  à l’air  enfermé  dans  la  pâte  soumise  à cette  compression,  la 
possibilité  de  s’échapper.  Dans  tous  les  cas,  aux  sables  gros  ou  moyens  conviennent  les  ciments,  tandis 
qu’avec  les  sables  fins  les  chaux  hydrauliques  sont  préférables;  mais  les  sables  trop  fins  ou  friables  ne 
valent  jamais  rien,  car  ils  ne  participent  en  rien  à la  résistance  qu’on  peut  obtenir  avec  eux,  et  ils 
obligent  à forcer  le  dosage  en  chaux  ou  en  ciment  pour  former  des  mortiers  acceptables.  Les  sables 
siliceux  sont  préférables  aux  sables  granitiques  et  ceux-ci  aux  sables  calcaires.  Certains  sables  artificiels, 
parmi  lesquels  surtout  ceux  de  laitier  des  hauts-fourneaux  et  ceux  dits  de  grappiers,  fournis  par  le  rejet 
de  la  fabrication  des  chaux  et  des  ciments,  d’autres  encore,  valent  les  meilleurs  sables  naturels.  Quels 
qu’ils  soient,  il  convient  de  les  mélanger  à sec  avec  les  chaux  ou  les  ciments  (le  conlraire  se  fait,  cependant, 
avec  le  ciment  sélénitique  des  Anglais),  et  d’amener  les  mélanges  à l’état  de  poudre  seulement  humide, 
par  un  arrosage  attentif  et  une  trituration  énergique.  Le  remplissage  des  vides  du  sable  est  une  condition 
de  plus  grande  résistance  économique  comme  d’étanchéité  et  d’imperméabilité.  Le  ciment  pur  fournit  la 
plus  grande  résistance  effective.  Quant  à la  force  de  compression  nécessaire  pour  obtenir  les  meilleurs 
résultats,  plus  grande  elle  est,  mieux  vaut.  Selon  M.  Allemand,  elle  doit  être  de  80  à 100  kilogrammes 
par  centimètre  carré,  mais  l’expérience  prouve  qu’on  peut  encore  fabriquer  de  bonnes  briques  avec  des 
presses  mues  à bras  d’homme  et  ne  fournissant  guère  qu’une  compression  moitié  moindre.  Toutefois, 
les  briques  peu  comprimées  exigent  un  temps  plus  long  de  solidification  chimique,  avant  leur  mise  en 
œuvre,  que  celles  comprimées  fortement,  et  leur  capacité  de  résistance  n’est  finalement  jamais  aussi 
grande.  Madame  veuve  Bourgeois  pousse  cette  compression,  qu’elle  opère  à l’aide  d’une  presse  hydrau- 
lique, jusqu’à  200  kilogrammes  par  centimètre  carré,  mais  seulement  pour  achever  d’un  coup,  brusque- 
ment, le  travail  commencé  avec  une  force  dix  fois  moindre. 


(1)  On  trouvera  dans  le  prochain  volume  (année  1880)  de  la  Revue  générale  de  l'Architecture  et  des  Travaux  publics, 
une  étude  détaillée  sur  la  fabrication  des  briques,  principalement  de  celles  hydrauliques. 


— 9 — 


La  fabrication  des  briques  hydrauliques  est  aujourd’hui  pratiquée  sur  une  échelle  déjà  importante,  et 
qui  ne  fera  certainement  que  grandir,  en  France  ainsi  qu’à  l’étranger.  Parmi  les  fabricants  français  dont 
on  remarquait  les  produits  à l’Exposition  universelle  de  1878,  nous  citerons  en  première  ligne  MM.  Pavin 
de  Lafarge  du  Teil,  canton  de  Viviers  (Ardèche),  propriétaires  d’usines  considérables  situées  sur  le  bord 
du  Rhône  et  où  se  fabriquent  une  chaux  éminemment  hydraulique,  célèbre  par  son  excellente  résistance 
à la  mer,  et  un  ciment  portland,  dit  de  grappiers  parce  qu’il  est  fait  avec  les  résidus  de  ce  nom  pro- 
venant du  blutage  de  la  chaux.  Les  briques  exposées  par  ces  fabricants  étaient  fort  belles,  fines  de  grain 
(celles  en  sable  de  rivière  un  peu  moins  que  les  autres),  à arêtes  vives,  d’un  ton  naturel  blanc  grisâtre 
très  doux  ou  colorées  de  tons  divers  dans  leur  pâte,  composées  de  300  kilogrammes  de  ciment  par  mètre 
cube  de  sable  de  mer,  de  rivière  ou  de  grappiers  définitivement  rejetés  par  la  fabrication  du  ciment,  et 
moulées  avec  une  presse  à bras  facilement  transportable,  que  les  fabricants  se  chargent  de  procurer  à prix 
coûtant  aux  demandeurs.  Ces  briques  étaient  cotées  25  francs  le  mille  de  prix  de  revient  brut  à l’usine, 
pleines  ou  évidées  d’un  trou  au  centre  et  sans  distinction  relative  à la  nature  des  sables,  mais  avec  une 
plus-value  de  dix  francs  pour  celles  colorées.  11  entre  450  kilogrammes  de  ciment  et  lmc.500  de  sable 
dans  la  composition  d’un  mille  de  briques  de  Om.22xOm.U  x0m.06,  et  la  fabrication  de  cette  même 
quantité  de  briques,  à l’aide  de  la  presse  à bras,  exige  22  heures  d’un  manœuvre,  compris  le  temps  passé 
à l’emmétrage  et  au  transport  du  sable  du  dépôt  au  chantier,  mais  non  celui  dépensé  à l’arrosage.  Avec 
du  sable  à 5 francs  le  mètre  cube  et  du  ciment  à 50  francs  les  1,000  kilogrammes,  le  prix  de  revient 
brut  du  mille  de  briques  colorées  s’élève  à 50  francs  environ.  On  peut,  par  mesure  d’économie,  rem- 
placer les  450  kilogrammes  de  ciment  par  un  mélange  de  150  kilogrammes  de  chaux  et  300  kilogrammes 
de  ciment,  ou  même  par  300  kilogrammes  de  chaux  et  150  kilogrammes  de  ciment,  mais  il  faut  alors 
laisser  s’écouler  plusieurs  mois  entre  la  fabrication  et  l’emploi,  et  d’autant  plus  longtemps  que  le  dosage 
en  chaux  est  plus  considérable.  L’augmentation  de  la  chaux  dans  le  dosage  accentue  la  blancheur  des 
briques. 

Après  MM.  Pavin  de  Lafarge  du  Teil,  nous  ne  pouvons,  ici,  que  citer  hâtivement  quelques  noms  de 
fabricants  de  briques  hydrauliques  : L’usine  à chaux  de  Paviers  (Indre-et-Loire);  M.  P.  Cappon,  fabricant 
de  chaux  hydraulique  naturelle,  à Marans  (Charente-Inférieure);  MM.  Thorrand  et  Cie,  fabricants  de 
ciment,  à Voreppe,  près  Grenoble  (Isère);  M.  Prosper  Belmont  (usine  d’Angély),  à Cahors  (Lot); 
MM.  Périn  frères,  à Charleville  (Ardennes);  M.  Dumesnil,  constructeur,  à Paris;  MM.  Carré,  constructeurs, 
à Paris;  Madame  veuve  Bourgeois,  à Juvisy,  et  MM.  Desforges  et  Cie,  maîtres  de  forges  à Saint-Dizier- 
Marnaval  (Haute-Marne).  Nous  devons  ajouter  quelques  mots  à ces  deux  derniers  noms. 

Les  briques  de  Madame  veuve  Bourgeois  sont  à base  de  chaux  et  de  ciment,  avec  mélange  de  sable  de 
rivière  et  de  sable  de  plaine,  fort  belles,  à arêtes  vives,  de  couleur  naturelle  grisâtre  et  valant  55  francs 
le  mille,  à Paris,  ou  revêtues  sur  leurs  faces  visibles  d’une  couche  de  ciment  pur  teinté,  de  couleur  unie 
ou  ornée  de  dessins  quelconques,  et  coûtant  depuis  80  francs  le  mille. 

Les  briques  de  MM.  Desforges  et  Cie  sont  en  sable  de  laitier  des  hauts-fourneaux,  mélangé  avec  de  la 
chaux  hydaulique  de  Vitry-le-Français,  dans  la  proportion  de  trois  parties  de  sable  contre  une  partie  de 
chaux,  et  moulées  sous  forte  pression  à l’aide  d’une  puissante  machine  disposée  pour  la  fabrication  des 
agglomérés  de  houille.  Elles  sont  un  peu  rugueuses,  mais  à arêtes  vives.  Leur  couleur  naturelle  est  le  gris 
clair.  Elles  valent  35  francs  le  mille  à Saint-Dizier  et  se  vendent  à Paris,  rendues  à pied-d’œuvre,  au 
même  prix  que  les  briques  de  terre  cuite  de  Vaugirard,  première  qualité. 


LES  BRIQUES  DE  TERRE  CUITE 

La  France  possède  plus  de  2,000  fabricants  de  briques,  tuiles  et  poteries  diverses  pour  le  bâtiment. 
On  n’en  trouve  que  quelques-uns  en  Bretagne,  sur  le  Plateau  Central,  dans  les  Alpes  et  dans  les  Pyrénées, 
mais  leur  nombre  s’accroît  rapidement  et  pour  ainsi  dire  progressivement  en  quittant  les  pays  de  mon- 
tagnes pour  gagner  les  plaines.  Dans  certaines  parties  des  bassins  hydrographiques  de  la  Charente,  de 


10  — 


la  Haute-Garonne,  de  l’Hérault,  du  Gard,  du  Rhône  et  de  l’Isère,  la  fabrication  des  terres  cuites  est 
d’une  importance  déjà  considérable,  mais  c’est  principalement  dans  le  bassin  géologique  de  Paris, 
surtout  à sa  ceinture  et  en  s’avançant  à travers  la  Bourgogne  jusque  vers  Mâcon,  qu’elle  arrive  à son 
maximum.  Plus  de  la  moitié  des  briques  employées  en  France  est  fabriquée  dans  les  seuls  départements 
dont  les  noms  suivent  : Meuse,  Oise,  Sarthe,  Cher,  Eure-et-Loir,  Côte-d’Or  et  Drôme;  puis  Aube, 
Marne  et  Saône-et-Loire;  ensuite  Nord  et  Pas-de-Calais;  enfin  Yonne  et  Seine-et-Marne.  Ces  deux 
derniers  départements,  situés  à l’affleurement  de  l’argile  plastique  proprement  dite,  qui  recouvre  la 
craie,  renferment,  dans  un  espace  restreint  ne  dépassant  guère  Pont-sur-Yonne  en  s’éloignant  de  Paris, 
les  meilleurs  dépôts  de  cette  argile,  qui  ont  fait  la  réputation  méritée  des  briques  dites  de  Bourgogne. 
Chose  intéressante,  dans  la  plupart  de  ces  départements,  non  loin  de  l’argile  se  trouvent  les  calcaires  : 
double  ressource  pour  l’architecte,  que  le  goût  public,  d’accord  avec  la  logique  des  moyens,  le  pousse  à 
mettre  en  œuvre  au  môme  titre  et  conséquemment  ensemble  avec  quelque  recherche  sur  les  façades 
ornées  des  édifices. 

La  répartition  des  fabricants  de  terres  cuites,  considérée  au  point  de  vue  géologique,  se  présente, 
en  résumé,  de  la  manière  suivante  : sur  400  fabricants  établis  en  France,  on  en  trouve  2 sur  les  affleu- 
rements primitifs  ou  de  transition,  17  sur  le  trias,  12  sur  le  jurassique,  30  sur  le  crétacé  et  39  sur  le 
tertiaire.  Ces  chiffres  sont  d’accord  avec  l’importance  agricole  et  industrielle  des  contrées  auxquelles  ils 
se  rapportent,  avec  le  développement  normal  de  la  civilisation,  mais  ils  ne  le  sont  pas,  ou  du  moins  ils 
ne  le  sont  qu’en  mode  inverse  avec  la  qualité  réfractaire  des  argiles  fournies  par  les  divers  étages  géolo- 
giques, qualité  qui  dépend  principalement,  on  le  sait,  de  leur  pureté.  Mais  ce  n’est  pas  avec  les  argiles 
réfractaires  proprement  dites  que  se  font,  tant  s’en  faut,  les  meilleures  briques  destinées  aux  constructions, 
et  l’on  pourrait  citer,  au  contraire,  plus  d’une  marne  ocreuse  des  temps  tertiaires,  fournissant  des  briques 
préférables  à tous  égards  à celles  que  l'on  peut  obtenir  avec  les  argiles  du  Lias  ou  du  Trias.  Les  argiles  du 
Crétacé  et  du  Tertiaire  sont  d’ailleurs  les  seules  qui  se  présentent  en  France  assez  nombreuses  et  avec 
des  gisements  assez  puissants  pour  qu’il  soit  possible  d’en  faire  une  exploitation  suivie.  Ajoutons  qu’au 
surplus  la  bonne  fabrication  des  briques  entre  pour  beaucoup  dans  leur  bonne  qualité. 

De  la  fabrication  perfectionnée  des  briques,  — question  complexe  qui,  pour  être  traitée  même  som- 
mairement, exigerait  de  longs  développements  touchant  l’emploi  des  machines  pour  la  trituration  des 
terres  et  le  moulage  des  briques,  touchant  surtout  la  cuisson  de  ces  briques,  non  plus  à la  volée  ou  dans 
des  fours  intermittents,  mais  dans  des  fours  à feu  continu,  du  système  Hoffmann  ou  perfectionnés, 
disposés  en  tunnel  ou  par  chambres  distinctes  et  chauffés  soit  directement  à la  houille,  soit  par  le  gaz 
oxyde  de  carbone  fourni  par  la  combustion  préalable  de  la  houille  dans  des  foyers  spéciaux  appelés  gazo- 
gènes, — de  cette  fabrication  perfectionnée  nous  ne  dirons  rien,  si  ce  n’est  qu’elle  est  nécessairement 
soumise  à des  conditions  économiques  assurément  gênantes,  et  qu’elle  est  aujourd’hui  pratiquée,  en 
France,  par  des  hommes  expérimentés  et  des  ingénieurs  de  mérite,  parmi  lesquels  la  céramique  peut 
s’honorer  de  compter  M.  Emile  Muller,  le  savant  et  dévoué  professeur  du  cours  de  constructions  civiles  à 
l’École  centrale  des  Arts  et  Manufactures.  A côté  de  M.  E.  Muller  nous  devons  citer  de  suite,  également, 
la  Société  V Union  céramique  et  chaufournière  de  France,  dont  M.  E.  Muller  fait  partie,  et  qui,  sous 
l’habile  direction  de  son  honorable  président,  M.  Gastellier,  étudie  soigneusement  toutes  les  questions 
techniques  qui  peuvent  intéresser  ses  membres,  et  remplit  de  notices  instructives  ion  bulletin  mensuel. 
Les  visiteurs  de  l’Exposition  universelle  de  1878  se  rappellent  certainement  l’élégant  et  brillant  pavillon 
élevé  dans  le  parc  du  Trocadéro  par  l’Union  céramique,  avec  des  matériaux  exclusivement  fabriqués 
par  ses  membres,  pour  leur  servir  de  lieu  d’exposition  particulière.  De  cette  exposition  passagère  est 
sortie  une  exposition  permanente,  provisoirement  installée  au  siège  de  la  Société,  rue  de  laChaussée- 
d’Anlin  n°49,  exposition  encore  relativement  petite  mais  qui,  nous  l’espérons,  deviendra  grande,  et  que 
les  architectes  désireux  d’employer  de  bons  matériaux  de  terre  cuite  peuvent  déjà  consulter  avec  fruit. 

Nous  voici  amené  par  notre  incidence  même  à une  question  que  nous  ne  pouvons  passer  sous 
silence,  et  à laquelle,  malheureusement,  nous  ne  pourrons  répondre  faute  de  renseignements  suffisants  et 


— 1.1  — 


précis  (1)  : Dans  quels  pays  et  chez  quels  fabricants  peut-on  se  procurer,  en  France,  des  briques  de 
parement,  les  seules  dont  nous  ayons  à nous  occuper  ici?  nous  disons  des  briques  denses,  dures,  sonores, 
à grain  fin,  à arêtes  vives,  de  forme  régulière,  résistant  bien  à l’écrasement,  résistant  parfaitement  à la 
gelée,  assez  peu  absorbantes  pour  qu'il  soit  possible  de  former  avec  elles  des  murs  de  0m.22  d’épaisseur 
absolument  imperméables  sous  des  pluies  battantes  continues,  et  présentant,  enfin,  des  couleurs  franches 
naturelles,  le  rouge  ou  le  brun,  le  jaune,  le  gris  clair  ou  le  blanc,  et  le  noir. 

Les  briques  de  Bourgogne,  si  considérablement  employées  à Paris  et  si  justement  estimées,  ne  sont 
pas  les  seules  également  belles  et  bonnes  que  possède  la  France.  De  meilleures,  nous  n’en  connaissons 
pas,  mais  d’aussi  belles  et  d’un  rouge  plus  vif  nous  en  pourrions  citer  plus  d’une.  Quant  à celles  de  cou- 
leur jaunâtre  ou  blanche,  il  faut  distinguer. 

On  sait  que  c’est  le  fer,  sous  la  forme  de  peroxyde  anhydre  ou  hydraté,  ou  de  sulfure  disséminé  en 
poudre  impalpable  dans  la  pâte  céramique,  qui  colore  les  briques  à la  cuisson  : en  rose  tendre,  en  rouge 
vif,  en  rouge  pourpre,  suivant  l’intensité  du  feu,  et  même  en  brun  noirâtre  correspondant  à une  vitrifi- 
cation commençante.  Quand  l’argile  ne  contient  de  l’oxyde  de  fer  qu’en  faible  quantité,  mais  renferme 
du  carbonate  de  chaux,  les  briques  restent  d’un  blanc  sale  pendant  toute  la  cuisson;  elles  sont  encore 
susceptibles  de  se  vitrifier,  la  chaux,  comme  l’oxyde  de  fer,  étant  attaquée  par  la  silice  à une  haute 
température.  Disons  de  suite  qu’en  Normandie,  par  exemple,  on  emploie  beaucoup  de  briques  grésées 
dans  les  façades,  c’est-à-dire  des  briques  ayant  subi  un  commencement  de  vitrification,  qui  sont 
rugueuses,  d’une  couleur  brun  foncé  inégale,  faites  avec  des  marnes  ferrugineuses.  De  même  en  Angle- 
terre * mais  les  briques  de  parement  anglaises,  toujours  fabriquées  avec  un  soin  extrême  et  cuites  sans 
déformation  quoique  jusqu’à  vitrification,  sont  bien  supérieures  aux  briques  normandes  et  à d’autres  : 
telles  les  briques  bleues  du  Staffordshire,  pour  ne  citer  qu’elles,  à la  fois  si  bonnes  et  si  belles,  qui  ont 
pour  base  des  marnes  très  ferrugineuses  et  sont  cuites  à une  température  très  élevée. 

Si  l’argile  ne  contient  ni  oxyde  de  fer  ni  chaux,  elle  fournit  des  briques  à peu  près  infusibles,  dites 
réfractaires.  Mélangée  de  matières  charbonneuses,  elle  peut  encore  fournir  des  briques  réfractaires, 
mais  qui  restent  noires  au  feu.  Les  briques  réfractaires  proprement  dites,  destinées  à la  construction  des 
fovers,  sont  généralement  peu  cuites,  poreuses,  et  ne  résisteraient  pas  aux  injures  de  l’atmosphère.  Les 
blanches  de  Bourgogne,  employées  en  façade  des  bâtiments,  sont  faites  avec  la  même  argile  que  les  briques 
réfractaires,  mais  cette  argile,  dite  terre  à Cazettes,  parce  que  c’est  avec  elle  qu’on  forme  les  étuis  réfrac- 
taires de  ce  nom  servant  à la  cuisson  des  faïences  de  Montereau,  au  lieu  d’être  mélangée  de  ciment, 
c’est-à-dire  de  sablon  fait  de  briques  réfractaires  broyées,  est  dégraissée  avec  du  sable  fin  et  blanc  de  Fon- 
tainebleau, et  lacuisson  des  briques  s’opère  à très  haute  température.  La  terre  à cazettes  de  Montereau  con- 
tient un  peu  de  fer,  aussi  les  briques  les  plus  cuites  sont-elles  légèrement  teintées  de  rose  ou  de  jaunâtre,  tandis 
que  les  moins  cuites  restent  parfaitement  blanches.  On  ne  saurait  recommander  celles-ci  aux  constructeurs, 
mais  les  précédentes  peuvent  être  employées  avec  sécurité.  Un  inconvénient  des  briques  blanches  est  de 
se  salir  souvent  de  verdâtre  à l’air  humide,  dans  les  premiers  temps  de  leur  mise  en  œuvre.  Leur  net- 
toyage est  difficile  à exécuter  et  ne  donne  pas  toujours  satisfaction  complète,  aussi  le  badigeonnage 
acide  et  coloré  d’ocre  jaune,  appliqué  d’ordinaire  par  les  jointoyeurs,  devient— il  alors  nécessaire. 
Avouons  qu’en  ce  cas  il  a sa  raison  d’être. 

Avec  certaines  terres  d’alluvion,  le  lœss  des  vallées  du  Rhin  ou  de  la  Saône,  etc.,  on  obtient  de 
bonnes  briques  franchement  jaune-serin.  A Saint-Romain-des-Iles,  par  exemple,  sur  la  Saône,  on 
exploite  une  terre  légère  cuisant  blanc-jaunâtre  et  une  terre  forte  cuisant  jaune-grisâtre,  superposées 


(1)  Nous  nous  sommes  adressé  à M.  le  président  de  l’Union  céramique,  avec  l'espérance  de  pouvoir  compléter  près  de 
luiun  tableau  que  nous  avions  commencé  avec  nos  notes  personnelles,  et  que  nous  destinions  aux  lecteurs  de  cet  ouvrage, 
contenant,  pour  toute  la  France,  la  liste  des  fabricants  de  bonnes  briques  de  parement,  accompagnée  d’explications 
relatives  à ces  briques.  M.  Gastellier  n’ayant  pu  répondre  à nos  questions,  nous  passons  outre,  ne  voulant  pas  dresser 
une  liste  trop  incomplète,  qui  pourrait  ressembler  à une  réclame. 


— 12 


l’une  à l’autre  dans  leur  gisement,  et  qui,  mélangées  ensemble,  ne  donnent  que  des  produits  rosés  si  la 
cuisson  est  imparfaite,  mais  d’un  beau  jaune-clair  quand  la  cuisson  est  forte.  Chose  intéressante  : on 
arrose  souvent  d’eau  froide  les  terres  cuites  sortant  du  four,  encore  chaudes,  ce  qui  a pour  effet  d’éteindre 
les  parcelles  de  chaux  vive  répandues  dans  la  masse  en  nombre  infini,  et  de  cimenter  avec  elles,  en 
quelque  sorte,  les  parties  attenantes.  Les  mauvais  produits  tombent  alors  en  poussière. 

Citons  aussi  les  briques  de  Passy,  avec  lesquelles  sont  décorées  de  briquetages  jaunes  tant  de 
maisons  de  plaisance  environnant  le  bois  de  Boulogne,  et  qui,  faites  de  sable  argileux,  cuites  à une 
haute  température,  seraient  excellentes  à tous  égards  si  elles  n’étaient  poreuses  à l’extrême. 

Les  briques  noires  s’obtiennent  facilement  avec  des  argiles  mélangées  naturellement  ou  artificiel- 
lement de  matières  charbonneuses,  dans  une  forte  proportion  ; mais  leur  cuisson  ne  doit  s’opérer  qu’à 
une  température  peu  élevée  et  comme  en  vase  clos,  si  elles  sont  ferrugineuses,  sous  peine  de  les  voir  se 
tacher  de  rouge.  Quant  aux  boutisses  noires  ou  du  moins  brunâtres,  que  présentent  ou  du  moins  que 
présentaient  fréquemment,  naguère,  les  briques  rouges  de  Bourgogne,  leur  couleur  était  due  surtout  au 
mode  d’enfournement  pratiqué  dans  les  fours  cuisant  au  bois,  qui  plaçait  ces  boutisses  sous  l’action 
directe  des  flammes,  et  aux  sels  de  potasse  que  fournissaient  abondamment  les  feux  de  bois,  remplacés 
aujourd’hui  par  les  feux  de  houille;  lesquels  sels,  emportés  par  les  fumées,  allaient  se  déposer  sur  les 
boutisses  brûlantes  situées  sur  leur  parcours  et  les  vernisser.  Un  moyen  d’obtenir  des  briques  entiè- 
rement noires,  dans  leur  masse  comme  à leur  surface,  avec  des  terres  fortement  chargées  de  fer  et, 
conséquemment,  cuisant  rouge  dans  une  atmosphère  oxydante,  consiste,  lorsque  la  cuisson  est  parfaite 
et  la  température  du  four  encore  à son  maximum,  à jeter  sur  le  feu  une  quantité  suffisante  de  branches 
de  bois  vert,  de  manière  à produire  une  abondante  fumée,  puisa  boucher  hâtivement  et  hermétiquement 
toutes  les  ouvertures  du  four,  pour  laisser  la  cuisson  se  poursuivre  en  vase  clos.  L’atmosphère  du  four, 
imprégnée  de  particules  charbonneuses  et  sans  renouvellement  d’air,  devient  alors  activement  réductive, 
et  le  feu  continue  tant  qu’il  reste  en  présence  du  charbon  en  excès  dans  cette  atmosphère  et  de  l’oxygène 
comburant  dans  la  pâte  des  briques.  11  se  forme  en  même  temps  du  carbure  de  fer.  Puis,  peu  à peu, 
le  feu  s’éteint,  et  les  briques,  dont  la  coloration  définitive  ne  se  détermine,  dans  les  fours,  qu’au  moment 
où  commence  leur  refroidissement,  se  présentent  au  défournement  avec  une  couleur  régulièrement 
noire,  qui  est  celle  à la  fois  du  fer  oxydé  au  minimum  et  du  carbure  de  fer.  Mais  cette  opération  exige 
des  fours  exceptionnellement  solides,  et  n’est  pas  pratiquée  en  France,  que  nous  sachions.  Nous  en 
pourrions  citer,  au  contraire,  plusieurs  applications  en  Belgique  et  en  Angleterre.  C'est,  de  même,  avec  des 
procédés  spéciaux  de  cuisson  et  des  mélanges  bien  étudiés  et  bien  exécutés  de  terres  diverses,  que  l’on 
peut  arriver  à produire  des  briques  de  parement  de  la  couleur  qu’on  désire,  quand  on  ne  possède  par 
sous  la  main  la  pâte  céramique  toute  préparée  d’avance  par  la  nature. 

Nous  ne  pouvons  parler  ici  ni  du  procédé  de  M.  Lemaire,  architecte,  consistant  à revêtir  les  faces 
de  parement  des  briques  ordinaires,  avant  leur  cuisson,  d’une  couche  de  barbotine  imprégnée  d’oxydes 
métalliques  ou  de  substances  minérales  diverses,  — ni  du  saupoudrage  à cru  des  briques,  avec  de  petites 
lamelles  de  mica  jaune  ou  blanc  ou  noir,  que  la  cuisson  rend  adhérentes  tout  en  donnant  aux 
parements  ainsi  préparés  un  aspect  plucheux  du  plus  curieux  effet  sous  les  lumières,  — ni  des  briques 
émaillées  que  fabrique  M.  E.  Muller  et  qui  brillaient  si  splendidement  sur  les  façades  du  pavillon  de 
l’Union  céramique,  au  Trocadéro,  en  1878,  etc... 

Un  dernier  mot  : La  fosse  du  marcheux  et  la  table  du  mouleur  ne  disparaîtront  pas  sans  doute  de 
longtemps,  celle-ci  surtout,  de  la  majorité  des  briqueteries  françaises;  mais  les  petites  briqueteries,  à 
moins  qu’elles  ne  soient  soutenues  par  des  circonstances  particulières,  comme,  par  exemple,  l’excel- 
lence des  argiles  exploitées  par  elles,  disparaîtront  certainement  tôt  ou  tard  devant  les  grandes,  bien 
outillées,  bien  installées,  et  qui  sauront  donner  satisfaction  aux  exigences  de  la  construction  moderne. 
Ceci  tuera  cela,  c’est  la  loi  du  progrès.  Mais  que  messieurs  les  céramistes  y prennent  garde  : s’ils  ne 
s’efforçaient  pas  de  fournir  couramment  aux  constructeurs  les  briques  de  parement  de  couleurs  diverses 
qu’ils  leur  réclament,  s’ils  n’élevaient  pas  leurs  produits  à la  hauteur  de  ceux  anglais  ou  autrichiens, 


— 13  — 


anglais  surtout,  qui  faisaient  à l’Exposition  de  1878  l’admiration  des  visiteurs,  les  cimentiers,  qui 
viennent  derrière  eux  avec  des  agglomérés  de  plus  en  plus  parfaits,  finiraient  inévitablement  par  leur 
enlever  l’avantage  de  fournir  les  matériaux  décoratifs  de  nos  façades  en  briques  apparentes. 


III 

EMPLOI  DES  BRIQUES 

CONSIDÉRATIONS  GÉNÉRALES 

On  trouvera  dans  le  chapitre  suivant,  consacré  à la  description  des  planches  de  dessins,  tout  une 
étude  accompagnée  de  figures  explicatives  sur  les  six  appareils  principaux  que  l’on  peut  former  en  bâtissant 
avec  de  la  brique  ordinaire,  et  sur  son  emploi  rationnel  dans  la  plupart  des  cas  qui  peuvent  se  présenter 
dans  la  pratique  des  constructions, — lesquels  appareils  se  traduisent  chacun,  décorativement,  par  une 
disposition  typique  particulière.  Il  nous  faut  appuyer  sur  ce  point  et  faire  ressortir  ici  les  caractères  dis- 
tinctifs de  ces  appareils,  en  les  comparant  l’un  à l’autre.  One  nos  lecteurs  veuillent  bien  se  reporter 
d’abord  aux  planches  représentant  l’emploi  de  ces  appareils  et  aux  dessins  du  texte  qui  les  accompagne, 
savoir  : pl.  2,  pour  l’appareil  n°  1 ; pl.  5 et  6,  pour  l’appareil  n°2;  pl.  8 à 11,  pour  l’appareil  n°  3 ; 
pl.  1 3 et  14,  pour  l’appareil  n°  4 ; pl.  16  et  17,  pour  l'appareil  n°  5;  et  pl.  21,  pour  l’appareil  n°  6. 

Les  appareils  nu  1 et  n°  2 sont  simplement  des  damiers,  dont  l’élément  constituant  est  ou  une  face 
panneresse  de  brique  (n°  1),  ou  une  face  boutisse  (n°  2).  Les  joints  montants,  c’est-à-dire  verticaux  de 
chaque  rang  de  briques,  sont  placés  sur  le  milieu  des  briques  du  rang  sous-jacent;  ils  forment,  avec  les 
joints  horizontaux  qui  les  relient  entre  eux  successivement,  une  suite  indéfinie  de  diagonales  disposées  à la 
manière  d’un  escalier  régulier  continu,  sans  paliers  de  repos.  L’inclinaison  de  ces  diagonales  est  de  45° 
sur  l’horizontale,  dans  l’appareil  n°  2,  mais  réduite  à 1 de  pente  pour  2 de  portée  dans  l’appareil  n°  1 
étant  admis  que  les  dimensions  de  la  brique  employée  sont  proportionnées  entre  elles  comme  dans  le 
moule  type  de  Bourgogne.  Des  losanges  de  toutes  les  dimensions  qu’on  désire,  à partir  de  quatre  briques 
groupées  autour  d’un  joint  montant  quelconque,  considéré  isolément,  peuvent  être  formés  par  l’entre- 
croisement des  diagonales;  mais  les  losanges  de  l’appareil  n°  2 sont  carrés,  tandis  que  ceux  de  l’appareil 
n"  1 sont  écrasés. 

Les  appareils  n“  3 et  n°  4 se  composent  tous  deux  d’assises  tout  boutisses  et  tout  panneresses  alter- 
nées. Ils  ne  diffèrent  l’un  de  l’autre  que  par  la  disposition  des  assises  de  panneresses,  qui,  dans  l’appareil 
n°  3,  se  correspondent  successivement  plein  sur  plein,  joint  sur  joint,  tandis  que  dans  l’appareil  n°  4 les 
rangs  de  panneresses  se  chevauchent,  joint  sur  plein  ; comme  si,  dans  l’appareil  n°  1 , pour  former 
1 appareil  n°  3,  on  avait  remplacé  de  deux  en  deux  rangs  les  panneresses  par  des  boutisses,  et, 
pour  1 appareil  n°  4,  intercalé  des  rangs  de  boutisses  entre  les  rangs  de  panneresses.  D’où  deux 
types  décoratifs  bien  distincts  : l’un  (n°  3),  caractérisé  principalement  par  une  suite  régulière  de 
chaînes  verticales  pareilles,  juxtaposées  par  leurs  panneresses  jetant  harpes,  et  reliées  entre  elles  par  des 
boutisses  de  remplissage  liaisonnant  ces  harpes  ; l’autre  (n"  4),  non  disposé  par  chaînes,  mais  présentant 
une  imbrication  mosaïque  dont  l’élément  constitutif  est  une  croix  grecque  formée  par  la  superposition  de 
trois  briques,  une  panneresse  entre  deux  boutisses,  et  présentant,  de  plus,  comme  l’appareil  n°  2,  des 
diagonales  de  joints  en  escalier  continu,  inclinées  à 45°,  qui  permettent  également  de  faire  des  losanges 
carrés  d.:  toutes  les  dimensions  qu’on  veut,  mais  à partir  de  trois  briques  constituant  ensemble  l’élément 
mosaïque  en  forme  de  croix  grecque  dont  nous  venons  de  parler.  On  remarquera  que  ces  diagonales  ne 
s entrecroisent  régulièrement  que  sur  les  joints  montants  des  rangs  de  panneresses,  et  que  les  losanges 

3 


— 14  — 


croissent  successivement  d’étendue  en  s’augmentant  d’un  nombre  déterminé  de  croix  élémentaires. 
Ainsi,  après  le  losange  formé  par  une  seule  croix,  vient  celui  possédant  deux  croix  sur  chacun  de  ses 
côtés,  et  qui,  dès  lors,  en  contient  quatre  en  totalité;  puis  celui  de  trois  croix  par  côté,  soit  neuf  en 
surface;  de  quatre  par  côté,  puis  cinq,  puis  six,  etc...,  avec  une  contenance  totale  correspondante  de 
seize,  de  vingt-cinq,  de  trente-six,  etc...  Dans  l’appareil  n°  3,  les  mêmes  diagonales  inclinées  à 45° 
ne  présentent  en  continuité  que  trois  joints  montants,  qui  ne  permettent  de  former  que  des  losanges 
isolés,  chacun  de  cinq  rangs  de  briques  en  hauteur  et  de  trois  boutisses  en  largeur.  Ces  losanges  sont  dissé- 
minés sur  le  champ  des  murs  comme  des  mailles  à la  surface  d’un  filet,  et  le  réseau  de  diagonales  en 
lignes  droites  continues,  qui  les  enserre,  est  régulièrement  composé  de  boutisses,  excepté  au-dessus  et 
au-dessous  des  points  d’entre-croisement  de  ces  diagonales,  où  se  trouvent  deux  panneresses  qui  les 
relient  entre  elles,  formant  en  quelque  sorte  le  nœud  d’assemblage  des  mailles.  Nous  retrouverons  celte 
même  disposition  de  losanges  carrés  dans  l’appareil  n°  6,  mais  avec  des  losanges  plus  grands  que  ceux 
formés  par  l’appareil  n°  3. 

L’appareil  n”  5 se  compose  de  boutisses  et  de  panneresses  alternées  une  à une  à la  fois  dans  chaque 
assise  et  d’assise  en  assise  successivement,  comme  si,  dans  l’appareil  n°  1 , on  avait  intercalé  une  boutisse 
entre  toutes  les  panneresses  juxtaposées  de  toutes  les  assises,  en  prenant  soin  de  placer  exactement  chaque 
boutisse  sur  le  plein  des  panneresses  sous-jacentes.  D’où  des  dispositions  distinctes  caractéristiques,  savoir  : 
d’abord,  comme  dans  l’appareil  n°  3,  une  suite  de  chaînes  en  besace  de  plein  mur,  mais  ici  décrochées 
d’un  rang  l’un  sur  l’autre  et  emboîtées  entre  elles,  et  puis,  comme  dans  les  appareils  n°  1,  n°  2 et  n 4, 
des  losanges  de  toutes  les  dimensions  qu’on  veut,  mais  tracés  par  la  seule  imbrication  continue  des  panne- 
resses, suivant  une  inclinaison  nouvelle,  non  plus  de  45°  comme  dans  les  appareils  n°  2 et  n°  4,  non  plus  de 
1 de  pente  sur  2 de  portée  comme  dans  l’appareil  n°  \ , mais  de  1 de  pente  pour  3 de  portée,  losanges 
dès  lors  plus  écrasés  que  ceux  de  l’appareil  n"  1 . Les  croix  grecques  de  l’appareil  n 4 reparaissent  ici,  na- 
turellement, comme  dans  tous  les  appareils  composés  d’un  mélange  de  boutisses  eide  panneresses,  mais 
avec  un  caractère  particulier  : non  plus  enchevêtrées  entre  elles  intimement,  mais  isolées  et  formant  en- 
semble, sur  une  inclinaison  de  45»,  un  semis  en  quinconce  dont  les  points  de  jonction  sont  en  tout  pa- 
reils aux  nœuds  de  liaison  du  treillis  de  losanges  des  appareils  n°  3 et  n°  6.  On  remarquera  qu  avec  les 
appareils  n°  3,  n°  4 et  n°  6,  il  est  possible  de  former  des  semis  de  croix  en  quinconce  sous  une  inclinaison 
de  45°,  mais  moins  serrés  que  celui  du  n°  5 sur  lequel  nous  appelons  l’attention,  ainsi  que  sous  des  inclinai- 
sons plus  basses  et  en  quadrillé,  etc . . . 

Dans  l’appareil  n°6,  composé,  comme  l’appareil  n°  5,  de  boutisses  intercalées  entre  les  panneresses 
qui  forment  toutes  les  assises  de  l’appareil  n°  1,  mais  ici  au  nombre  de  trois  au  lieu  d une  seulement, 
chaque  boutisse  médiane  étant  d’ailleurs  placée,  comme  précédemment  les  boutisses  isolées,  sur  le  plein 
des  panneresses  sous-jacentes,  la  disposition  des  chaînes  de  l’appareil  n°  5 reparaît;  mais  ces  chaînes 
successives,  au  lieu  de  s’emboîter  entre  elles,  sont  à la  fois  séparées  l une  de  1 autre  et  reliées  ensemble 
par  l’intermédiaire  des  boutisses  qui  accompagnent,  dans  chaque  assise,  les  boutisses  médianes  faisant 
partie  des  chaînes,  Le  nombre  des  boutisses  l’emportant  sur  celui  des  panneresses,  les  diagonales  en 
escalier  inclinées  à 45°  reprennent  de  l’importance  ; elles  présentent  en  continuité  des  séries  de  quatre 
joints  montants,  interrompues  entre  elles  par  une  panneresses  interposée,  tandis  que  dans  1 appareil  n"  3 
la  même  disposition  ne  comporte  qu’une  continuité  de  3 joints;  aussi  forment-elles  ici,  par  leur  entre- 
croisement, un  semis  régulier  de  losanges  carrés,  comme  dans  l’appareil  n°  3,  mais  de  losanges  comptant 
7 rangs  de  briques  en  hauteur,  au  lieu  de  5,  et  marqués  au  centre  par  une  croix  de  trois  briques  pareille 
aux  précédentes,  lesquelles  croix  forment  ainsi,  ensemble,  un  semis  en  quinconce  comme  dans  l’appareil 
n°  5,  mais  beaucoup  moins  serré. 

En  résumé  : —appareil  n°  1 : diagonales  de  joints  en  escalier  formant  des  losanges  écrasés  de  dimen- 
sions  indéfinies  ; - appareil  n"  2 : diagonales  également  continues,  mais  inclinées  à 4S°  et  formant,  de 
la  sorte,  des  losanges  carrés  de  dimensions  indéterminées  (lequel  appareil  permet,  de  plus,  d'imiter  toutes 
les  combinaisons  quelconques  des  autres  appareils)  ; — appareil  n»  3 : chaînes  en  besace  juxtaposées,  et 


semis  régulier,  en  quinconce,  sous  une  inclinaison  de  45°,  de  petits  losanges  limités  d’étendue;  — appa- 
reil n°  4 : mosaïque  régulière  de  croix  grecques  entrelacées,  et  diagonales  continues  formant  des  losanges 
carrés  de  toutes  dimensions,  sous  une  inclinaison  de  45°;  — appareil  n°  5 : chaînes  verticales  successive- 
ment décrochées  et  emboîtées  deux  à deux,  puis  diagonales  continues  permettant  de  former,  mais  suivant  une 
inclinaison  plus  basse  que  dans  l’appareil  n°  1 , des  losanges  écrasés  de  dimensions  indéfinies,  et  semis  serré 
de  croix  grecques  en  quinconce  sur  45°  d’inclinaison  ; — appareil  n°  6 : chaînes  successivement  décro- 
chées comme  précédemment,  mais  non  emboîtées,  et  losanges  disposés  en  quinconce  comme  dans 
l’appareil  n°  3,  sur  une  inclinaison  de  43°,  mais  ces  losanges  plus  grands  que  ceux  fournis  par  l’ap- 
pareil n°  3,  et  marqués  chacun  au  centre  par  une  croix  grecque  pareille  à celle  des  appareils  précédents; 
— tels  sont  les  principaux  caractères  décoratifs  qui  distinguent  les  six  appareils  adoptés  par  l’auteur  de 
cet  ouvrage.  11  va  sans  dire  qu’il  est  possible,  en  s’abandonnant  à la  fantaisie  des  goûts  divers,  au  lieu  de 
ponctuer  seulement  avec  du  rouge,  du  jaune  et  du  noir,  les  dispositions  typiques  que  nous  venons  de 
décrire,  de  les  agrémenter  et  même  de  les  effacer  sous  des  variations  polychromes  innombrables;  mais 
nous  ne  saurions  trop  engager  nos  lecteurs  à se  restreindre  en  combinaisons  de  ce  genre,  pour  ne  pas  ris- 
quer de  tomber  dans  le  fatras. 

Quelques  observations  touchant  l’emploi  général  des  briques,  au  point  de  vue  décoratif,  sont  ici  né- 
cessaires. Il  y a plusieurs  manières  d'envisager  la  décoration  des  constructions  en  briqnes  : 1°  ou  la  bri- 
que est  associée  à la  pierre,  au  bois  ou  au  fer,  et  ne  constitue  que  des  parties  de  remplissage;  2°  ou  elle 
forme  elle-même  les  lignes  architecturales  de  l’édifice,  tandis  que  les  parties  de  remplissage  ne  sont  que 
des  limousineries  plus  ou  moins  grossières,  recouvertes  d’enduits  plus  ou  moins  rustiques  et  teintés  ou 
non  ; 3°  ou  la  brique  est  employée  seule,  formant  à la  fois  l'ossature  architecturale  et  les  remplissages. 

Dans  le  premier  cas,  si  les  parties  portantes,  les  angles,  les  encadrements  de  baies,  la  corniche,  les 
bandeaux,  etc...,  sont  en  pierre,  ornés  de  bossages,  de  pilastres,  de  moulures,  de  sculptures,  de  faïences, 
toutes  choses  qu’il  faut  mettre  en  relief,  faire  valoir,  la  brique,  dans  les  remplissages,  peut  ne  plus 
servir  qu’à  former  un  fond  favorable  à ces  choses,  fond  simple,  tranquille,  ce  qui  ne  veut  pas  dire 
négligé,  sans  valeur  propre.  Qu’on  ne  demande  alors  à ces  remplissages  qu’un  ton  uniforme,  c’est  bien; 
que  même  on  les  construise  de  onze  centimètres  seulement  d’épaisseur,  comme  cela  se  fait  souvent, 
dans  un  vide  réservé  sur  la  face  des  murs  dont  ils  viennent  former  le  parement  en  applique,  soit;  mais, 
au  moins,  que  l’appareil  de  ces  briquetages  ne  soit  pas  uniquement  formé  de  panneresses,  qu’il  paraisse 
répondre  à l’épaisseur  réelle  des  murs,  ou,  si  l’on  veut  expressément  donner  à ces  remplissages  une 
apparence  d’applique,  qu’on  la  demande  à des  terres  cuites  spéciales  ou  à des  mosaïques  franchement 
superficielles.  On  peut  judicieusement,  surtout  quand  les  parties  de  remplissage  sont  de  quelque 
étendue,  décorer  ces  parties  plus  ou  moins  richement  de  briquetages  polychromes  unis  ou  en  relief, 
mais  c'est  là  raison  de  plus  pour  surveiller  de  près  l’appareil  employé.  Quand  les  parties  de  remplis- 
sage en  briques  relient  des  pièces  de  charpente  en  bois  ou  en  fer,  l’emploi  de  l’appareil  tout  panneresses 
devient,  au  contraire,  pour  ainsi  dire  obligatoire,  avec  une  certaine  recherche  décorative  sous  peine  de 
pauvreté  d’aspect  ou  de  sécheresse.  On  verra,  par  les  exemples  que  nous  signalerons,  quelle  heureuse 
variété  d’effets  le  jeu  des  couleurs  permet  de  produire  avec  cet  appareil  cependant  si  simple. 

Dans  le  second  cas,  où  la  brique  n’est  employée  que  pour  la  construction  des  lignes  architectu- 
rales, et  où  les  remplissages  sont  rustiques,  mode  de  bâtir  économique,  qui  suppose  pour  les  édifices 
ainsi  traités  une  destination  d’ordre  secondaire,  de  la  simplicité  dans  les  lignes  architecturales  et  même 
une  certaine  rudesse  sont  de  règle.  La  liaison  solide  des  angles  de  murs  et  des  encadrements  de 
baies,  avec  les  parties  de  remplissage,  qui  s’impose  ici  constructivement  sous  la  forme  de  chaînes 
jetant  harpes,  peut  devenir  le  motif  principal  de  la  décoration.  Mais  on  peut  également,  au  lieu 
d'accuser  ces  harpes  en  les  renforçant  de  bossages,  ou  en  les  construisant  avec  des  briques  de  couleurs 
différentes,  les  dissimuler  complètement  sous  les  enduits  des  remplissages.  La  rigidité  des  lignes 
architecturales  est  encore,  alors,  une  condition  première,  car  il  s’agit  toujours  pour  elles  de  constituer 
une  solide  ossature  apparente;  mais  l’encadrement  des  panneaux  de  remplissage  peut  devenir  le  thème  d’une 


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décoration  spéciale,  où  le  jeu  des  saillies  et  des  couleurs  aurait  sa  raison  d’être.  Toutefois,  qu’on  y songe  : 
tant  vaut  le  tableau,  tant  doit  valoir  le  cadre;  à des  enduits  économiques  il  faut  un  cadre  simple;  c’est 
principalement  dans  les  proportions  de  ce  cadre  avec  l’étendue  des  panneaux  et  en  tenant  compte  de  leur 
coloris,  qu’il  faut  ordinairement  chercher  à produire  un  effet  agréable. 

Dans  le  troisième  cas,  où  la  brique  est  le  seul  élément  constitutif  mis  en  œuvre  sur  les  façades,  le 
champ  décoratif  est  vaste  sinon  entièrement  libre.  C’est  ce  champ,  surtout,  que  nous  allons  explorer  en 
décrivant  les  planches  de  cet  ouvrage.  Sur  ce  sujet,  nous  ne  dirons  donc  rien  ici,  mais  il  nous  parait 
nécessaire,  pour  éviter  à nos  lecteurs  toute  confusion  possible,  de  leur  indiquer  à l’avance  l'ordre  adopté 
par  l’auteur  pour  le  classement  de  ces  planches.  Des  constructions  diverses  soigneusement  choisies  par  lui 
pour  leur  valeur  propre  ainsi  que  pour  servir  d’exemples  d’application  aux  diverses  catégories  d’exemples 
décoratifs  de  détail  que  contient  l'ouvrage,  et  pour  la  plupart  présentées  sous  la  forme  de  monographies 
complètes  sur  une  seule  planche,  sont  intercalées  entre  ces  catégories  diverses,  dont  l’objet  successif, 
comme  nous  l’avons  dit  dans  notre  Introduction,  est  la  composition  de  briquetages  avec  chacun  des  six 
appareils  constructifs  maintenant  bien  connus,  d’abord  pour  des  surfaces  unies  illimitées,  puis  pour 
des  surfaces  limitées,  ensuite  pour  des  saillies  simples  et  enfin  pour  des  saillies  combinées. 

Un  dernier  mot  : Il  est  certain  qu’avec  l’un  ou  l’autre  des  six  appareils  précédemment  décrits,  et 
dont  nous  reparlerons  dans  la  description  des  planches,  on  peut  élever  de  solides  constructions;  toutefois, 
dans  quelques-uns  leliaisonnemment  des  briques  est  moins  parfait  que  dans  les  autres.  L’espace  forcément 
restreint  dans  lequel  nous  sommes  enfermé  par  le  titre  même  de  cet  ouvrage,  nous  interdit  l’étude 
méthodique  et  détaillée  de  l’emploi  général  des  briques  au  point  de  vue  constructif.  Cependant,  comme 
nous  l’avons  déjà  dit,  nos  lecteurs  trouveront  dans  la  description  des  planches  de  quoi  les  satisfaire  com- 
plètement, sur  la  plupart  des  cas  qui  peuvent  se  présenter  dans  la  pratique  courante  des  constructions. 
Il  ne  nous  reste  plus  à parler  maintenant  que  de  la  parure  finale  des  façades  en  briques. 


JOINTOIEMENTS 

Quand  l’édifice  est  élevé  et  qu’on  est  sur  le  point  de  retirer  les  derniers  échafaudages,  viennent  les 
jointoyeurs,  qui  sont  aux  briqueteurs  ce  que  les  fileurs  sont  aux  peintres,  des  spécialistes,  gens  généra- 
lement fort  habiles,  mais  souvent  aussi  routiniers.  11  n’est  pas  absolument  nécessaire  que  la  façade  qui 
leur  est  livrée  soit  en  briques,  pour  qu’il  sorte  de  leurs  mains  un  parement  de  briques  apparentes  par- 
faitement jointoyé  à l’anglaise,  ni,  si  la  construction  est  en  briques,  que  ces  briques  soient  toutes  d’une 
couleur  bien  égale  et  bien  franche,  et  bien  appareillées  entre  elles,  pour  que  la  façade  apparaisse  fina- 
lement aussi  parfaite  de  coloris  que  de  jointoiement.  Avec  de  l’ocre  rouge  ou  jaune,  du  noir  de  charbon 
(non  pas  du  noir  de  fumée,  qui  a moins  de  corps  et  se  délaye  moins  également  dans  l’eau),  de  l’acide 
chlorhydrique,  du  sulfate  de  fer,  de  l’alun,  de  la  chaux  et  du  grès  bien  blancs,  quelquefois  du  ciment 
également  blanc,  dit  anglais,  provenant  de  Conflans-Charenton,  enfin  de  l’eau  pure  en  petite  quantité 
mais  de  l'huile  de  coude  en  abondance,  puis  un  léger  outillage  plus  ou  moins  perfectionné,  il  est  possible, 
en  effet,  avec  un  peu  d’habileté  par  surcroît,  de  faire  merveille.  Pas  n’est  besoin,  hâtons-nous  de  le 
dire,  ni  de  bière  ni  d’œufs  frais,  que  certains  jointoyeurs,  exploitant  la  crédulité  des  châtelains  enthou- 
siastes, savent  se  faire  donner  pour  le  bien  soi-disant  de  leurs  travaux,  mais  en  réalité  pour  se  faire 
bons  déjeuners  et  gorges  chaudes. 

Le  jointoiement  à l’anglaise  comprend  quatre  opérations  successives,  savoir  : d’abord  le  nettoyage 
des  façades  à jointoyer,  ensuite  le  rebouchage  des  joints  dans  le  ton  naturel  des  briques,  puis  la  coloration 
des  briquetages  et,  enfin,  le  jointoiement  décoratif. 

La  première  opération  consiste  à enlever  les  taches  de  mortier  qui  maculent  la  face  des  briques,  et 
à dégrader  les  joints  pour  le  rebouchage  en  mastic  coloré  qui  constitue  l’opération  suivante.  Il  est  difficile, 
pour  ne  pas  dire  impossible,  d’enlever  complètement  au  grattoir  et  à l’eau  pure  la  trace  de  ces  taches, 
mais  il  n’est  pas  nécessaire  de  procéder  à un  brossage  énergique  avec  la  brosse  en  fils  de  fer,  comme 


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quelques  architectes  l’exigent;  la  brosse  de  chiendent  suffit,  en  employant,  toutefois,  de  l’eau  additionnée 
d’une  forte  portion  d’acide  chlorhydrique,  pour  faire  rapidement  place  nette.  Un  lavage  consécutif,  à 
grande  eau  pure,  est  indispensable.  Nous  ferons  observer  que  les  murs  élevés  par  des  briqueteurs  de  pro- 
fession sont  toujours  plus  nets  que  ceux  bâtis  par  des  maçons  ordinaires.  On  ne  saurait  donc  trop  recom- 
mander, pour  la  régularité  des  briquetages  ainsi  que  pour  leur  propreté,  de  ne  livrer  la  construction  des 
façades  en  briques  apparentes  qu’à  des  mains  expérimentées. 

Le  rebouchage  des  joints  en  mastic  teinté  dans  le  ton  des  briques,  a pour  objet,  en  principe,  de 
relier  ces  briques  l’une  à l’autre  en  surface  lisse  continue,  pour  le  développement  régulier  des  joints  déco- 
ratifs; mais  il  s en  faut  de  beaucoup  qu  il  se  limite  exactement  au  remplissage  des  joints  de  briques,  par 
suite  de  l’irrégularité  de  planimétrie  des  briquetages,  due  soit  à la  forme  plus  ou  moins  déjetée  des 
briques,  soit  à l’inhabileté  de  leur  mise  en  œuvre.  Quoique  fait  dans  le  ton  des  briques,  quoique  dissi- 
mulé ensuite  sous  une  peinture  générale,  on  aperçoit  toujours  plus  ou  moins  ses  bavures  inégalement 
débordantes  sur  la  face  des  briques.  Il  est  assurément  regrettable  que  de  la  belle  terre  cuite  soit  ainsi 
polluée,  sous  prétexte  de  jointoiement,  mais  le  système  est  commode  et  fournit  toujours,  au  premier 
aspect,  des  parements  agréables,  aussi  son  usage,  tout  abominé  qu’il  soit  par  nombre  d’architectes,  ne 
fait-il  et  ne  fera-t-il  certainement  que  s’accroître.  La  qualité  du  mastic  influe  beaucoup  sur  la  bonne 
exécution  de  ce  rebouchage.  Quelques-uns  emploient  de  la  chaux  hydraulique  ou  même  du  ciment,  mais 
la  chaux  grasse  est  préférable;  elle  fournit  un  mortier  plus  léger,  plus  glissant  sous  la  truelle  et  ne  durcis- 
sant pas  moins  avec  le  temps,  qui  peut,  en  outre,  s’employer  sans  risque  de  retrait  trop  rapide  et  de 
fendillements  sous  une  température  élevée.  On  choisit  une  bonne  chaux  parfaitement  pure  et  blanche, 
que  1 on  éteint  et  tamise  soigneusement,  — la  fleur  de  la  chaux,  pour  ainsi  dire,  celle  même  dont  on 
doit  se  servir  pour  confectionner  les  joints  blancs  décoratifs;  on  la  mélange  avec  égale  partie  de  grès 
pulvérisé  et  tamisé,  bien  fin,  bien  propre  et  bien  blanc,  et  l’on  ajoute  à ce  mélange  une  quantité  suffi- 
sante d’ocre  rouge  ou  jaune,  ou  de  noir  de  charbon,  pour  arriver  au  ton  des  briques;  puis  on  brasse  le 
tout  énergiquement,  avec  le  moins  d’eau  possible,  pendant  longtemps  et  à plusieurs  reprises.  Le  mastic 
restant  des  travaux  de  la  veille  et  de  nouveau  rebattu,  est  plus  doux  à l’emploi  que  le  mastic  du  jour. 
Quand  les  façades  comprennent  des  briquetages  de  couleurs  différentes,  le  rebouchage  sur  les  lignes  de 
contact  se  fait  avec  le  mastic  le  plus  clair,  et  ses  bavures  sur  le  champ  des  briquetages  plus  foncés  sont 
peintes  en  réchampissage  lors  de  l’exécution  de  l’opération  suivante. 

La  troisième  opération  n’est,  qu’on  nous  passe  le  mot,  qu’un  simple  peinturlurage,  non  à l’huile 
(cela  se  fait  pourtant  en  peignant  aussi  les  joints  blancs  décoratifs),  car  les  joints  blancs  en  mortier 
resteraient  alors  sans  adhérence  avec  le  rebouchage  teinté  de  l’opération  précédente,  mais  fait  avec  une 
dissolution  variable  de  couleurs  minérales  dans  de  l’eau  additionnée  d’une  certaine  quantité  de  subs- 
tance mordante,  sulfate  de  fer  ou  alun,  dans  la  proportion  d’environ  25  grammes  par  litre  d’eau.  Si  la 
couleur  doit  être  rouge,  on  se  sert  de  sulfate  de  fer  et  d’ocre  rouge,  en  y ajoutant  du  noir  de  charbon 
pour  arriver  au  brun,  ou  en  n’employant  que  du  noir  s’il  s’agit  de  cette  dernière  couleur;  pour  le  jaune 
on  se  sert  d’alun  et  d’ocre  jaune  dissous  dans  un  lait  de  chaux.  Cette  peinture  s’applique  à la 
volée,  avec  le  pinceau  ou  la  brosse  molle,  sans  autre  précaution  que  d’en  limiter  l’étendue  aux  brique- 
tages de  couleurs  différentes  auxquelles  elle  se  rapporte.  C’est  alors  que  se  fait  le  réchampissage  en 
bordure  des  joints,  dont  nous  parlions  précédemment.  Puis  on  laisse  sécher  et  l’on  procède  au  join- 
toiement décoratif.  L’intensité  de  cette  peinture  varie  suivant  la  nature  des  briques;  plus  leur  dureté  est 
grande  et  plus  on  l’atténue,  jusqu’à  la  supprimer  parfois,  mais  rarement,  quand  leur  couleur  est  franche 
et  que  les  jointoyeurs  sont  bien  attentionnés;  elle  ne  pourrait  tenir  sur  les  parties  vitrifiées  des  briques. 
Sa  résistance  aux  pluies  est  grande  et  ce  n’est  le  plus  souvent  qu’à  la  longue  qu’elle  finit  par  s’altérer. 

Le  jointoiement  décoratif  proprement  dit  est  l’opération  capitale.  Le  mastic  dont  on  se  sert  pour 
l’exécuter  est  formé,  comme  nous  l’avons  déjà  dit,  de  parties  égales  de  fleur  de  chaux  grasse  et  de  sable 
fin  quartzeux,  tous  deux  bien  blancs  et  battus  ensemble  à outrance  avec  le  moins  d’eau  possible.  Quel- 
ques jointoyeurs  veulent  absolument  qu’on  ajoute  à ce  mélange,  nous  ne  savons  pourquoi , gros  comme 


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un  œuf  de  spath  de  Villepreux  (près  Saint-Cyr)  et  un  blanc  d’œuf,  pour  un  décimètre  cube  environ 
de  mastic.  D’autres  adjoignent  à la  chaux  un  peu  de  ciment  blanc  anglais,  fabriqué  par  la  maison 
Chartier  de  Conflans-Charenton  ; c’est  ce  ciment,  disent-ils,  qui  assure  l’adhérence  des  joints.  D’autres 
encore,  enfin,  n’emploient  que  ce  ciment,  à l’exclusion  de  la  chaux.  C’est  de  lui,  en  effet,  et  gâché  avec 
du  blanc  d’œuf  ou  une  dissolution  de  gomme  arabique,  que  se  servent  les  raccommodeurs  de 
porcelaines,  pour  en  recoller  les  morceaux;  mais  il  ne  fournit  que  des  joints  sans  résistance  aux 
injures  de  l’atmosphère  : la  pluie  les  mange,  disent  les  jointoyeurs  partisans  de  la  seule  chaux 
grasse,  et  cela  est  vrai.  11  faut  tracer  les  joints  avant  de  procéder  à l’application  du  mastic.  Les  lignes  du 
rebouchage  teinté  sont  une  indication  pour  ce  tracé,  mais  que  l’on  ne  suit  pas  toujours  exactement,  avec 
raison,  dirons-nous,  quand  le  briqueteur,  par  exemple,  a commis  des  erreurs  dans  la  disposition  des  ap- 
pareils, comme  cela  n’arrive  que  trop  souvent.  Aussi  voit-on  parfois  des  joints  de  rebouchage  teinté  per- 
cer en  pleine  brique  décorative,  et  des  joints  décoratifs  couper  en  deux  une  face  de  brique  réelle  : faute 
qui  n'est  pas  reprochable  aux  jointoyeurs,  assurément,  ni  seulement  aux  briqueteurs,  mais  également  au 
système  de  jointoiement  adopté,  commode  jusqu’au  mensonge,  ce  qui  le  caractérise.  L’application  du 
mastic  se  fait  avec  une  petite  truelle  d’acier,  étroite  et  relativement  longue.  Le  joint  doit  être  aussi  mince 
que  possible,  d’un  millimètre  d’épaissenr  tout  au  plus,  et  large  de  7 à 8 millimètres  seulement,  sous  peine 
de  lourdeur  d’aspect.  Les  Anglais  le  font  souvent  moins  large  et  moins  épais  encore.  Quelques  join- 
toyeurs, s’inspirant  mal  à propos  des  habitudes  hollandaises,  donnent  aux  joints  verticaux  une  largeur 
moindre  qu’à  ceux  horizontaux,  mais  cette  recherche  n’a  pas  ici  de  raison  d’être.  Le  mastic,  sous  la 
truelle  qui  le  lisse  en  appuyant  dessus  le  plus  possible  pour  en  assurer  l’adhérence  avec  le  mur,  s’écrase 
et  s’étend  en  balèvres  inégales  au  delà  de  la  largeur  prévue  des  joints,  lesquelles  balèvres  il  faut  couper 
ensuite  pour  garder  cette  largeur.  On  applique  et  découpe  les  joints  horizontaux  avant  ceux  verticaux.  Un 
jointoyeur  que  nous  ne  pouvons  nous  éviter  de  citer,  M.  Gilles,  exposant  en  1878,  se  sert,  pour  l’applica- 
du  mastic,  d’un  fer  plat  ayant  juste  la  largeur  des  joints  au  lieu  d’une  truelle.  Sous  la  pression  du  1er,  le 
mastic  forme  des  balèvres  comme  précédemment,  mais  beaucoup  moins  grandes,  et  la  largeur  des  joints 
se  trouve  en  même  temps  tracée  par  les  arêtes  du  fer  dans  le  mastic,  d’où  une  facilité  pour  le  découpage 
régulier  de  ces  joints.  De  plus,  au  lieu  de  faire  ce  découpage  avec  la  pointe  tranchante  d un  couteau  simple 
ou  à deux  lames  parallèles,  suivant  la  méthode  ordinaire,  qui  oblige  souvent  à gratter  ensuite  ces  balèvres 
pour  les  enlever  du  mur,  M.  Gilles  l’exécute  avec  une  tranche  également  simple  ou  double,  mais  armée 
d’un  repli  en  équerre  à chaque  pointe,  en  forme  de  crochet,  de  manière  à enlever  les  balèvres  en  même 
temps  qu’on  les  coupe,  sans  avoir  à craindre  d’abimer  la  couche  de  couleur  sous-jacente.  11  tant  que  le 
briquetage  soit  bien  régulier  pour  que  l’on  puisse  se  servir  du  couteau  à deux  lames.  Les  joints  verticaux 
ne  se  découpent  généralement  qu’avec  celui  à lame  unique.  M.  Gilles  se  sert  aussi,  pour  guide  d applica- 
tion et  de  découpage  des  joints,  d’une  règle  munie  d’un  niveau  à bulle  d’air,  assurant  1 horizontalité  par- 
faite des  joints.  Pour  augmenter  la  solidité  des  joints  horizontaux,  il  les  incruste  dans  une  double  rainure 
pratiquée  à l’avance  dans  le  rebouchage  teinté  des  joints  de  briques,  quand  ce  rebouchage  est  encore  mal- 
léable. Enfin,  en  appliquant  les  joints  avec  un  fer  creusé  en  demi-cercle  ou  en  triangle,  il  obtient  des  joints 
saillants  de  ces  formes.  Les  joints  horizontaux  sont  ici  traînés  les  derniers,  et  l’on  raccorde  ensuite  sur 
eux  les  joints  verticaux  que  le  passage  en  ligne  droite  du  fera  coupés.  Nous  ne  pouvons  recommander  ni 
cette  incrustation,  entraînant  une  augmentation  de  dépense  qui  ne  nous  parait  pas  justifiée  par  une  utilité 
correspondante  bien  démontrée,  ni  les  joints  saillants  fantaisistes. 

Nous  avons  dit  qu’il  n’était  pas  nécessaire  que  la  construction  fût  en  briques  pour  obtenir  un  parement 
de  briques  apparentes  parfaitement  jointoyées  à l’anglaise.  Il  suffit  pour  cela  d’appliquer  le  badigeonnage 
acide  fortement  chargé  d’ocre  de  la  deuxième  opération  ci-dessus  décrite,  sur  un  enduit  ordinaire  en  plâ- 
tre ou  en  ciment,  mais  en  prenant  la  précaution,  s’il  s’agit  de  ciment,  d’en  laver  d abord  la  surface  avec  de 
l’eau  fortement  acidulée.  Nous  préférons  toutefois  le  procédé  qui  consiste  à faire  un  enduit  en  plâtre  ou 
en  ciment  coloré  en  ton  brique  et  dressé  avec  l’arête  à dents  de  la  truelle  brettée,  sur  lequel  le  jointoyeur 
vient  ensuite  appliquer  son  badigeonnage  et  son  jointoiement  décoratif.  On  tire  un  excellent  parti  de  1 em- 


ploi  d’un  plâtre  chargé  de  mouchettes  et  des  débris  de  charbon  résultant  de  sa  cuisson  au  bois.  La  fausse 
brique,  préparée  avec  un  enduit  de  ce  genre,  ressemble  à s’y  méprendre,  après  le  jointoiement  à l’an- 
glaise, à de  la  brique  naturelle. 

Dans  les  Pays-Bas,  comme  on  a pu  le  voir  à l’Exposition  de  1878,  on  encadre  aussi  souvent  de 
joints  blancs  les  briques  des  façades  ornées,  mais  sans  rebouchage  préalable  et  sans  badigeonnage.  Les 
joints  sont  fins;  ceux  horizontaux  ont  à peine  7 millimètres  de  largeur  et  ceux  verticaux  3 millimètres. 
Ils  sont  faits  avec  le  mortier  fluant  des  joints  de  la  construction,  taillés  en  bizeau  et  pour  ainsi  dire  indé- 
pendants des  briques  qu’ils  encadrent.  Les  briques  sont  souvent  petites  et  sans  arêtes  vives,  comme  celles, 
par  exemple,  des  bords  de  l’Yssel,  avec  lesquelles  on  avait  construit  à l’Exposition  une  reproduction  de  la 
porte  de  Nimègue,  de  sorte  que  les  joints,  tout  en  étant  coupés  au  nu  même  du  parement,  semblent  par- 
fois être  en  saillie  sur  ces  briques  et  parfois  débordés  par  elles.  L’efiét  décoratif  ainsi  obtenu  est  plein 
de  légèreté  et  de  mouvement,  mais  le  découpage  des  joints  est  un  travail  de  précision  dont  le  coût  doit 
être  élevé. 

En  Picardie,  on  encadre  aussi  les  briques  de  joints  saillants  régulièrement  découpés,  mais  on  leur 
donne  jusqu’à  deux  centimètres  de  largeur;  ils  sont  grossièrement  exécutés.  La  brique  est  souvent 
peinte  à l’huile  entre  eux,  et  quelquefois  eux-mêmes  sont  réchampis  de  peintures.  Nous  ne  présentons 
pas  ce  système  comme  un  modèle  à imiter. 

Les  joints  plats  décoratifs  du  jointoiement  à l’anglaise  sont  quelquefois  remplacés  par  des  joints 
creux  ou  formant  baguette,  tramés  dans  l’épaisseur  du  rebouchage  des  joints  de  briques.  Dans  ce  cas,  il 
n’est  plus  possible  de  faire  passer  les  joints  à travers  le  plein  des  briques,  ce  qui  est  un  progrès.  Mais 
l’exécution  de  ces  joints  présente  certaines  difficultés.  Tantôt  le  rebouchage  se  fait  en  mastic  blanc  ; on 
traîne  les  joints,  puis  on  exécute  sur  chaque  brique,  isolément,  en  prenant  garde  d’atteindre  les  joints,  le 
coloriage  qui  constitue  la  troisième  opération  du  jointoiement  ordinaire  à l’anglaise.  D’autres  fois,  par- 
dessus un  premier  rebouchage  en  mastic  blanc  légèrement  enfoncé  en  arrière  du  nu  des  briques,  on  en 
fait  un  second  en  mastic  teinté,  qui  n’a  que  l’épaisseur  d’un  enduit  d’apprêt  de  peinture  et  qui  affleure  le 
nu  du  parement,  puis  on  badigeonne  en  plein  ce  parement,  comme  à l’ordinaire  ; après  quoi,  ayant  tracé 
les  joints,  on  enlève  la  couverte  d’enduit  teinté,  dans  la  largeur  de  ces  joints,  ce  qui  s’exécute  facilement 
avec  le  tranchant  d’une  bandelette  mince  d’acier  repliée  en  paire  de  pincettes,  et  en  se  guidant  avec  une 
règle.  Ensuite,  avec  un  fer  spécial,  on  imprime  la  baguette  dans  l’épaisseur  du  rebouchage  de  mastic 
blanc,  en  le  lissant  avec  force.  Enfin,  on  se  contente  parfois  de  badigeonner  le  parement  sur  un  rebou- 
chage en  mastic  blanc  à fleur  des  briques,  et,  avec  le  grattoir  en  bandelette  d’acier,  on  enlève  la  couleur 
comme  précédemment  l’enduit  teinté  ; l’opération  se  termine  ensuite  également  de  la  même  manière. 
Quand  on  veut  un  joint  en  cannelure,  on  le  creuse  d’abord  avec  le  grattoir  en  bandelette  d’acier,  et  on  le 
lisse  ensuite  avec  un  fer  un  peu  plus  gros  que  le  creux  pratiqué.  Nous  dirons  plus  loin  le  motif  de  cette 
manière  d’opérer.  On  termine  d’abord  les  joints  verticaux,  pour  que  les  joints  horizontaux  conservent  toute 
leur  netteté  individuelle.  Souvent  on  noircit  à la  pierre  ces  joints  creux,  ce  qui  fait  très  bien  avec  des  bri- 
ques jaunes,  mais  présente  une  certaine  sévérité  d’aspect. 

Le  jointoiement  des  façades  en  briques  se  fait  encore  de  deux  autres  manières  : ou  l’on  se  sert  des 
joints  mêmes  de  la  maçonnerie,  ou  l’on  procède  à un  rebouchage  après  une  dégradation  poursuivie 
jusqu’à  la  profondeur  de  (KOI 5 à 0n,.02. 

Dans  le  premier  cas,  dit  le  colonel  Demanet,  les  maçonneries  doivent  avoir  été  montées  à joints  bien 
pleins  et  bien  fluants  de  mortier.  Le  cirage  des  joints  se  fait  en  pressant  fortement  et  en  lissant  ce  mortier 
avec  une  petite  truelle  épaisse  et  étroite,  quand  il  a pris  assez  de  consistance  pour  subir  ce  travail  sans 
trop  céder  sous  la  pression.  11  faut  prendre  bien  garde  de  ne  pas  l’étaler  sur  la  face  des  briques.  C’est  le 
procédé  le  plus  répandu  dans  tous  les  pays.  Il  s’exécute  parfois,  dans  un  but  tout  décoratif,  avec  un  mortier 
de  chaux  blanche,  des  joints  fins  et  des  briques  de  choix,  en  coupant  les  joints  bien  régulièrement  au  nu 
des  briques  et  en  les  lissant  proprement.  Entre  cette  dernière  manière,  employée  parfois  en  Angleterre  et 
en  Normandie,  mais  beaucoup  plus  rarement  aujourd’hui  qu’autrefois,  et  le  jointoiement  taillé  ef  découpé  des 


Pays-Bas,  il  existe  quelque  rapport  ; toutefois,  celui-ci  nécessite  un  échafaudage  extérieur,  tandis  que  le 
jointoiement  du  système  précédent  s’exécute  sans  cet  échafaudage,  ainsi  que  se  bâtissent,  d’ailleurs,  la  plupart 
des  constructions  tout  en  briques;  les  briqueteurs  le  font  eux-mêmes  en  revenant  sur  leur  travail, 
après  avoir  monté  huit  à dix  rangs  de  briques. 

Dans  le  second  cas,  après  avoir  dégradé  les  joints,  on  lave  les  façades  à l’eau  claire,  dit  encore  le 
colonel  Demanet,  et  l’on  procède  au  rebouchage,  soit  avec  un  mortier  plus  fin  et  plus  hydraulique  que 
celui  de  la  construction,  et  parfois  coloré  diversement,  qu’on  lisse  à plat  comme  précédemment  ou  sur 
lequel  on  détache  au  fer  une  cannelure  ou  une  baguette,  soit  en  ciment  pur  de  Portland,  èt  sans  se 
préoccuper  alors  des  bavures  de  ce  rebouchage  sur  la  face  des  briques.  Sur  le  jointoiement  de  ciment  en 
plein,  on  trace  souvent  un  réseau  de  joints  creux.  Ces  joints,  ordinairement,  sont  refoulés  entièrement 
au  fer,  mais  il  arrive  souvent  que  le  ciment  déjà  durci  ne  cède  à la  pression  qu’en  se  broyant  plus  ou 
moins,  de  sorte  que  les  arêtes  des  cannelures  ne  viennent  pas  nettement  ou  s’émoussent  rapidement.  On  évite 
cet  inconvénient  en  évidant  d’abord  le  [creux  des  joints  avec  le  grattoir  en  bandelette  d’acier,  et  en  lissant 
ensuite  les  joints  avec  un  fer  plus  gros  que  le  creux  pratiqué,  comme  nous  l’avons  dit  ci-dessus. 

Sur  les  briquetages  de  fumisterie  industrielle,  les  fourneaux,  les  étuves,  les  conduits  de  fumée,  etc..., 
le  même  rebouchage  en  plein  avec  réseau  de  joints  creux  s’exécute  couramment,  mais  ce  rebouchage, 
au  lieu  d’être  fait  en  ciment,  l’est  avec  un  mortier  composé  d’une  partie  de  terre  à four  contre  trois 
parties  de  limaille  de  fonte  tamisée  et  passée  au  crible,  en  grains  de  1 à 2 millimètres  de  grosseur,  ni 
plus  fins  ni  plus  forts.  On  ajoute  au  mélange  un  peu  de  sel  ammoniac  en  poudre,  et  l’on  gâche  le  tout  en- 
semble avec  le  moins  d’eau  possible  et  en  le  brassant  énergiquement. 

Les  briqueteurs  qui  n’ont  pas  de  sel  ammoniac  sous  la  main  au  moment  nécessaire,  le  remplacent 
ainsi  que  l’eau  pure,  non  avantageusement  ni  proprement,  mais  suffisamment,  par  de....  l’urine. 


DESCRIPTION  DES  PLANCHES 


En  passant  la  revue  des  planches  de  dessins  qui 
composent  cet  ouvrage,  nous  n’avons  pas  seulement 
pour  but  de  les  accompagner  d’explications  utiles  par- 
ticulières, mais  principalement  d’étudier  sur  elles,  et  à 
l’aide  de  dessins  complémentaires , tout  ce  qui  se 
rapporte  à l’emploi  de  la  brique  ordinaire  : d’abord  les 
six  appareils  le  plus  'souvent  pratiqués  dans  la  con- 
struction des  murs  proprement  dits,  puis  la  manière 
de  résoudre  le  mieux  possible  les  difficultés  que  pré- 
sente l’emploi  rationnel  de  la  brique,  dans  nombre  de 
cas  très  variés  ; pour  la  construction,  par  exemple,  des 
jonctions  de  murailles  se  rencontrant  à angle  droit  ou 
obliquement,  des  retours  d’équerre  en  façade,  unis  ou 
cantonnés,  des  ressauts  divers  formés  par  les  pilastres, 
les  pieds-droits  de  portes  ou  de  fenêtres, etc.,  etc.  Les 
nombreuses  ligures  qui  élucident  notre  texte  nous  ont 
permis  d’être  bref.  Ilien  ne  vaut,  d’ailleurs,  comme 
clarté,  le  langage  des  dessins.  Nous  nous  sommes 
efforcé,  sans  rien  omettre  d’utile  dans  nos  descrip- 
tions, d’épargner  constamment  le  temps  et  la  fatigue 
de  nos  lecteurs. 

PLANCHES  I ET  II. 

Briquetages  • composés  avec  l'appareil  n°  1 . 

L’appareil  n°  1 (tuât  panneresses , fig.  1),  c’est-à-dire, 
composé  uniquement  de  briques  assemblées  àplat  dans 
le  sens  de  leur  longueur  (Voir  ci-dessus,  chap.  iii, 
Emploi  des  briques,  la  description  comparative  des 
divers  appareils  constructifs ) , ne  permet  de  former  que 
des  cloisons  de  O"1. 1 1 d’épaisseur,  et  ne  peut  guère  ser- 


Fig.  1. 


vir,  en  conséquence,  qu’à  des  ouvrages  d’importance 
secondaire  : à remplir,  par  exemple,  les  espaces  restés 
vides  entre  les  pièces  qui  constituent  l’ossature  d’un 
pan  de  bois  ou  d’un  pan  de  fer,  pour  des  poulaillers, 
des  pigeonniers,  des  cbâlets,  des  halles  et  des  mar- 
chés, etc.  On  l’emploie  aussi  quelquefois,  avec  avan- 
tage, pour  la  construction  de  certaines  cheminées  de 
cuisines,  d’alléges  de  fenêtres,  etc.  Ajoutons  qu’on  a 
tort  de  l’employer,  comme  on  le  voit  malheureu- 


sement souvent , en  revêtement  de  constructions  en 
pierre,  pour  simuler  des  assises  dans  les  trumeaux,  sans 
se  préoccuper  de  l’épaisseur  réelle  de  ces  trumeaux, 
toujours  plus  grande  que  celle  de  0“.ll,  à laquelle 
correspond  cet  appareil. 

PLANCHE  III. 

Application  de  V appareil  n°  1 aux  Halles 
et  Marchés. 

Nous  avons  cru  utile  de  réunir  sur  une  même  plan- 
che les  trumeaux  ou  panneaux  de  remplissage  des 
marchés  de  Paris,  les  plus  intéressants  au  point  de 
vue  de  l’emploi  de  la  brique.  Ces  trumeaux , de  0m.  1 1 
d’épaisseur,  n’offriraient  pas  assez  de  consistance, 
surtout  formantde  larges  travées,  s’ils  n’étaient  engagés 
de  quelques  centimètres  dans  les  coulisses  ménagées  à 
cet  effet  dans  les  côtés  latéraux  des  colonnes  [fig.  2). 

On  remarquera,  sur  la  plupart  des  figures  de  cette 
planche,  les  losanges  typiques  de  l’appareil  u°  1 , formés 
par  le  croisement  des  diagonales  de  joints  montants, 
en  forme  d’escalier  continu,  dont  nous  avons  parlé. 


Fig.  î. 


PLANCHE  IV. 

Application  de  l' appareil  n°  1 aux  Cheminées 
de  cuisines. 

La  brique  joue  souvent  un  rôle  important  dans  la 
construction  des  cheminées  de  cuisines.  Elle  est,  à 
cet  effet,  toujours  choisie  et  recherchée  pour  la  pu- 
reté de  sa  couleur  eL  la  finesse  de  son  grain,  plutôt  que 
pour  sa  dureté.  Ses  faces  placées  en  parement  sont 
soigneusement  usées  au  grès  avant  l’emploi,  pour  ob- 
tenir des  surfaces  parfaitement  unies. 

Les  cuisines  d’une  certaine  importance  possèdent  or- 
dinairement deux  cheminées,  l’une  contenant  le  four- 
neau laboratoire,  à simple  ou  à double  service,  ligures  1 
et  2,  Pl.  4,  et  l’autre,  figure  4,  Pl.  4,  ordinairement 
placée  en  face  de  la  première  et  servant  à rôtir  les 
grosses  pièces. 

Trois  des  quatre  chemi liées  que  nous  reproduisons 


sont  tirées  d'un  hôtel  du  boulevard  Arago.  Celle  repré- 
sentée par  la  figure  1 fait  partie  d’une  grande  cui- 
sine située  au  rez-de-chaussée,  et  celle  figure  2, 
d’une  cuisine  moyenne  située  au  premier  étage.  La 
cheminée,  figure  3,  se  trouve  dans  la  loge  du  con- 
cierge. Elle  contient  un  fourneau  spécial,  à deux 
réchauds,  avec  àtre  central  permettant  de  brûler  de  la 
houille  à feu  nu  dans  une  grille,  pour  le  chauffage 
d’hiver. 

PLANCHES  Y ET  VI. 

Briquetages  composés  avec  l'appareil  n°  2. 

Avec  cet  appareil  ( tout  boutisses ) on  ne  peut  con- 
struire, sans  couper  de  briques,  que  des  murs  de  0”.22 
d’épaisseur  (/ty.  3).  Si  la  nécessité  décorative  conduisait 


Fig.  3. 


ii  construire  avec  lui  des  murs  plus  épais,  il  serait  né- 
cessaire, pour  obtenir  une  liaison  convenable  en  tous 
sens,  de  ranger  les  demi-briques  en  continuité  sur 
les  deux  parements,  de  deux  en  deux  tas,  comme  le 
montre  la  fig.  4 ci-dessous,  et  non  pas  d’alterner  ces 

Fig.  4. 


demi-briques  avec  des  briques  entières,  dans  un 
même  tas , comme  le  mon  tren  t les  figures  suivantes.  Cette 
dernière  disposition  fig.  5 et  6),  employée  par  le  génie 

Fig.  5. 


militaire  dans  le  nord  de  la  France,  permet,  il  est  vrai, 
de  placer  en  parement  un  nombre  moitié  moindre  de 
demi-briques  qu’avec  la  disposition  précédente,  mais 
elle  présente  l’inconvénient  de  créer,  dans  le  plein  des 
murs,  des  lignes  verticales  continues  de  joints  sans 
liaison  aaa[fig.  5 et  6).  La  liaison  transversale  des  bri- 
ques entre  elles,  dans  le  sens  desparements,  est  moins 
grande  et  partant  moins  solide,  avec  cet  appareil  tout 
boutisses,  qu’avec  les  appareils  formés  de  boutisses  et 


de  panneresses.  Il  a encore  l’inconvénient  de  présen- 
ter en  parement  un  plus  grand  nombre  de  joints  ver- 
ticaux que  ceux-ci,  et  d’exiger  ainsi,  pour  le  seul 
jointoiement  des  façades,  une  première  main-d’œuvre 
plus  coûteuse  et  un  entretien  probable  plus  dispen- 
dieux. Son  unique  mais  réel  avantage  réside  dans  la 
possibilité  d’exécuter  avec  lui  nombre  de  briquetages 
décoratifs,  dans  le  genre  mosaïque  à point  régulier  de 
tapisserie,  que  la  présence  de  pannei’esses  rendrait 
impossibles. 

PLANCHE  VII. 

Application  des  appareils  n°  1 et  n°  2 
à des  Constructions  légères. 

Que  de  combinaisons  charmantes  permetla  brique  as- 
sociée au  bois  ou  au  fer,  pour  des  constructions  légères  du 
genre  de  celles  que  nous  présentons  ici  en  exemple  à nos 
lecteurs  ! Sans  insister,  quelques  observations,  cepen- 
dant, sont  nécessaires  : il  convient,  pour  la  solidité  de 
l’ensemble  ainsi  que  pour  l’aspect,  que  l’ossature  do- 
mine le  remplissage  : en  d’autres  termes,  que  les 
panneaux  soient  proportionnés  d’étendue  avec  la 
largeur  des  pièces  de  charpente  qui  les  encadrent,  et 
ne  soient  jamais  trop  grands  ; il  serait  bon,  pour  éviter 
les  disjonctions  apparentes  qui  surviennent  entre  les 
panneaux  et  les  poteaux , par  suite  du  jeu  de  ces  der- 
niers sous  les  influences  atmosphériques,  que  les 
panneaux  pénétrassent  toujours  convenablement  dans 
les  flancs  des  poteaux  [fig.  7 et  8)  ; il  serait  utile,  enfin, 


Fig.  7. 


dans  certains  cas,  pour  s’opposer  le  plus  possible  à la 
pénétration  des  pluies  chassées  par  le  vent  à travers 

Fig.  8. 

I 

les  panneaux  peu  épais,  de  les  peindre  extérieure- 
ment, si  la  brique  n’est  pas  suffisamment  imper- 
méable par  elle-même,  d’une  couche  de  badigeon 
incolore  à base  de  silicate  de  potasse,  ou  autre. 

PLANCHES  VIII  A XI. 

Briquetages  composés  avec  V appareil  ’n°  3. 

Cet  appareil,  dit  à chaîne  verticale  simple,  comme 
type  décoratif,  parce  qu’il  permet  seul,  en  enlevant 
par  la  pensée  les  boutisses  a,  a,  a [fig.  9 et  10),  de 


Fig.  9. 


former  sur  les  façades  comme  une  suite  régulière  de 


— 23 


chaînes  verticales  pareilles,  seulement  juxtaposées,  c, 
c,  c.  On  l’appelle  aussi  chaîne  anglaise,  parce  qu’il 
est  très  employé  en  Angleterre.  C’est  un  appareil 
très  solide  et  d’emploi  très  commode.  La  liaison  des 


briques  est  parfaite  dans  toute  l’épaisseur  des  murs, 
soit  de  O”. 22,  soit  de  Om.34,  soit  de  Om.45,  etc.  [fig.  9 

Pi  K.  13. 


à 14).  On  remarquera  que  tous  les  joints  de  pan- 
neresses  se  trouvent  sur  de  mêmes  lignes  verticales 
ainsi  que  tous  ceux  des  boutisses,  de  sorte  qu’il 
n’existe  jamais  qu’une  épaisseur  de  brique  entre  deux 
joints  montants  quelconques  situés  sur  la  même  verti- 
cale, tandis  que  dans  l’appareil  n°  4 on  trouve,  de 
deux  en  deux  verticales  de  joints,  trois  épaisseurs  de 
brique  entre  leurs  joints  successifs. 

PLANCHE  XII. 

Application  de  l'appareil  n°  3 à un  Bâtiment 
de  communs. 

Les  planches  19  et  74,  dont  nous  parlerons  à leur 
tour,  mais  auxquelles  nous  renvoyons  de  suite  le  lec- 
teur, ainsi  qu’au  texte  qui  les  accompagne,  présentent, 
avec  la  planche  12,  quatre  monographies  complètes 
d’écuries  et  remises,  quatre  types  différents  qui  mon- 
trent bien  quelle  riche  et  variée  décoration  on  peut 
obtenir,  à peu  de  frais,  avec  la  brique  ordinaire,  pour 
des  bâtiments  de  communs.  Ce  qui  saisit,  au  premier 
abord,  en  regardant  la  planche  12,  c’est  qu’il  règne 
ici  un  luxe  sévère  et  sans  ostentation,  réglé,  mesuré, 
mais  s’affirmant,  basé  sur  une  fortune  bien  assise. 
Nous  n’ajouterons  rien  à cette  remarque,  si  ce  n’est 
que,  sans  la  coloration  fournie  par  l’emploi  de  briques 


de  deux  couleurs  bien  assorties,  il  n’eùt  pas  été  pos- 
sible d’obtenir  un  effet  aussi  réussi. 


PLANCHES  XIII  ET  XIV. 


Briquetages  composés  avec  l'appareil  n°  4. 


L’appareil  n“  4,  dit  en  croix  ou  à diagonales  losangi- 
ques  continues  inclinées  à 45  degrés , plus  solide  et  plus 
beau  que  l’appareil  précédent,  convient  surtout  aux 
grandes  surfaces,  sur  lesquelles  il  peut  libremenl 
développer  ses  lignes  de  joints  en  escalier  et  ses 
losanges  carrés  de  toutes  les  dimensions  qu’on  veut. 
Il  perd  beaucoup  sur  les  surfaces  restreintes,  et  de- 
vient alors  d’un  emploi  difficile  pour  le  raccorde- 
ment régulier  des  angles  de  baies.  Composé,  comme 
le  précédent,  d’assises  alternées  de  boutisses  etdepan- 
neresses  (/ ïg . 15  à 18),  il  n'en  diffère  que  par  le  chevau- 


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Fig.  16. 


Fig.  17. 


cbement  de  ses  panneresses  superposées  de  deux  en 
deux  assises,  de  sorte  que  tous  les  joints  de  boulisses 
se  trouvent  encore  situés  sur  des  mêmes  lignes  verti- 
cales, tandis  que  les  joints  de  panneresses,  ne  se  cor- 
respondent plus  que  de  cinq  en  cinq  tas.  Cet  éloigne- 
ment des  joints  correspondants  de  panneresses  con- 
stitue la  solidité  plus  grande  de  cet  appareil,  comparé 
au  précédent.  De  même  que  ce  dernier,  il  permet  de 
construire  des  murs  parfaitement  liaisonnés  suivant 
toutes  les  épaisseurs.  Peu  employé  à Paris,  on  le  trou- 
ve, en  revanche,  appliqué  fréquemment  dans  le  nord 
de  la  France  ainsi  qu’en  Angleterre,  mais  surtout  en 
Belgique.  C’est  l’appareil  flamand  proprement  dit. 

PLANCHE  XV. 

Application  des  appareils  n°  3 et  ?i°  4 
à des  Fontaines. 

La  construction  des  fontaines  nécessite  toujours 
l’emploi  de  matériaux  capables  de  résister  â l’humi- 
dité constante,  aux  rejaillissements  de  l’eau,  aux  ge- 


lées  et  aux  chocs,  tout  au  moins  dans  le  voisinage  des 
vasques.  Peut-être  la  pierre  et  la  fonte  conviennent- 
elles  mieux  généralement  que  la  brique  pour  cet  objet; 
mais  on  peut  cependant,  avec  des  briques  de  bonne 
qualité,  unhourdisde  ciment  et  un  jointoiement  appro- 
prié, construire  les  fontaines  dont  la  planche  XV  fournit 
les  types.  Les  deux  premières  sont  isolées  et  lesautres 
sont  adossées  à des  murs.  Les  soubassements,  les 
vasques  et  quelques  autres  parties  sont  en  pierre.  Tout 
le  reste  est  en  briques. 

PLANCHES  XVI  ET  XVII. 
Briquetages  composés  avec  l'appareil  n°  5. 

Cet  appareil,  dit  à double  chaîne  verticale  emboîtée , 
parce  qu'il  présente,  en  effet,  une  alternance  régulière 
de  deux  chaînes  pareilles  mais  décrochées  d’un  tas, 
alternativement,  et  emboîtées  entre  elles,  se  compose, 


en  parement,  de  boutisses  et  de  panneresses  alternées 
à la  fois  dans  chaque  tas  et  d’assise  en  assise  succes- 

Pig.  21. 


sivement  {ftg.  19  à 28).  11  est  très  beau  et  d’apparence 
solide,  mais  il  est  loin  d’avoir,  à ce  dernier  point  de 
vue,  la  valeur  des  deux  appareils  précédents.  La 
liaison  des  briques  n’est  pas  complète  dans  toute 

Fig.  23. 


l’épaisseur  des  murs,  car  on  ne  peut  éviter  la  conti- 
nuité des  joints  verticaux  aux  points  a a [fîg.  20  à 
26).  De  plus,  pour  la  construction  des  murs  deOra.34 
et  de  0m.45  d’épaisseur,  on  se  trouve  obligé  d’em- 
ployer des  demi-briques,  au  double  détriment  de  la 


solidité  et  de  l’économie,  comme  nous  l'avons  montré 
en  parlant  de  l’appareil  n°  2. 


Fig.  2S. 


Cet  appareil  n°  5 est  très  employé  à Paris  ainsi 
qu’en  Angleterre,  concurremment  avec  l’appareil  n°  3. 
Il  pourrait  servir  avec  avantage  à construire  des  murs 
creux  (fig.  27  et  28). 

Fig.  27. 


PLANCHE  XVIII. 

Application  de  l'appareil  n°  5 à un  Chalet 
d' habitation  bourgeoise. 

Nous  donnons  dans  cette  planche  la  monographie 
complète  d’un  chalet  exécuté  à Brunoy,  par  M.  Davioud, 
architecte.  Cette  construction,  dans  laquelle  la  pierre, 
la  brique,  le  bois,  la  faïence  et  l’ardoise,  se  marient 
agréablement  dans  un  ensemble  parfaitement  pondéré 
de  lignes,  de  masses  et  de  couleurs,  est  un  excellent 
exemple  de  l’effet  qu’on  peut  obtenir  en  laissant  la 
brique  jouer  un  rôle  dominant.  Le  soubassement  seul 
est  en  pierre.  Accompagné  du  bandeau  blanc  cou- 
rant sous  l’appui  des  fenêtres  du  rez-de-chaussée,  il 
dessine  nettement  et  sans  lourdeur  aucune  l’assiette 
de  l’édifice  qui  le  surmonte.  Les  façades  de  briques 
sont  construites  avec  l’appareil  u*  5.  Elles  sont  unies 
et  seulement  décorées  d’un  briquetage  à deux  tons, 
rouge  et  noir-bleu,  celui-ci  formant  fond,  enlaçant  le 
rouge  de  toutes  parts  et  en  atténuant  l’éclat  trop  vif 
sous  un  reflet  légèrement  violacé.  Telle  esl  la  note  do- 
minante et  de  caractère  neutre  qu’avivent,  doucement, 
d’abord,  le  ton  bois  du  balcon  découpé  à jour,  et  plus 
vivement,  ensuite,  plus  agréablement  aussi,  dans 
l’ombre  de  la  toiture  saillante,  les  bleus  brillants  de  la 
frise  de  faïence.  Au-dessus  vient  le  toit  d’ardoise 
aux  reflets  noirs-bleus  changeants,  détachant  sur  le 
clair  du  ciel  sa  silhouette  élancée  et  sa  crête  ajourée; 
masse  imposante,  s’alourdissant  dans  l’ombre,  mais 
proportionnée  d’importance  avec  le  corps  de  bâtiment 


— 25  — 


qu’elle  termine,  et  qui  s’éclaire  différemment  selon 
l’heure  du  jour  : absorbant  les  rayons  du  soleil,  en 
quelque  sorte,  d’autant  plus  doucement  pour  le  re- 
gard que  le  soleil  est  plus  haut  sur  l’horizon,  ou  fai- 
sant miroiter  la  surface  lisse  de  ses  pans  sous  les 
clartés  de  la  pleine  lune.  — Richesse  sans  ostentation, 
sévérité  sans  sécheresse,  voilà  ce  que  l’architecte  a pu 
dire  en  harmonisant  les  teintes  fondues  de  son  décor: 
« Urique  rouge  encadrée  de  brique  noire-bleue  », 
voilà  la  note  dominante  qu’il  a su  mettre  habilement 
en  valeur.  Nous  recommandons  cet  exemple  àl’atten- 
tio  i éclairée  de  nos  lecteurs. 


PLANCHE  XIX. 

Application  de  V appareil  n°  5 à des  Bâtiments 
de  Communs. 

La  brique  ordinaire,  avec  son  ton  rouge  prédomi- 
nant, convient  parfaitement  aux  bâtiments  de  com- 
muns, dont  les  façades,  toujours  peu  ajourées,  pré- 
sentent de  grandes  surfaces  pleines  nécessitant  une 
décoration  appropriée  à l’usage  de  ces  bâtiments.  Le 
ton  uni  de  la  pierre  est  trop  calme  et  trop  sévère  pour 
ces  surfaces;  la  pierre  moulurée  et  sculptée  serait  trop 
riche;  les  ravalements  en  plâtre,  revêtus  de  peintures, 
seraient  trop  pauvres  et  d'un  entretien  trop  coûteux. 
La  brique  seule  permet  ici  de  satisfaire  aux  conditions 
multiples  de  solidité,  d’aspect  agréable,  de  conve- 
nance et  de  réelle  économie. 

Dans  les  deux  types  figurés  sur  la  planche  19,  la 
brique  joue  un  rôle  différent.  Sur  la  face  de  la  vaste 
écurie  élevée  par  M.  Carrier,  pour  MM.  Ilawes,  rue 
François-I",  elle  est  subordonnée  à la  pierre,  construc- 
tivement et  décorativement.  On  remarquera  l’excellent 
effet  que  produisent  les  points  noirs  parsemés  symé- 
triquement dans  les  bandes  rouges  courant  entre  les 
assises  de  pierres  saillantes  : sans  ces  points  noirs, 
qui  relèvent  et  affermissent  ces  bandes,  les  assises  de 
pierre  eussent  peut-être  paru  trop  lourdes.  Sur  les 
façades  de  la  cour  des  communs  de  la  riche  maison 
bourgeoise  élevée  à Neuillv,  par  M.  Galand,  la  brique 
joue,  au  contraire,  un  rôle  dominant  à tous  les  points 
de  vue  : c’est  le  ton  orangé,  composé  de  jaune  et 
de  rouge  en  proportions  convenables,  avec  une  pointe 
de  noir,  que  reflète  ici  l’ensemble  des  façades  ; cou- 
leur à la  fois  claire  et  chaude  par  tous  les  temps,  douce 
aux  yeux  sous  les  plus  ardents  rayons  du  soleil,  riche 
et  gaie.  Et  ce  brillant  décor,  ajouterons -nous,  ne 
vaut-il  pas  mieux  que  des  façades  ternes,  agrémentées 
de  moulures  quelconques,  pour  encadrer  convenable- 
ment le  luxe  des  voitures  de  maître  et  des  chevaux  de 
sang  ? 

La  brique  sert  souvent  à former  le  sol  des  écuries, 
et  l’on  trouve  aujourd’hui  dans  le  commerce,  pour 
cet  objet,  des  briques  grésées  ou  des  pavésde  grès 
céramiquequi  sont  d’un  excellent  usage. 


PLANCHE  XX. 

Applicationde  l'appareil  n°b  à un  Pigeonnier . 

Les  planches  7 et  43  présentent  deux  autres  exem- 
ples de  pigeonniers  construits  en  briques.  Dans  la 
planche  7,  dont  nous  avons  déjà  parlé,  la  brique  est 


en  majeure  partie  subordonnée  à la  charpente  en  bois. 
Dans  la  planche  43,  au  contraire,  la  brique  est  l’élé- 
ment constructif  principal,  mais  elle  sert  à former  une 
tour  ronde  renfermant  un  haut  réservoir  cylindrique, 
autour  duquel  serpente  une  échelle  de  service  en  fer 
conduisant  à un  campanile  servant  de  pigeonnier,  le- 
quel est  construit  en  charpente,  avec  remplissage  de 
brique  apparente,  et  ne  contient  qu’un  petit  nombre 
de  nids.  Dans  la  planche  20,  il  s’agit  d’un  pavillon 
octogone  construit  en  briques,  avec  angles  en  pierre, 
divisé  en  deux  parties  sur  sa  hauteur  par  un  plancher 
d’étage,  et  communiquant,  au  rez-de-chaussée,  avec 
une  volière  grillagée  entourante,  et  éclairée,  au-dessus 
de  la  volière,  dans  toute  la  hauteur  de  l’étage,  par  de 
grandes  baies  ouvertes  dans  quatre  de  ses  faces,  et 
par  huit  petites  lucarnes  établies  dans  la  toiture.  Les 
parois  intérieures  sont  entièrement  garnies  de  cases, 
à partir  de  l'".00  environ  au-dessus  du  sol,  et  une 
échelle  pivotante,  servant  aussi  de  perchoir,  permet 
de  visiter  facilement  tous  les  nids.  On  sait  que  les  pi- 
geons reviennent  toujours  au  logis  où  ils  sont  nés,  tant 
qu’ils  sont  jeunes,  ou  bien  où  ils  ont  des  petits,  quand 
est  venu  pour  eux  l’âge  des  amours.  Aussi,  pour  con- 
serverdes  pigeons  nouveaux  venus,  faut-il  absolument 
les  mettre  en  cage,  mais  en  leur  laissant  voir  les  alen- 
tours, jusqu’au  jour  où  l’instinct  familier  les  ramène 
à leur  propriétaire.  Le  rez-de-chaussée  du  pigeonnier 
de  la  planche  20,  séparé  de  l’étage  par  une  trappe, 
se  prête  facilement  à cette  division,  en  même  temps 
qu’il  peut  servir  de  volière  proprement  dite,  pour  des 
oiseaux  de  luxe,  et  même  de  poulailler  au  besoin. 


PLANCHE  XXI. 


Briquetages  composés  avec  l'appareil  n"  6. 

Cet  appareil,  dit  à double  chaîne  verticale  non  em- 
boîtée., parce  qu’il  présente  en  parement,  comme  l’ap- 
pareil précédent,  une  double  chaîne  verticale,  mais 


avec  une  boutisse  d {fig.  29  à 35)  interposée  entre  les 
harpes  d’emboîtement,  et  à diagonales  losangiques  dis- 
continues inclinées  à 45“,  parce  qu’il  ne  présente,  sous 
cette  inclinaison,  qu’une  ligne  de  joints  en  escalier  se 
décrochant  tous  les  4 joints  et  ne  permettant  ainsi  de 
former  que  des  losanges  limités  d’étendue  (voir  la 
description  comparative  des  appareils,  dans  le  cha- 
pitre III,  lrc  partie);  cet  appareil,  disions-nous, 
6 


qui  permet  l’exéculion  de  briquetages  caractéristiques 
très  différents  de  ceux  propres  à l’appareil  précédent, 


Fig.  33. 


présenle,  au  point  de  vue  constructif,  les  mômes  in- 
convénients : les  points  sans  liaison  aaa  se  retrou- 


vent, moins  nombreux  cependant;  de  même  la  néces- 
sité d’employer  des  demi-briques  pour  les  murs  de 
0m.34  et  de  0m.57. 


PLANCHE  XXII. 

Application  de  l'appareil  n“  6 à un  groupe 
de  Serres. 

Aucune  matière  ne  vaut  la  brique,  à cause  surtout 
de  sa  couleur,  qui  se  marie  si  bien  avec  la  verdure 
des  arbres,  pour  toutes  les  constructions  pittoresques 
des  parcs  et  des  jardins,  et  pour  les  orangeries,  en  par- 
ticulier, ainsi  que  pour  les  serres,  qui  sont  le  luxe  au- 
tant que  la  nécessité  de  toute  maison  de  campagne  de 
quelque  importance.  Certes,  une  salle  couverte  quel- 
conque, chauffée  et  garnie  de  grandes  fenêtres  regar- 
dant le  soleil,  peut  servir  de  resserre  suffisante  aux 
orangers  et  à la  plupart  des  plantes  d’ornement  qui 
redoutent  seulement  le  gel;  mais  ne  serait-ce  pas 
misère  que  de  loger  de  la  sorte  des  arbustes  coûteux, 
dont  on  se  pare  orgueilleusement  l’été  et  qui  ne  de- 
mandent pas  mieux  que  de  servir  également  d’orne- 
ment en  hiver.  A ce  point  de  vue,  l’orangerie  peut  de- 
venir un  lieu  de  promenade,  et  il  convient  d’y  joindre 
en  continuité  une  serre  tempérée  et  une  serre  chaude, 
pour  faire  du  tout  un  jardin  d’hiver  attrayant.  Tel 
est  le  but  auquel  répond  la  planche  22.  La  serre  tem- 
pérée est  à droite,  et  son  appareil  de  chauffage  est 
placé  à proximité  de  l’orangerie,  de  manière  à pouvoir 
les  chauffer  en  même  temps,  à l’occasion,  avec  le 
même  foyer. 


PLANCHE  XXIII. 

Briquetages  composés  avec  des  appareils 
divers. 

Nous  donnons  dans  cette  planche  une  série  de 
bandes  horizontales  unies  ou  ornées,  pour  surfaces 
illimitées,  et  composées  sans  tenir  compte  des  appa- 
reils constructifs  employés.  L’appareil  n°  1 est  exact 
dans  la  figure  2,  ainsi  que  l’appareil  n°  3 dans  les  fi- 
gures 3,  4 et  8,  l’appareil  n°  5 dans  les  figures  7, 
13  et  14,  et  l’appareil  n°  G dans  la  figure  12.  Dans 
les  figures  1,5,  G et  10,  l’appareil  est  tout  de  fantaisie. 
Les  figures  9 et  11  sont  des  variantes  de  l’appareil 
n°3.  Nous  ferons  observer  que  ce  n’est  jamais  que  par 
exception,  pour  des  parties  de  construction  restreintes, 
secondaires,  et  en  tout  cas  qu’avec  grand  soin  dans 
l’exécution  du  travail,  que  l’on  peut  changer  l’ordon- 
nance des  appareils  constructifs.  Mais  ce  n’est  pas  une 
raison,  parce  que  la  règle  est  bonne  et  nécessaire, 
pour  ne  jamais  laisser  la  fantaisie  introduire  ses 
variantes  souvent  heureuses  dans  le  cours  régulier  des 
choses. 

PLANCHES  XXIV  ET  XXV. 

Application  d'appareils  divers  à des  Maisons 
de  garde  et  de  jardinier-concierge. 

Les  planches  24  et  25  présentent,  avec  les  plan- 
ches 72  et  73,  cinq  monographies  complètes  de  mai- 
sons de  jardiniers-concierges  ou  de  gardes,  ayant 
entre  elles,  nécessairement,  un  certain  air  de  parenté, 
mais  formant  autant  de  types  décoratifs  distincts,  que 
nous  conseillons  au  lecteur  de  rapprocher  l’un  de  l’au- 
tre pour  bien  les  comparer  entre  eux.  Ceux  fournis 
par  les  planches  24  et  25  sont  plus  simples,  en  tant 
que  combinaisons  de  briquetages,  que  ceux  donnés 
par  les  planches  72  et  73,  dont  nous  ne  dirons  rien 
ici.  On  remarquera  que,  dans  la  maison  de  jardinier 
élevée  à Auteuil,  par  M.  Delarue  (pl.  24),  la  brique  est 
pour  ainsi  dire  uniquement  employée  à former  les 
angles  de  la  construction  et  les  bandeaux  qui  marquent 
les  étages,  tandis  que,  dans  la  maison  de  garde  du 
Bois  de  Boulogne  (même  planche),  elle  forme  seule- 
ment le  remplissage  des  façades  entre  les  chaînes 
d’angles  et  les  encadrements  de  baies,  qui  sont  en 
pierre.  Dans  le  pavillon  de  jardinier  représenté  plan- 
che 25,  la  brique  se  montre  sous  deux  aspects  : à la 
fois  mêlée  à la  pierre  par  assises  alternées,  pour  con- 
stituer les  parties  portantes  des  parties  principales  des 
maçonneries,  et  formant  mosaïque  vernissée  dans  des 
parties  de  remplissage.  Ici,  la  recherche  luxueuse  est 
manifeste  et  l’effet  obtenu  certainement  brillant,  mais 
avec  des  éléments  divers  peut-être  trop  nombreux  et 
plutôt  mêlés  qu’accordés  ensemble  harmoniquement, 
tandis  que,  dans  la  maison  de  jardinier  d’Auteuil,  la 
simplicité  des  moyens  et  du  but  poursuivi  n’exclut  pas 
l’élégance  finalement  obtenue.  Quant  à la  maison  de 
garde  du  Bois  de  Boulogne,  on  y pourrait  trouver 
quelque  lourdeur;  mais  accompagnée  de  grands  ar- 
bres et  vue  d’un  peu  loin,  sous  le  clair  du  ciel,  cotte 
impression  première  disparaît  ; d’ailleurs,  un  pou  de 
lourdeur,  il  faut  le  reconnaître,  n’est  pas  absolument 
en  désaccord  avec  un  poste  de  douaniers. 


PLANCHES  XXVI  A XXX. 

Frises  composées  avec  les  mêmes  appareils 
que  les  surfaces  illimitées. 

Après  l'étude  des  briquetages  composés  sans  se 
préoccuper  de  l’arrêt  du  décor  qu’ils  forment,  vient 
nécessairement  celle  des  briquetages  destinés  à for- 
mer à plat,  ou  seulement  avec  un  relief  insignifiant 
sur  la  face  des  murs,  un  décor  limité  soit  en  hauteur, 
soit  en  largeur,  soit  en  tous  sens  : des  frises,  des  tru- 
meaux, des  panneaux.  Les  frises,  on  le  sait,  sont  des 
bandes  ornées,  de  diverses  largeurs,  qui  courent  hori- 
zontalement, soit  au-dessous  des  corniches,  soit  entre 
les  appuis  de  fenêtres  et  un  bandeau  saillant,  soit  dans 
des  soubassements  continus.  Nous  ne  saurions  trop 
recommander  à nos  lecteurs  d’attacher  tous  leurs  soins 
à la  composition  de  ces  motifs  décoratifs  qu’ils  de- 
vront mettre  en  œuvre,  mais  il  nous  paraît  inutile  d’en- 
trer ici,  sur  leur  composition,  dans  des  explications 
quelconques. 

PLANCHES  XXXI  ET  XXXII. 

Petit  Hôtel  d'artiste  et  petite  Villa  ornés 
de  frises  en  faïence. 

Quoique  l’emploi  des  faïences  décoratives  n’entre 
pas,  comme  étude,  dans  le  cadre  de  cet  ouvrage,  les 
monographies  qu’il  présente  en  offrent  de  nombreux 
exemples  (voir  les  PL  4,  7,  18,  36,  48,  69,  70,  71  et 
74).  Il  convient,  pensons-nous,  de  n’en  pas  faire  abus, 
mais  il  faut  reconnaître  qu’employées  discrètement, 
dans  des  frises,  dans  des  allèges,  dans  des  tympans 
de  portes  ou  de  fenêtres,  dans  des  médaillons,  etc., 
elles  ajoutent  singulièrement  à la  richesse  des  faça- 
des. 11  y a d’ailleurs  faïences  et  faïences,  et  s’il  faut  se 
garder  de  tomber  dans  la  fumisterie  en  lui  emprun- 
tant à la  fois  ses  carreaux  et  ses  prodigalités  de  ce 
genre  au  long  des  éviers  et  des  fourneaux  de  cuisine, 
du  moins  y a-t-il  tout  prolit  à mettre  en  œuvre  les 
faïences  spéciales,  aussi  bonnes  que  belles,  que  les  cé- 
ramistes offrent  aujourd’hui  couramment  à des  prix 
très  abordables. 

PLANCHES  XXXIII  ET  XXXIV. 

Trumeaux. 

Tous  les  types  de  trumeaux  que  nous  donnons  dans 
ces  deux  planches  sont  entièrement  en  briques,  à 
l’exception  seulement  de  ceux  représentés  par  les 
figures  4 et  6 de  la  Pl.  33,  dans  lesquels  l’encadrement 
des  fenêtres  est  en  pierre.  Ce  dernier  type,  figure  6, 
est  imité  des  trumeaux  que  l’on  construisait  en 
France  sous  Henri  IV  et  sous  Louis  XIII.  La  brique  n’y 
joue  qu’un  rôle  secondaire  et  souvent  même  unique- 
ment décoratif.  Réduite  alors  à des  proportions  exi- 
guës, on  ne  s’en  sert  que  pour  former  le  parement 
extérieur,  en  la  logeant  dans  un  vide  ménagé  ad  hoc 
dans  la  pierre,  sur  une  profondeur  de  11  centimètres; 
mais  quelques-uns  l’appareillent  en  tout  panneresses, 
tandis  que  d’autres  la  disposent  suivant  un  appareil 
mélangé  de  boutisses,  en  lui  donnant  ainsi  une  appa- 
rence constructive  en  rapport  avec  l’épaisseur  des 
murs  dont  elle  fait  partie.  Notre  exemple  met  en  œuvre 


l’appareil  n°  3.  Dans  la  figure  4,  la  brique  forme  le  plein 
des  trumeaux  dans  toute  leur  épaisseur.  Ici,  l’appareil 
mis  en  œuvre  est  tout  de  fantaisie,  mais  répondant 
bien  à une  épaisseur  quelconque  des  murs.  Ces  deux 
types  sont  unis.  Ils  n’obligent,  comme  combinaison 
spéciale,  qu’à  placer  exactement  l’axe  des  brique- 
tages décoratifs  sur  la  même  ligne  que  l’axe  constructif 
des  trumeaux.  C’est  là,  du  reste,  une  condition  qui 
s’impose  également  aux  trumeaux  tout  en  briques, 
comme  aux  allèges  et  comme,  en  général,  à toutes  les 
parties  limitées  dont  la  décoration  doit  nécessairement 
s’accorder  avec  leur  construction. 

Il  ne  nous  paraît  pas  nécessaire  de  parler  des  tru- 
meaux tout  en  briques.  Les  dessins  qui  les  représen- 
tent s’expliquent  suffisamment  d’eux-mémes.  D’ail- 
leurs, des  coupes  explicatives  de  la  construction  des 
saillies  isolées  qui  ornent  ces  trumeaux,  accompagnent 
les  figures  d’ensemble  de  la  PL  34,  plus  compli- 
quées que  celles  de  la  Pl.  33,  et  l’on  trouvera 
plus  loin  tous  les  renseignements  désirables  sur  la 
construction  rationnelle  des  pilastres,  des  jambes,  des 
chaînes,  etc.,  qui  meublent  ou  limitent  latéralement 
les  trumeaux. 

PLANCHE  XXXV. 

Allèges. 

Des  trumeaux  aux  allèges  de  fenêtres  la  distance 
est  petite,  mais,  constructivement,  la  différence  est 
grande,  entraînant  avec  elle  la  possibilité  d’une  déco- 
ration d’un  caractère  également  bien  différent;  caries 
allèges  ne  sont,  en  réalité,  que  de  simples  cloisons  de 
remplissage  reliant  entre  eux  les  trumeaux  au-dessous 
des  croisées,  dans  l’épaisseur  du  tableau  des  baies, 
tandis  que  les  trumeaux  exercent,  au  premier  chef, 
une  fonction  de  support  : aussi  comprend-on  qu’il  soit 
permis  de  placer  des  briques  en  diagonale,  par  exemple, 
selon  la  fantaisie,  dans  les  allèges,  tandis  que  cela 
serait  impardonnable  dans  des  trumeaux. 

Les  allèges  peuvent  être  accusées  distinctement  au 
dehors  ou  perdues  dans  le  nu  des  façades.  Les  figures  1, 
2,  3,  4,  7 et  9 de  la  planche  35,  représentent  des 
allèges  apparentes,  et  leur  construction  diffère  de  celle 
des  murs.  Dans  les  figures  5, 6, 8 et  10,  les  allèges  sont 
dissimulées  et  conséquemment  construites  avec  l’ap- 
pareil des  murs  attenants,  quoique  leur  épaisseur  ne 
soit  pas  la  même.  Nous  ferons  remarquer  que  dans 
les  murs  de  0“.22  d’épaisseur,  les  fenêtres  n’ont  pas 
ordinairement  d’alléges. 

PLANCHE  XXXVI. 

Hôtel  d'un  peintre,  avec  allèges  décoratives 
ornées  de  faïences. 

C’est  principalement  à la  tonalité  neutre  et  douce 
fournie  par  la  couleur  des  briques  employées,  et  au 
chatoiement  bleu  des  faïences  qui  animent  les  allèges 
de  fenêtres,  bien  plus  qu’à  l’ordonnance  de  son  archi- 
tecture, d’ailleurs  pleine  d’élégance  et  de  bon  goût, 
que  cette  façade  doit  son  charme  particulier.  Peut-être 
pourrait-on  reprocher  à l’arc  de  cercle  qui  ferme  par  le 
haut  la  grande  baie  vitrée  éclairant  l’atelier,  de  ne  pas 
être  suffisamment  contre-bouté  pour  le  regard,  afin  de 
fournir  à l’esprit,  par  son  intermédiaire,  une  impres- 
sion de  quiétude  parfaite  — quoique  assurément  on  ne 


puisse  douter  de  la  réelle  solidité  de  cet  arc  et  de  ses 
attaches  ; mais  on  ne  peut  qu’applaudir  tout  le  reste 
sans  réserve,  et  principalement  la  si  charmante  fenê- 
tre isolée,  située  au-dessus  de  celle  de  la  chambre 
à coucher  et  figurée  en  détail  au  bas  de  notre 
planche. 

PLANCHE  XXXVII. 

Angles  de  murs,  Pilastres  et  Contreforts. 

A côté  des  exemples  décoratifs  que  contient  cette 
planche  et  de  ceux  fournis  par  les  planches  44  à 50, 
61  et  62  (sur  la  composition  décorative  desquels  nous 
ne  nous  arrêterons  pas),  se  place  naturellement  la 
question  constructive  des  saillies  verticales  que  l’on 
peut  avoir  à former  sur  les  façades  en  briques  appa- 
rentes avec  les  principaux  appareils  en  usage  : ques- 
tion importante,  qui  exige  quelques  développements 
et  l’attention  suivie  du  lecteur,  mais  que  l’abondance 
de  nos  dessins  explicatifs  nous  a permis  de  simplifier, 
et  que  nous  avons,  d’ailleurs,  réduite  à sa  plus  simple 
expression  en  éliminant  de  notre  étude , à la  dernière 
heure,  nombre  de  détails  à peu  près  superflus.  Nous 
n’avons  pas,  du  reste,  la  prétention  de  tout  dire  ni  de 
tout  enseigner.  Notre  but  est  seulement  de  montrer 
que  pour  les  constructions  en  briques  apparentes,  plus 
encore,  peut-être,  que  pour  les  constructions  en 
pierre,  il  est  nécessaire,  avant  de  bâtir,  de  dresser  un 
calepin  d'appareillement  détaillé,  sous  peine  de  ne  bâtir 
souvent,  sans  cette  précaution,  qu’à  tort  et  à travers. 
Il  va  sans  dire,  en  ce  qui  concerne  l’exécution  des 
saillies  en  général,  que  si  l’on  se  contente  de  tailler  la 
brique  comme  l’on  taillerait  de  la  pierre  ou  du  bois, 
ainsi  que  cela  se  pratique  dans  nombre  de  pays  où  la 
brique  est  tendre,  ou  si  l’on  possède  des  briques  spé- 
ciales portant  sur  leurs  faces  les  saillies  qu’il  s’agit 
de  produire,  nos  indications  seront  en  partie  inutiles; 
mais  autant  le  premier  procédé  est  barbare,  autant  le 
second  se  montre  compliqué  et  n’est  d’ailleurs  que  d’un 
usage  restreint.  — Nous  allons  parler  des  angles  de 
murs,  des  pilastres  corniers,  des  pilastres  de  trumeaux 
et  des  contreforts.  Nous  parlerons  des  pieds-droits  à 
propos  des  planches  44  à 50,  et  des  piliers  de  formes 
diverses  aux  planches  61  et  62. 

Angles  de  murs. 

(Fio.  36  a 52.) 

Leur  arête  est  toujours  formée,  quels  que  soient 
’ épaisseur  des  murs  et  l’appareil  constructif  employé, 
par  une  chaîne  continue  de  briques  posées  en 
besace , c’est-à-dire  lançant  alternativement  leur  queue 
des  deux  côtés  de  l’angle,  et  présentant  ainsi,  sur  les 
façades  adjacentes,  une  boutisse  correspondant  à 
une  panneresse  et  intercalée,  comme  le  montre  la 


Fis.  36. 


fi  g.  36,  entre  deux  panneresses.  Mais  il  s’agit,  en- 


suite, de  raccorder  rationnellement  cette  chaîne  avec 
les  murs,  suivant  leur  épaisseur  et  selon  l’appareil 
qui  les  distingue. 

Avec  l’appareil  n°  1,  qui  ne  comporte  que  des  murs 
épais  d’une  largeur  de  brique,  rien  de  plus  facile. 
La  fig.  36  représente  ce  raccordement.  Mais,  avec  les 
appareils  suivants,  la  chose  est  plus  compliquée. 

Fig.  37. 


Supposons  que  l’on  coupe  verticalement  un  mur  en 
briques  de  Ûm.22  d’épaisseur  au  moins  [fig.  37),  sur 
un  point  quelconque,  on  trouvera  toujours,  quel  que 
soit  l’appareil  employé,  des  boutisses  coupées  en  deux 
par  la  ligne  A B,  de  deux  en  deux  rangs. 


Fig.  38. 


Des  quarts  de  brique  ne  peuvent  rester  sur  l’arête. 
Deux  moyens  de  raccordement  se  présentent  : ou  l’on 
utilise  les  quarts  de  brique,  en  les  plaçant  alors  à côté 
des  faces  boutisses  de  la  chaîne  en  besace,  et  en  les 


faisant  suivre  de  boutisses  annexes,  sur  les  deux  côtés 


Fig.  11. 


Fig.  42. 


de  l’angle,  pour  effectuer  la  liaison  avec  la  suite  des 
murs(/îÿ.  38  à 40);  ou  bien  on  supprime  ces  quarts  de 
brique,  et  l’on  réduit  à 3/4  de  longueur  de  brique  les 


Fig.  43. 


Fig.  44. 


faces  panneresses  entières  de  la  chaîne  en  besace  pré- 
cédente ( fig . 41  et  42).  Cette  dernière  méthode,  géné- 
ralement adoptée  par  les  bons  ouvriers  briqueteurs, 
se  recommande  par  sa  simplicité  autant  que  par  la 


Fig.  45. 


solidité  qu’elle  procure.  C’est  à elle  que  se  rapportent 
les  exemples  fig.  41  à 46. 


Les  figures  41  et  42  représentent  un  raccordement 
d’angle  de  murs  de  0,n.22,  avec  l’appareil  n°  2.  Celles 


Fig.  46. 


43  et  44,  un  raccordement  de  murs  de  0m.34,  et  celles 
45  et  46,  celle-ci  variante  de  celle-là,  de  murs  de 
0m. 45 , avec  l’appareil  n#  3.  Celles  47  à 49,  de  murs 
de  0m.22  ; celles  50,  51  et  52  de  murs  de  0m.34, 
avec  l’appareil  n°  4. 


Fig.  48. 


On  remarquera  : 

1°  Que,  dans  tous  les  exemples  précédents,  de  la 
figure  41  à la  figure  52,  chaque  assise  possède  en  bout, 
pour  le  raccordement  de  l’angle,  un  nombre  de  briques 
de  3/4  de  largeur,  égal  à celui  que  l’épaisseur  des 
murs  raccordés  contient  de  fois  une  largeur  de  bri- 
que, c’est-à-dire  deux  briques  de  3/4  pour  les  murs 
de  0m.22  {fig.  41,  42,  47,  48  et  49),  3 pour  les  murs 
de  0"‘.34  {fig . 43,  44,  50,  51  et  52),  et  4 pour  les  murs 
de  0ra.45  {fig.  45  et  46);  ce  qui  est  nécessaire  pour  que 
le  liaisonnement  soit  complet. 

2“  Que,  pour  transformer  le  raccordement  d’angle  de 
l’appareil  n°  3 {fig.  43)  en  appareil  n°  4 {fig.  47),  il  suffit 
d’intercaler  une  boutisse  ccc  dans  tous  les  quatre 
rangs  d’assises,  entre  la  face  panneresse  de  3/4  for- 
mant l’angle  et  la  panneresse  entière  adjacente,  ce 
qui  fait  chevaucher  les  joints  de  ces  rangs  avec  ceux 
7 


30  — 


des  assises  de  panneresses  intermédiaires  dd  [fig.  47).  nous  croyons  utile  de  montrer  comment  doivent  se 

«8-  50.  Fig.  tB. 


La  fig.  53  représente  un  raccordement  d’angle 

Fig.  53. 


en  pan  coupé,  pour  murs  de  0“.45,  inclinés  l’un  sur 
l’autre  obliquement,  cas  qui  se  rencontre  fort  souvent 
dans  les  carrefours. 


(Fig.  54  a 57.) 

Avant  de  parler  de  la  construction  des  pilastres, 

Fig.  5t. 


raccorder  entre  eux,  à leur  point  de  rencontre,  deux 
murs  de  refend,  par  exemple,  qui  s’entrecroisent  à 
angle  droit,  et  un  mur  de  refend  venant  joindre  un 
mur  de  façade,  dans  un  trumeau,  sans  se  manifester  sur 
la  face  extérieure  de  ce  trumeau  par  un  pilastre.  Les 
fig.  54,  55, 56  et  57,  dessinées  d’après  le  type  d’appa- 
reil n°  3,  s’expliquent  assez  clairement  d’elles-mèmes 


Fig.  56. 


pour  qu’il  soit  nécessaire  de  les  accompagner  d’un 
commentaire  quelconque.  Le  raccordement  se  fait  à 
peu  près  de  la  même  manière  avec  tous  les  autres 
appareils.  On  fera  bien  de  comparer  ces  dispositions 
avec  celles  indiquées  plus  loin,  où  nous  examinons 
la  manière  de  raccorder  les  pilastres  correspondant 
à des  murs  de  refend. 

Pilastres  corniers. 

(Fig.  58  h 79.) 

Les  murs  en  retour  d’équerre  sont  souvent  canton- 
nés de  pilastres  ou  de  chaînes  qui  les  renforcent  aux 


— 31  — 


angles,  et  qui  sont  parfois  construits  en  briques  d’une 

Fig.  58. 


Fig.  59. 


autre  couleur  que  celle  des  briques  employées  dans 
la  construction  des  murs. 

Les  fig.  58  et  59  montrent  comment  on  peut  ren- 
forcer, par  un  pilastre  de  O”. 22,  l’angle  d’une  con- 
struction légère  élevée  en  murs  de  Ora.ll  d’épaisseur. 
Il  convient,  dans  ce  cas,  pour  bien  relier  les  murs 
avec  le  pilastre,  de  disposer  les  briques  comme  on  le 
voit  en  a (fig.  59). 

Fig.  60.  Fig.  61. 


La  saillie  des  pilastres  ne  dépasse  pas,  en  général, 
la  demi-largeur  d’une  brique  (0m.055),  si  ce  n’est  dans 
les  constructions  très  importantes,  où  cette  saillie 
peut  être  portée  à Om.ll. 

Fig.  62.  Fig.  63. 


Le  mode  de  construction  des  pilastres  diffère  dans 
les  deux  cas. 

Quand  la  saillie  n’est  que  de  0“.055,  on  se  trouve 
obligé  de  tailler  les  briques  en  biais,  en  b b [fig.  65 
et  66,  etc.),  aux  points  de  rencontre  des  murs  avec  les 


Fig-  61.  Fig.  65. 


préfère  former  une  chaîne  d’encoignure  comme  dans 
les  figures  60  et  61.  Le  plus  souvent  on  abat  simule- 
ment  la  partie  des  briques  formant  harpes  aa[fig.  62  et 

Fig.  66. 


63),  et  de  cette  façon  on  dégage  un  pilastre  parfaite- 
ment lié  avec  le  mur,  mais  présentant  des  quarts 

Ffg.  67. 


de  brique  sur  son  arête  de  ressaut,  en  a a,  tandis 
qu’en  taillant  les  briques  comme  aux  fig.  65  et  66, 

Fig.  68 


cette  arête  ressemble  à celle  d’angle,  et  le  pilastre  se 
dégage  plus  nettement  des  murs  adjacents. 


Fig.  69. 


pilastres,  pour  les  relier  ensemble,  à moins  qu’on  ne 


Quand  la  saillie  des  pilastres  est  de  Om.ll,  il  n’est 


— 32  — 


plus  nécessaire  de  tailler  les  briques  pour  les  lier  avec 
les  pilastres  (voir  fig.  69,  74,  75,  76,  78  et  79).  L’exé- 
cution de  ceux-ci  demande  moins  de  main-d’œuvre, 
tout  en  présentant  une  plus  grande  solidité. 

Nous  donnons  ici  [fig.  64  à 79)  une  série  d’exem- 


Fig.  71. 


Fig.  7Ï. 


\ 


Fig  '.i. 


pies  de  pilastres  corniers  construits  sur  des  murs  de 
0m.22,  de  0“.34  et  de  0,u.45  d’épaisseur  courante,  avec 
des  appareils  différents,  les  uns  faisant  une  saillie 
de  0"'.055  sur  le  nu  des  murs,  et  les  autres  de  0“. 1 1 . 

Tous  les  appareils  ne  se  prêtent  pas  avec  le  même 
avantage  à la  construction  des  pilastres,  aussi 
peut-on,  dans  le  but  de  faciliter  la  main-d’œuvre, 
se  servir  d’un  appareil  différent  de  celui  employé 
dans  les  murs  adjacents.  L’appareil  n*  3 qui,  mieux 
que  tout  autre,  se  prête  à la  construction  des  sail- 
lies, est  celui  employé  le  plus  généralement  et  d’une 
façon  plus  spéciale. 

La  fig.  78  montre  un  pilastre  construit  avec  l’appa- 


reil n*  5,  de  même  que  le  mur,  sur  lequel  il  est 
appliqué  ; mais  ce  n’est  pas  là  de  la  bonne  construc- 

Fig.  74. 


tion  et  l’exécution  laisse  à désirer,  car  il  reste  dans  le 


Fig.  78. 


plein  du  pilastre  des  lignes  (verticales  continues  de 
joints  sans  liaison. 


Pilastres  de  trumeaux  et  contreforts 

(Fio.  80  ii  102) 


Les  pilastres  peuvent  être  employés  dans  un  but 
décoratif  seulement  (fig.  80,  81  et  82;,  ou  accuser  et 


jÎV  i 


les  fig.  84  à 88,  avec  l’appareil  n#  3;  celles  89  à 
95,  avec  l’appareil  n°  4,  et  celles  96  et  97,  avec  l’ap- 
pareil n°  5. 


renforcer  la  jonction  d’un  mur  de  refend  correspon- 
dant (fig.  83). 


De  même  que  les  pilastres  corniers,  les  pilastres  de 
trumeaux  peuvent  avoir  une  demi-largeur  de  brique 


La  figure  99  est  un  exemple  de  pilastre  situé  près 
d’un  angle  de  mur  faisant  retour  d’équerre  avec  un 
mur  de  refend  dont  on  aperçoit  l’arête  isolée,  lequel 
mur  de  refend  est  rejoint,  près  de  l’angle,  par  un  mur 
de  face  oblique  (appareil  n°  3). 


— 34  — 


contre -pilastre  de  Om.ll  de  saillie  également. 

Fig.  90. 


Fig  90. 


La  construction  des  pilastres  avec  l’appareil  n°  3 
est,  à peu  de  chose  près,  la  même  qu’avec  l’appareil 

Fig.  93. 


■ i i i r 

i i 

11,11 

n n r 

i i i 

r i , 

rr — r n r 

i i 

1 I I 1 

r — n — r 

i i i 

■ II, 

n — r n r 

i i 

J 1 i L 

i i r 

i i i 

i i , 

n — — r 

L 

iii 

1 1 1 , I 1 1 

1 1 , r 

n — r — n ri  i i 

J 1 1 I 

Fig.  97 

seulement  de  tailler  en  biais  des  joints  d’assemblage 
sur  les  angles  rentrants,  mais  d'employer  des  demi- 


Fi  .\  !N. 


+ 


briques  ou  des  briques  de  3/4.  De  même  avec  l’appa 
reil  n°  5. 

Les  fig.  100,  101  et  102  donnent  le  détail  con 

Fig.  100 


n_»  2,  et  ne  présente  pas  de  difficultés;  mais,  avec  l’ap- 
pareil nl  4 {fig.  89  à 95),  il  devient  nécessaire,  non 


structif  de  contreforts  : celle  100,  d’un  contrefort  de 
trumeaux;  celle  101,  d’un  contrefort  d’angle  d’abside 
rectangulaire,  et  celle  102,  d’un  contrefort  d’angle 
d’abside  octogone. 

La  construction  des  contreforts  de  trumeaux  s’exé- 
cute à peu  près  comme  celle  des  pilastres. 


La  construction  des  contreforts  d’angles  d’absides 
est  d’une  exécution  beaucoup  plus  difficile,  comme  on 
peut  s’en  convaincre  en  examinant  avec  quelque  atten- 
tion les  deux  exemples  que  nous  reproduisons. 


Fig.  lUi 


Avec  la  planche  précédente  a commencé  l’étude  des 
saillies  simples,  verticales  ou  horizontales,  obliques 
ou  courbes,  qui  sont  les  éléments  des  saillies  combi- 
nées, c’est-à-dire  des  motifs  particuliers  dont  l’ensem- 
ble constitue,  avec  le  nu  des  murs,  toute  façade  quel- 
conque. Avec  la  présente  planche,  cette  étude  conti- 
nue par  des  exemples  d’arcs  et  d’arcades,  auxquels 
nous  croyons  utile  d’ajouter  quelques  développements 
touchant  aussi  les  voûtes  et  les  plates-bandes. 

Tous  les  appareils  employés  à construire  les  murs 
peuvent  servir  à former  les  voûtes  droites  ou  biaises, 
mais  c’est  l’appareil  tout  boutisses  (n°  2)  qui  est  le 
plus  habituellement  mis  en  œuvre,  en  Belgique  et  en 
France.  Les  Anglais,  au  contraire,  dont  les  briques 
ordinaires  sont  plus  grosses  que  les  nôtres,  forment 
leurs  voûtes,  dit  le  colonel  Demanet  dans  son  cours 
de  construction,  d’une  série  d’arceaux  ou,  plutôt,  de 
rouleaux  superposés,  composés  tout  entiers  de  bri- 
ques pauneresses  assemblées  plein  sur  joint  (appa- 
reil n°  1),  et  les  joints  ,de  chaque  rouleau  chevauchant 
avec  ceux  des  rouleaux  attenants.  Ils  construisent 


leurs  arcs  de  la  même  manière,  ce  qui  oblige  à prendre 
des  soins  pour  que  les  rouleaux  superposés  ne  se  dis- 
joignent pas  lors  du  décintrage  des  voûtes,  au  double 
détriment  de  la  solidité  et  de  l’aspect;  lesquels  soins 
consistent  à ne  pas  trop  serrer  les  derniers  rouleaux  à 
la  clef,  afin  de  leur  permettre  de  suivre  le  mouve- 
ment des  rouleaux  inférieurs. 

Les  arcs  ne  sont  que  la  coupe  apparente  des  voûtes, 
mais  nécessairement  arrangée  pour  former  tète. 
Quelquefois  ils  se  détachent  en  saillie  sur  le  nu  des 
murs,  marquant  ainsi  nettement  le  champ  dans  lequel 
se  déroule  en  s’y  renfermant  la  courbe  des  pressions, 
dont  le  tracé  répond  à des  conditions  absolues  de  sta- 
bilité. On  meuble  ou  non  ce  champ  de  saillies  complé- 
mentaires, parfois  de  légers  renfoncements,  en  outre 
de  briques  de  couleurs  différentes;  on  l’orne  aussi  de 
faïences,  mais  le  plus  souvent  on  le  recouvre  d’un 
bandeau  d’archivolte  fait  avec  des  rouleaux  de  briques 
posées  à plat  ou  de  champ. 

Les  plates-bandes,  qui  ne  sont  à bien  dire  que  des 
voûtes  tout  à fait  plates,  dont  on  recouvre  les  baies  de 
portes  ou  de  fenêtres,  peuvent,  dit  le  colonel  Dema- 
net, s’appareiller  de  deux  manières  différentes.  Dans 
l’une,  qui  est  particulièrement  usitée  en  France  et  en 
Belgique,  on  fait  tendre  tous  les  joints  de  claveaux  au 
sommet  d’un  triangle  équilatéral  ayant  pour  côté  l’ou- 
verture de  la  plate-bande.  C’est  le  système  dont  cet 
ouvrage  présente  de  nombreux  exemples.  Dans  l’au- 
tre manière,  qui  s’emploie  couramment  en  Angleterre, 
on  pose  tous  les  claveaux  parallèlement  entre  eux  et 
inclinés  en  sens  inverse  à partir  des  deux  côtés  de  la 
baie,  suivant  un  angle  de  60°,  de  telle  façon  qu’ils 
viennent  se  rencontrer  et  s’enchevêtrer  au  centre  de 
la  plate-bande.  Un  linteau  en  fer  carré,  dissimulé  dans 
une  rainure  spéciale  ou  placé  dans  la  feuillure  contre 
laquelle  vient  s’appuyer  la  menuiserie  de  remplis- 
sage des  baies,  est  le  plus  souvent  nécessaire  pour 
assurer  la  solidité  parfaite  des  plates-bandes.  Pour 
obtenir  la  même  solidité,  sans  linteau  complémentaire, 
il  faudrait,  dans  maintes  circonstances,  augmenter  la 
hauteur  des  plates-bandes  aux  dépens  de  l’aspect,  et, 
pour  rester  toujours  dans  de  justes  limites,  propor- 
tionner cette  hauteur  avec  l’ouverture  des  baies  ; 
aussi  nombre  d’architectes,  aujourd’hui,  renoncent-ils 
aux  plates-bandes  quand  les  baies  sont  quelque  peu 
larges,  et  préfèrent-ils  alors  accuser  franchement  un 
linteau  de  bois  ou  de  fer,  système  qui  se  prête  d’ail- 
leurs à toutes  les  combinaisons  décoratives  désirables 
et  tout  particulièrement  à l’emploi  des  faïences. 

PLANCHES  XXXIX  A XLII. 
Bandeaux. 

Nous  ne  dirons  qu’un  mot  des  saillies  horizontales. 
Elles  peuvent  être  formées  avec  le  même  appareil, 
quel  qu’il  soit,  que  celui  adopté  pour  une  construc- 
tion quelconque.  Rien  n’est  plus  facile  que  leur  exé- 
cution, mais  elle  est  soumise  à des  règles  que  l’on 
peut  résumer  de  la  manière  suivante  : 

1°  Toute  brique  saillante  ne  doit  pas  déborder,  en 
général,  de  plus  d’un  quart  de  sa  longueur,  si  elle  est 
boutisse,  ou  de  sa  largeur,  si  elle  est  panneresse,  les 
briques  qui  la  supportent. 

2°  Toute  brique  faisant  partie  d’un  motif  en  encor- 
bellement, doit  être  recouverte  sur  la  moitié  au  moins 
de  sa  longueur  ou  de  sa  largeur,  par  les  briques  du 


— 36  — 


rang  immédiatement  supérieur,  de  manière  à se  trou- 
ver rattachée  le  plus  directement  possible  avec  le  plein 
du  mur  attenant,  par  une  sorte  d’encorbellement  ren- 
versé. Les  deux  rangs  de  briques  supérieurs  d’un  mo- 
tif en  forte  saillie,  échappent  forcément  à celte  règle  ; 
aussi  ces  briques  doivent-elles  n’être  que  le  moins  pos- 
sible saillantes  au  delà  de  celles  qui  les  supportent,  et, 
dans  tous  les  cas,  parfaitement  assises  et  scellées  sur 
ces  dernières. 

3°  Les  vides  formés  dans  l’épaisseur  des  murs  par 
l’avancement  des  briques  au  delà  du  parement  de  ces 
murs,  doivent  être  soigneusement  comblés  par  des 
briques  posées  en  liaison,  entières  ou  en  morceaux, 
et  non  par  du  mortier  seulement. 

PLANCHE  XL1II. 

Tour  ronde  ornée  de  saillies  simples  et  ser- 
vit nt  d'enveloppe  à un  réservoir,  de  Pou- 
lailler et  de  Piijeonuier. 

Nous  avons  déjà  parlé  de  cette  planche  à l’occasion 
de  la  planche  20,  qui  représente  une  tour  octogone  à 
usage  de  pigeonnier.  Elle  se  présente  ici  comme  exem- 
ple de  saillies  verticales  et  de  saillies  horizontales  : 
pilastres  et  bandeaux.  Nous  n’avons  rien  de  plus  à en 
dire,  en  ce  qui  se  rapporte  à l’emploi  des  briques, 
mais  il  nous  reste  à signaler  une  disposition  intéres- 
sante du  pigeonnier.  Chacun  des  seize  nids  qu’il  con- 
tient est  fermé,  du  côté  intérieur,  par  une  porte  de 
service,  et  en  communication  directe  avec  l’extérieur 
par  une  ouverture  particulière,  munie  d’une  trappe 
facile  à manœuvrer  au  moyen  d’une  corde  et  d’un  jeu 
de  poulies.  Excellente  disposition,  qui  assure  la  pro- 
preté intérieure,  et,  tout  en  facilitant  l’accès  et  le  net- 
toyage des  cases,  rend  visibles  toutes  les  allées  et  ve- 
nues des  pigeons,  et  permet  de  les  emprisonner  à 
volonté  quand  le  désir  en  prend  aux  maîtres  du 
logis. 

PLANCHES  XL1V  A L. 

Baies  de  Portes  et  de  Fenêtres,  Œils-de-bœuf 
et  Lucarnes. 

(Voir  aussi  Fig.  103  k 119.) 

Avec  la  planche  44  commence  l’étude  des  saillies 


Les  pieds-droits  peuvent  être  simples,  c’est-à-dire 
formant  tableau  uni  entre  deux  arêtes  vives,  comme 
une  tête  de  mur,  ou  compliqués  d’une  feuillure  pour 


Fig-  101.  Fig.  108. 


y loger  l’épaisseur  d’une  menuiserie  de  porte  ou  de 
croisée,  d’un  ébrasement  et  quelquefois  d’un  cham- 
branle. Nous  les  distinguerons  les  uns  des  autres  sous 

Fig.  109. 


Fig.  110. 

EH 

Fig.  111. 


Fig.  1 12. 


les  noms  de  pieds-droits  simples  et  de  pieds-droits 
compliqués.  Nous  savons  qu’on  ne  prend  pas,  quel- 
quefois, la  peine  de  réserver  la  place  des  feuillures  ni 
des  ébrasements  en  construisant,  et  qu’on  se  con- 
tente de  les  tailler  au  ciseau  si  ce  n’est  à la  pioche  ; 


combinées.  Cette  planche  et  les  six  suivantes  présentent 
une  cinquantaine  de  modèles  de  portes  et  de  fenêtres, 
d’œils-de-bœuf  et  de  lucarnes  courantes,  sur  lesquels 
nous  ne  dirons  absolument  rien,  au  point  de  vue  dé- 
coratif. Mais  le  lecteur  voudra  bien,  avant  de  les  exa- 
miner, se  reporter  au  texte  qui  accompagne  les 
planches  37  à 42,  et  à la  courte  étude  ci-dessous,  trai- 
tant de  la  construction  des  pieds-droits,  qui  sont  la 
partie  constitutive  principale  des  baies.  Il  s’agit  de 
leur  construction  rationnelle,  pour  des  murs  de  O”. 22, 
de  0"'.34  ou  de  0m.45,  élevés  avec  chacun  des  six  appa- 
reils dont  les  numéros  distinctifs  reviennent  si  sou- 
vent sous  notre  plume. 


mais  ce  n’est  pas  là  raison  pour  que  nous  laissions 
de  côté  les  exemples  qui  suivent  : c’est  raison,  au 
contraire,  pensons-nous,  pour  que  nous  attirions  sur 
ces  exemples  l’attention  de  nos  lecteurs.  Une  observa- 
tion est  ici  nécessaire  : la  largeur  variable  des  tru- 
meaux appelle  nécessairement  un  raccordement  parti- 


Sur  les  fig.  126  et  127  l’ébrasement  est  de  0m.055, 
tandis  que  dans  fig.  128  et  129,  il  est  de  0”.ll.  Dans 
ce  dernier  cas,  un  remplissage  en  plâtre  devient  né- 
cessaire pour  donner  à l’ébrasement  sa  forme  habi- 
tuelle. 

Les  fig.  147,  148,  149  sont  une  variante  du  pied- 
droit  représenté  par  les  fig.  144,  145,  146.  Les 
fig.  135  et  136  montrent  un  pied-droit  garni  d’un 


veiller  à ne  pas  déranger  l’ordonnance  décorative  des 
appareils,  en  faisant  ce  raccordement,  et  à l’effectuer 


nr~r 


, i i 

.il  ii  ii  i 


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"I  II  1 


1 i 

L J 

symétriquement,  en  prenant  pour  axe  le  milieu  des 
trumeaux. 


~i~~  "i  il 


rU; 

i L_L 

pilastre  formant  chambranle.  Les  fig.  150  à 154,  se 
rapportent  à l’appareil  n°  5,  et  celles  155  à 158,  à l’ap- 
pareil n'  6. 


JZ 

Rappelons,  en  terminant  cette  question  des  pieds- 
droits,  que  dans  certains  pays,  dans  le  midi  de  la 
France,  par  exemple,  et  où  on  emploie  généralement 
une  brique  d’un  plus  grand  appareil,  on  taille  très 
9 


— 39 


PLANCHES  LI  ET  LU. 

Corniches  de  couronnement. 

Que  le  lecteur  veuille  bien  se  reporter  au  texte  qui 
accompagne  les  planches  39  à 42  (Bandeaux),  où  sont 
exposées  les  règles  qui  doivent  présider  à la  construc- 
tion des  briquetages  en  saillie.  Nous  n’avons  rien  de 
plus  à dire  des  deux  présentes  planches,  dont  tous  les 
dessins  s’expliquent  suffisamment  d’eux-mèmes,  et 
sont  d’ailleurs  accompagnés  de  coupes  nombreuses 
qui  en  indiquent  la  construction  pour  ainsi  dire  brique 
à brique. 

PLANCHES  LUI  ET  L1Y. 

Grandes  lucarnes  et  motifs  divers  formant 
amortissements . 

Ces  planches  continuent  la  longue  série  des  sail- 
lies combinées.  Ici,  comme  précédemment,  et  comme 
dans  les  planches  suivantes,  des  coupes  détaillées 
nous  dispensent  de  toute  explication. 

PLANCHE  LY. 

Balcons. 

Un  seul  mot  : les  consoles  nécessairement  très  sail- 
lantes qui  supportent  les  balcons,  ne  peuvent  pas  être 
construites  uniquement  en  briques.  La  pierre  est  né- 
cessaire, et  cette  pierre  doit  pénétrer  d’une  seule  pièce 
dans  toute  l’épaisseur  des  murs,  jusqu’au  parement 
intérieur.  Mais  la  brique  peut  jouer  dans  ces  consoles, 
comme  dans  le  reste  des  balcons,  un  rôle  décoratif  im- 
portant. On  remarquera  sur  cette  planche  la  manière 
dont  les  arcs  du  balcon  inférieur  sont  exécutés,  pour 
ne  retomber  sur  les  consoles  qu’avec  une  largeur  de 
brique,  quoiqu’ils  soient  bandés  en  0n\22  d’épaisseur 
sur  la  majeure  partie  de  leur  développement.  C’est  une 
disposition  excellente  au  point  de  vue  décoratif,  et 
qui  ne  nuit  en  rien  à la  solidité  des  arcs  d’une  étendue 
restreinte. 

PLANCHE  LVI. 

Balustrades. 

Les  semis  différents  de  croix  grecques  et  de  losan- 
ges caractéristiques  des  divers  appareils,  que  nous 
avons  signalés  à l’attention  de  nos  lecteurs  dans  le 
chapitre  III  (Emploi  des  briques.  — Considérations 
générales ),  peuvent  servir  à former  les  à-jour  des  ba- 
lustrades. C’est  ainsi  que,  dans  la  figure  1 (Planche  56), 
on  remarque  les  losanges  carrés  à 7 rangs  de  briques 
de  l’appareil  n°  6,  dans  la  ûgure  10,  ceux  à 5 rangs  de 
briques  de  l’appareil  n°  3,  mais  disposés  en  quadrillé 
ordinaire  au  lieu  de  l’être  en  quinconce,  et  dans  la 
figure  3,  un  semis  de  croix  grecques  appartenant  à 
l’appareil  n°  5. 

Toutes  les  balustrades  figurées  sur  cette  planche  ne 
présentent  pas  la  même  solidité  d’assiette.  Ce  sont  des 
motifs  courants,  qui  doivent,  on  le  conçoit,  être  conso- 
lidés par  des  points  d’appui  plus  ou  moins  espacés,  en 
raison  de  la  plus  ou  moins  grande  stabilité  indivi- 
duelle de  ces  divers  motifs. 

PLANCHE  LYII. 

Pignons. 

Il  s’agit,  principalement  dans  cette  planche,  de  la 
manière  de  construire  et  d’orner  les  lignes  rampantes 
des  pignons.  La  bonne  disposition  de  leur  amortisse- 


ment à la  pointe  est  aussi  une  chose  importante. 
Peut-on  nier  qu’ici  la  brique  soit  plus  décorative  que 
la  pierre,  et  n’est-il  pas  permis  de  dire  que  le  pignon 
de  la  maison  de  Jules  Janin,  surmonté  de  sa  souche 
de  cheminée  en  amortissement,  est  un  véritable  chef- 
d’œuvre  en  son  genre? 


Dans  le  nord  de  la  France  on  trouve  souvent  la  dis- 
position représentée  par  la  fig.  159. 

PLANCHE  LVIII. 

Souches  de  cheminées. 

Montre-moi  tes  souches  de  cheminées,  etje  te  dirai 
ce  que  tu  es  ! Ce  qui  veut  dire  qu’entre  les  souches  de 
cheminées  et  le  reste  de  l’édifice  il  doit  exister  un  ac- 
cord parfait.  Que  j’en  ai  vu  cependant,  des  maisons 
de  riche  apparence,  montrer  orgueilleusement  des 
cheminées  prétentieuses,  mais  faites  en  briques  de 
champ  et  avec  un  simple  renformis  en  plâtre  pour 
former  tuyau  de  fumée  arrondi  ! Cheminées  de  carton  : 
maisons  de  pacotille. 

Avec  cette  planche  se  termine  l’étude  des  saillies 
combinées  directement  applicables  aux  édifices. 

PLANCHE  LIX. 

Cheminées  d'usines. 

Qui  ne  se  rappelle  les  belles  et  hautes  cheminées 
qui  accompagnaient  si  heureusement  le  palais  de  fer 
de  notre  dernière  Exposition  universelle  ? Tous  les 
visiteurs  s’exclamaient  à leur  vue  : je  préfère  l’An- 
glaise, disait  l’un;  j’aime  mieux  la  Belge, répondait 

l’autre C’est  une  Française  que  nous  présentons  à 

nos  lecteurs.  Elle  se  trouve  à gauche  de  la  planche. 
La  cheminée  placée  à droite  est  une  composition  de 
l’auteur  de  cet  ouvrage.  Ce  n’est  pas  pour  sa  beauté 
que  nous  appelons  l’attention  sur  elle,  quoiqu’elle 
en  vaille  bien  la  peine,  mais  pour  un  détail  intéressant 
de  sa  construction. 

On  sait  que  le  fût  des  cheminées  s’élève  en  s’amin- 
cissant graduellement,  avec  un  fruit  de  2 centimètres 
et  demi  à 3 centimètres  par  mètre  de  hauteur,  bien 
que  la  section  du  canal  d’écoulement  des  fumées  soit 
la  même  en  haut  qu’en  bas,  et  que  ce  fût  se  construit  le 
plus  souvent  en  briques  ordinaires,  avec  un  parement 
intérieur  parallèle  au  parement  extérieur,  mais  subdi- 
visé, par  des  retraites  successives,  en  tronçons  égaux 
de  4 à 5 mètres  de  hauteur.  L’épaisseur  des  troncs  de 
cône  ainsi  superposés,  diminue  d’une  largeur  de  bri- 
que successivement  à chaque  retraite.  Le  tronc  supé- 
rieur n’a  généralement  que  0m.22  d’épaisseur,  de  sorte 
que  celui  inférieur,  d’une  cheminée  de  20  à 25  mètres 
de  hauteur  de  fût,  se  trouve  avoir  0m.45  à 0m.57,  sui- 
vant le  nombre  des  retraites  d’épaisseur.  Tous  les 
lits  des  rangs  de  briques  en  forme  d’anneaux  qui 
composent  tous  les  tronçons,  sont  un  peu  inclinés 


vers  1 intérieur  de  la  cheminée,  de  manière  à couper 
normalement  les  parements,  de  telle  façon  qu’en 
employant  l’appareil  n°  2,  ces  parements  sont  par- 
faitement unis  sans  taille  de  briques.  Mais  il  n’en  est 
pas  de  môme  pour  la  confection  des  moulures  et  des 
cavets  renversés  qui  agrandissent  le  pied  du  fût,  pour 
l’asseoir  convenablement  sur  le  socle  de  la  cheminée. 
On  se  contente,  habituellement,  de  tailler  les  briques  du 
parement,  pour  cet  objet,  comme  on  taillerait  de  la 

Fig.  IfiO  Pt  |6|. 


pierre  (voir  a a fig.  160  et  161).  M.  Lacroux,  au  con- 
traire, ne  taille  aucune  des  briques  du  parement;  il 
ne  moulure  que  de  la  pierre,  et  il  revêt  les  courbes 
formant  cavot  renversé  du  môme  appareil  tout  bou- 
tisses  que  le  reste  de  la  cheminée,  en  disposant  les 
briques  normalement  à la  courbe,  et  en  leur  faisant 
jeter  des  harpesdeliaisondanslamaçonnerieintérieure, 
comme  on  le  voit  dans  la  fig.  161.  Ce  mode  de  con- 
struction est  assurément  préférable  au  précédent. 
Les  coupes  horizontales  ci-dessous  (fig.  162  et  163)  in- 
diquent l’arrangement  des  tas  superposés  de  briques, 
pour  des  épaisseurs  deOm.45  et  de  0m.57. 


Fig.  162. 


PLANCHE  LX. 

Piédestaux. 

Combien  des  piédestaux  en  briques,  ou  du  moins 
mélangés  de  brique  et  do  pierre,  animeraient  tout 
jardin,  quelque  classique  qu’il  fût!  Dira-t-on  que  les 
statues  en  souffriraient?  Mais  depuis  quand  le  ton 
brique  nuit-il  donc  à la  blancheur  des  marbres?  Nous 
pensons,  au  contraire,  que  plus  d’une  statue  gagnerait 
à ce  voisinage.  Toutefois,  l’emploi  de  la  brique  exige 
ici  de  la  mesure,  de  la  simplicité,  une  touche  plus  ou 
moins  légère  en  accord  avec  le  sujet  de  sculpture  au- 
quel est  destiné  le  piédestal  qu’on  exécute. 

On  retrouve  dans  cette  planche  (fig.  il  à 16)  le 
système  de  construction  des  cavets  renversés  en  bri- 
ques, dont  nous  parlions  à l’occasion  de  la  planche 
précédente.  On  remarquera  que  les  harpes  intérieures 
du  revêtement  se  relient  avec  du  béton,  ce  qui  est  à 
la  fois  économique  et  excellent. 

PLANCHES  LXI  ET  LXII. 

Piliers. 

On  désigne  sous  le  nom  de  pilier  tout  corps  isolé 
et  massif  de  maçonnerie  portant  charge  : filet,  poitrail, 
arc  ou  voùie,  etc.,  ou  bien  servant  de  point  d’appui 
à une  grille  de  clôture,  par  exemple,  ainsi  qu’il  une 
grille  ouvrante. 

La  brique  est  souvent  employée  dans  les  piliers, 
soit  seule,  soit  mélangée  à la  pierre. 

Les  Pl.  61  et  62  ne  présentent  que  des  piliers 
de  murs  de  clôture,  couronnés  de  leurs  chapiteaux,  et 
quelques-uns  d’entre  eux  rattachés  par  le  bas  à des 
bahuts.  Ces  exemples  suffisent,  avec  nos  éludes  pré- 
cédentes et  les  détails  suivants,  pour  répondre  à tous 
les  besoins  constructifs  et  décoratifs  qui  peuvent  se 
présenter  dans  la  pratique. 

Fig.  161.  Fig.  167. 


Fig.  165. 


La  construction  des  piliers  de  clôture  en  briques  est 
souvent  négligée,  comme  le  montrent  les  figures.  1 et  5 
de  la  PL  61  et  la  figure  9 de  la  Pl.  62,  dans  les- 
quelles il  n’existe  aucune  liaison  entre  le  briquetage 
décoratif  de  0"'.  1 1 d’épaisseur,  formant  enveloppe,  et 
le  blocage  intérieur  également  en  briques.  Les  piliers 
de  ce  genre,  que  l’on  trouve  assez  fréquemment  em- 
ployés, sans  doute  à cause  de  leur  construction  facile 
et  partant  économique,  sont  assurément  moins  so- 


Fig.  169. 


convenablement  liaisonnées  avec  les  briques  de  rem- 
plissage. Au  point  de  vue  de  la  stricte  économie, 
comnfe  à celui  de  la  solidité,  il  y aurait  certainement 


avantage  à former  de  béton  le  noyau  de  ces  piliers 
condamnables,  mais  de  béton,  disons-nous,  pilonné 
par  couches  peu  épaisses  et  sans  désemparer. 


Les  fig.  164  à 169  ci-dessus,  se  rapportant  à des  piliers 
carrés  en  plan  et  de  cinq  grosseurs  différentes,  de 


deux  à six  largeurs  de  brique  de  côté,  indiquent  la 
manière  de  disposer  les  assises  superposées.  On  re- 
marquera que  toutes  les  assises  d’un  môme  pilier,  de 


la  fig.  164  à la  fig.  185,  sont  pareilles  l’une  à l’autre, 
mais  qu’elles  se  superposent  après  avoir  pivoté  l’une 
sur  l’autre  d’un  quart  de  tour  autour  de  l’axe  vertical 


de  ce  pilier.  Dans  la  fig.  169,  le  pilier  se  raccorde  avec 
un  mur  lui  faisantsuite.  Excepté  dans  la  fig.  164,  chaque 


assisecontient  un  certain  nombre  de  briques  diminuées 
de  longueur.  Cette  dernière  observation  s’adresse  à 
toutes  les  figures  qui  suivent  (165  à 185). 


Fig- 


il 

1 

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rv. 

— 

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— 

- 

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■■1 + 1 

Les  fig.  170  à 185  se  rapportent  à des  piliers  dont  le 
plan  est  disposé  en  croix  grecque,  simple  ou  flanquée 
de  redans  saillants  dans  ses  angles,  et  de  grosseurs  di- 
verses, depuis  quatre  jusqu’à  dix  largeurs  de  brique, 
entre  deux  faces  opposées.  La  fig.  171  est  une  variante 
de  la  fig.  170.  Elle  est  plus  facile  à construire,  mais 
10 


Les  piliers  de  forme  cylindrique  ou  polygonale, 
s’emploient  rarement  dans  les  constructions  en  bri- 


Fig.  186. 


Ki  il  i t 

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présente  des  points  a a qui  restent  sans  liaison.  De 
même  dans  la  fig.  176,  variante  de  la  fig.  175. 


Fig.  183. 


La  fig.  173  est  également  une  variante  de  la  fig.  172. 
Sa  construction  nécessite  un  nombre  moindre  de 
briques  diminuées  de  longueur,  mais  exige  l’emploi 
de  morceaux  de  brique  b b en  parement,  ce  qui  toute- 


Fig.  181. 


fois  est  sans  grand  inconvénient,  la  place  qu’occupent 
ces  morceaux  étant  protégée  par  les  angles  saillants 
voisins.  Les  mômes  morceaux  de  brique  se  trouvent 
également  en  bb  dans  la  fig.  178,  qui  est  une  variante 
de  la  fig.  177. 

Fig.  183. 


ques,  à cause  de  leur  grande  difficulté  d’exécution. 
Nous  en  donnons  cependant  un  double  exemple  dans 
les  fig.  186,  187,  188  et  189. 


Fig.  187. 


PLANCHES  LXIII  A LXVII. 

Clôtures  de  Cours  et  Murs  de  clôture. 

Déjà,  depuis  la  planche  59,  nous  avons  quitté  l’étude 
des  saillies  combinées,  mais  nous  ne  sommes  encore 
que  dans  le  groupe  des  motifs  spéciaux  et  des  petits 
ensembles.  Ce  n’est  qu’avec  la  planche  68  que  nous  abor- 
derons les  ensembles  proprement  dits.  Sur  la  présente 
série  de  planches,  non  plus  d’ailleurs  que  sur  la  sui- 
vante, nous  ne  dirons  rien,  pour  laisser  à nos  lecteurs 
I leur  liberté  complète  d’appréciation. 


PLANCHES  LXVIII  A LXXV. 

Ensembles. 

Planche  LXVIII.  — Hôtel,  à Passy,  par  M.  Lemaire, 
architecte.  Emploi  d’un  appa- 
reil de  fantaisie  au  1"  étage 
et  de  l’appareil  n°  5 au  rez-de- 
chaussée. 

Planche  LXIX  et  LXX.  — Maison  de  campagne,  à 
Neuilly-sur-Seine,  par  M.  Ga- 
land,  architecte.  Emploi  de 
l’appareil  n'  1 et  2 par  bandes 
dans  les  frises.  Linteaux  en 
pierre  ornés  de  faïences. 

Planche  LXXI.  — Maison  de  campagne,  à Trouville, 
par  M.  Delaistre,  architecte. 
Emploi  de  l’appareil  n*  3. 


Planche  LXXII.  — Pavillon  de  concierge,  à Neuilly- 
sur-Seine,  par  M.  Galand,  ar- 
chitecte. Appareil  n°  5 au  rez- 
de-chaussée  et  n°  3 au  premier 
étage. 

Planche  LXXIII.  — Pavillon  de  concierge,  à Neuilly- 
sur-Seine,  par  M.  Galand,  ar- 
chitecte. Appareils  mélangés, 
de  fantaisie , principalement. 

Planche  LXXIV.  — Écuries  à Paris,  par  M.  Feine, 
architecte.  Appareils  mélangés. 
Frises  et  allèges  ornées  de 
faïences. 

Planche  LXXV.  — Constructions  diverses  : Réser- 
voir-Belvédère, appareil  n°  2. 
Petits  chalets  à ossature  de 
charpente  et  remplissages  en 
briques  (appareil  n°  1). 


Nous  110  pouvons  terminer  la  description  des  planches  de  cet  ouvrage,  sans  appeler  l’attention  des  amateure  de 
belles  œuvres  sur  leur  exécution  parfaite.  Le  tracé  des  joints  blancs  sur  des  briquetages  de  couleurs  diverses 
et  dessinés  il  petite  échelle,  exige  des  soins  infinis  et  de  nombreuses  révisions,  qui  se  traduisent  finalement 
par  des  dépenses  considérables;  aussi  n’avait-on  jamais,  jusqu’à  présent,  même  essayé  de  faire  des  façades 
pareilles  à celles  qui  foisonnent  ici.  Si  donc  le  lecteur,  par  hasard,  découvre  quelque  erreur  ou  quelque 
omission  dans  le  tracé  des  joints  de  briques  sur  ces  façades,  il  la  pardonnera  et  n’en  devra  pas  moins  à 
l’auteur,  comme  à ses  éditeurs,  des  félicitations  méritées. 


G.  Detàin. 


TABLE  GÉNÉRALE  DES  PLANCHES 


1.  — Surfaces  illimitées.  — Appareil  n"  I. 

3.  — Halles  et  Marchés  de  Paris. 

4,.  — Cheminées  de  cuisine. 

3.  — Surfaces  illimitées.  — Appareil  n*  2. 

7.  — Constructions  diverses. 

Pavillon  de  repos  dans  un  jardin,  par  M.  Hugielin,  archi- 
tecte. _ Posic  de  secours,  nu  Marché-aux-chevaux,  à 
Paris,  par  M.  Magne,  architecte.  — Poulailler  et  Pigeon- 
nier, par  M.  Huguelin,  architecte.  — Pavillon-Bureau,  au 
Marché-aux-chevaux,  à Paris,  par  M.  Magne,  architecte. 

8.  — Surfaces  illimitées.  — Appareil  n*  3. 

10.  — 

11.  — — ~ 

12.  — Écuries,  Remises  et  Logement  de  jardinier,  par  M.  Edsi. 

Guillaume,  architecte. 

13.  — Surfaces  illimitées.  — Appareil  n”  4. 

14.  — — — 

15.  — Fontaines  isolées  et  adossées. 

16.  — Surfaces  illimitées.  — Appareil  n”  5. 

17.  — — — 

18.  — Chalet,  à Brunoy  (Seine-el-Oise),  par  M.  Davioud,  ar- 

chitecte. 

19.  — Écuries  et  remises. 

Rue  François-1",  à Paris,  par  M.  CAitniEn,  architecte.  — 
Rue  Charles-Laffitte,  U Neuilly  (Seine),  par  M.  Galand, 
architecte. 

20.  — Volière,  Poulailler  et  Pigeonnier,  à Auffargis  (Seine-et- 

Oise),  par  M.  Duvilleus,  architecte-paysagiste. 

21.  — Surfaces  illimitées.  — Appareil  n*  6. 

22.  — Orangerie  et  Serres  diverses. 

23.  — Surfaces  illimitées.  — Appareils  divers. 

24.  — Maison  de  garde  et  de  jardinier. 

Maison  de  garde,  porte  des  Sablons,  au  bois  de  Boulogne 
(Paris),  par  M.  Davioud,  architecte.  — Maison  de  jardi- 
nier, rue  d'Erlanger,  à Autcuil  (Paris),  par  M.  Delabue, 
architecte. 

25.  — Pavillon  de  jardinieret  Écuries,  à Boissy-Saint-Antoine 

(Seine-et-Oise),  par  M.  Galand,  architecte. 

26.  — Surfaces  limitées.  — Frises.  — Appareil  n"  1 et  2. 

27.  — - — — H“  3. 

28.  — — — — n”  4. 

29.  — — — — n°  5. 

30.  — — — — ,n*  6. 

31.  — Petit  hôtel  pour  un  artiste,  boulet  “ Malesherbes,  n”  151, 

à Paris,  par  M.  Uegeorge,  architecte. 

32.  — Petite  maison  de  campagne,  à Poissy  (Seine-et-Oise), 

par  M.  Sauvestiie,  architecte. 

33.  — Surfaces  limitées.  — Trumeaux. 

34.  — — Trumeaux  avec  niches  et  tables 

saillantes. 

35.  — - Allèges  et  appuis  de  fenêtres. 

36.  — Hôtel  d’un  peintre,  avenue  de  Wagram,  n®  128,  à 

Paris,  par  M.  A.  Feine,  architecte. 

37.  — Saillies  simples.  — Chaînes  et  pilastres. 


38.  — Saillies  simples. 


- Arcs  et  Arcades. 

Bandeaux.  — Appareil  n"*  1 cl  2. 


- Pigeonnier,  Réservoir  et  Poulailler,  avec  garenne  au- 

dessous,  boulevard  Excelmans,  à Auteuil,  par 
M.  Edsi.  Guillaume,  architecte. 

- Saillies  combinées.  — Petites  portes. 

— Grandes  portes. 

— Fenêtres. 

— Grandes  fenêtres. 

Fenêtres  diverses  et  œils-de- 
bœuf. 

— Lucarnes. 

— Corniches  de  couronnement. 

— Grandes  lucarnes  d'amortis- 

sement. 

— Amortissements  divers. 

— Balcons. 

— Balustrades. 

— Pignons. 

— Souches  de  cheminées. 

- Ensembles.  — Cheminées  d’usine. 

— Piédestaux. 

— Piliers  pour  portes  et  grilles  de  clôture. 

— Clôtures  de  cour. 

— Murs  de  clôture. 


66.  — — Portes  et  murs  de  clôture 

67.  — — Murs  de  clôture  pour  cimetières. 

68.  — — Hôtel,  rue  Théry,  à Passy,  par  M.  E.  Le 

Maire,  architecte. 

69.  — — Maison  de  campagne,  boulevard  Mail- 

lot, n“  66,  à Neuilly,  par  M.  Galand, 
architecte.  — Face  principale. 

. 70.  — — — Face  postérieure  et  Face  latérale. 

71.  — — Villa,  Trouville-sur-Mer  (Calvados), 

par  M.  E.  Delaistre,  architecte. 

72.  — — Pavillon  de  concierge , rue  Charles- 

Laffitte,  n"  63,  à Neuilly  (Seine),  par 
M.  Galand,  architecte. 

73.  — — Pavillon  de  concierge,  au  coin  du  bou- 

levard Maillot  et  de  la  rue  Ancelle, 
à Neuilly  .Seine),  par  M.  Galand, 
architecte. 

74.  — — Écuries,  rue  Pierre-Charron,  n*  55,  à 

Paris,  par  M.  A.  Feine,  architecte. 

75.  — — Constructions  diverses. 

Réservoir  et  Belvédère.  — Bureaux  de  la  Sectiou  do  l'Agri- 
rulturc  (Exposition  universelle  de  1878).  — Hangar  et 
débarras  pour  les  outils  de  jardinage,  boulevard  Exccl- 
mans,  il  Autcuil,  pnr  M.  Euu.  Guillaume,  architecte. 


Paris.  — Imprimerie  Arnous  de  Rivière, 


Racine,  26. 


LA  BRIQUE  ORDINAIRE 


PL.  1 


LA  BRIQUE  ORDINAIRE. 


PL.  2 


(^Appareil  N 0 1 


BRIQUE  ORDINAIRE 


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LA  BRIQUE  ORDINAIRE 


PL  4. 


Imp  Monrocq,  Pans 


Duchep  & Cje  Editeurs. 


Daumont.lïth 


CHEMINEES  DE  CUISINE 


à Paris  et  aux  environs. 


LA  BRIQUE 


ORD 


RE 


Daumor.t.hth 


Duché?  & Cie  Editeurs 

CONSTRUCTIONS 


lmp.  Monrocq. Pa?:s 


ORDINAIRE 


PL  8. 


SURFACES  ILLIMITEES 


PL.  9. 


A BRIQUE  ORDINAIRE 


Appareil  N?  3 Q) 


LA  BRIQUE  ORDINAIRE 


PL. 10. 


3 


LA  BRIQUE  ORDINAIRE 


SURFACES  ILLIMITEES 

(App  areil  N?  3^ 


)■ 


BRIQUE  ORDINAIRE 


LA  BRIQUE  ORDINAIRE 


PL.  13. 


H<£  1 ’ F#  2 


Echelle  de  o?o5c  p . mètre 


lmp.  Monrocq.  Paris . Ducher  U Cie  Éditeurs.  Daumont.  hth  . 

SURFACES  ILLIMITÉES 

Ç Appareil  N°  4 ^ 


LA 


BRIQUE  ORDINAIRE 


PL.  14 


PL.  16. 


LA  BRIQUE  ORDINAIRE 


Echelle  de  oIfo5cp.  mètre . 


lmp  Monroccp  Paris  Ducher  & C‘e  Editeups  Daumont,  luK. 

SURFACES  ILLIMITÉES 


(^Appareil  N°  5 ?) 


LA  BRIQUE  ORDINAIRE 


PL.  17. 


Imp  Monroccp,  Pans 


Du  cher  & Cie  Editeurs. 


Daumont , lith. 


SURFACES  ILLIMITÉES 

(^Appareil  N?  5 J} 


LA  BRIQUE  ORDINAIRE 


PL -18. 


imp  plonrocq,  Paris 


Duchep  & Cie  Editeurs . 


Daumont.lith 


Légende 


Salons 

Salle  à manger 

Cuisine 

Office 

Salle  de  travail 
Escalier  des  Caves 


Chambre  de  madame 
id  de  monsieur 

id  des  enfants, 

ld  d'ami 

Cab  de  toilette 
Water  Closets 


o.oi cp  métré  Fig  2,3  et 4*,  à p. mètre  _ Fig  5 et 6, à o.oo25p  mètre 


CHALET 


k.  Brunoy  . (Seine- et- Oise  ) 


par  W DAVIOUD  Arclt1" 


LA  BR1QÜE  ORDINAIRE 

PL. 20 


lmp.  Wonrocq, Pans  Ducher»  k Cie  Ediieurs.  Leveil.  lith 


VOLIÈRE,  POULAILLER  ET  PIGEONNIER 

à Auffapgis  (Seine  el  Oise) 
par  Mp  DUVILLERS,  Architecte  Paysagiste. 


m 


■ 


LA  BRIQUE  ORDINAIRE. 

PL.il 


BRIQUE.  ORDINAIRE 


Maison  de  Garde 
par  Mr  DAVIOUD,  Arch1*' 


Echelle  des  Plans,  à o.oo5mi>mét 


Porte  des  Sablons 
• (Bois  de  Boulogne) 


- Echelle  des  Élévations,  à 0,01e  p met 

" ' ftm»  ' ~ ■■■;.  ...T,  “ - TTraHIth 

7HAISON  DE  CARDE  ET  MAISON  DE  JARDINIER 


i.A,  Salles  A i 

b,  b.  Cuisine 2 

c, c.  Bfcalier; 


loupe 


LA 


BRIQUE  ORDINAIRE 


LA  BRIQUE  ORDINAIRE 


PL 


Lfigende 


Salle  à manger. 
Cuisine 
Ch  . à coucher 
Cab  de  loüetie 
Ecuries. 
Crenier 


Hchellcs 

Plans  à oTooS5.p. mètre -Coupes  a omüic  p. mètre. 


■ Monrocq.  Pans . 


Duchep  & Cie  Editeurs . 


PAVILLON  DE  JARDINIER  ET  ECURIES 


à Boussy- S.  Antoine  (Seme-eL-Oise) 


par  Mp  GALAND,  Archte 


jjiitwirrr 


LA  BRIQUE  ORDINAIRE 


PL  28 


[ i i i i i i i r~Q  i 

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sur  le  Vestibule. 


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Vestibule, 

Salie  à manoer 
Ch  à coucher. 

Cab  de  loti  eue 
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Cuisine 
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b b Salons 

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